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Ces belles louves venues d’ailleurs…

fev03 fev04

par Stéphanie Jeanne Bouchard & Nathalie Laforest| Agentes de développement à l’immigration | Centre local de développement, région de Rivière-du-Loup

 

En ce mois de célébration du pouvoir féminin, nous saisissons l’occasion pour souligner le riche parcours de ces incroyables femmes, afin de prendre conscience collectivement de ce qui reste à aplanir pour qu’elles se sentent reconnues dans leur valeur profonde et viscérale d’héroïnes du quotidien. Dans les défis de 2018, pour nous qui travaillons avec une clientèle immigrante, et des êtres humains avant tout, il y a entre autres de participer à démystifier la réalité immigrante, d’être en mesure d’aider à éclairer cette réalité nouvelle de l’immigration qui prend doucement ancrage dans nos magnifiques paysages de la région de Rivière-du-Loup. C’est aussi de créer des ponts afin de permettre l’inclusion de ces femmes issues de l’immigration.

 

Quitter sa terre d’origine et tenter d’en adopter une autre, c’est mettre sa vie dans une valise… et devenir marchande d’espoir. C’est choisir le rêve, l’inconnu, l’espoir d’une amélioration de ses conditions de vie, de sa sécurité, souvent et surtout de celles de ses petits… C’est de devenir une héroïne au quotidien : héroïne de l’adaptation, de l’apprentissage, héroïne à la conquête de nouveaux repères identitaires. Les différents parcours de vie de ces femmes en témoignent au quotidien. Comment les femmes immigrantes s’approprient-elles, sur le plan identitaire, leur environnement socioculturel et professionnel, lorsqu’elles sont en situation d’intégration et qu’elles vivent dans des régions où l’immigration est marginale ? Pour elles, cette trajectoire vers une nouvelle vie est non seulement déterminée par les bouleversements majeurs qui transforment à ce jour la structure de l’employabilité au Québec et leur accessibilité au marché de l’emploi, mais elle est aussi teintée par la profonde transition culturelle qui accompagne l’immigration. Comment s’approprier de nouveaux codes culturels, traverser la zone de turbulence et embrasser avec conviction l’autre culture ? Cette culture qui deviendra peu à peu une partie de la leur… Cette transition est très personnelle et peu linéaire. Avant d’être de nouveau en confiance et en paix avec cette nouvelle vie, il est souvent question de sortir de sa zone de confort, d’accepter de ne plus être totalement le « soi d’avant »… L’avant grand bouleversement qui remet tout en cause, qui fait trembler d’incertitude, qui remet aussi en perspective les choix qui les ont menées LÀ. Ce LÀ qui appelle à une nouvelle définition de soi, ce voyage en terre d’accueil qui est directement en lien avec un choix : ce choix de se permettre de rêver, d’avancer vers un idéal, s’alignant sur ses convictions intérieures de miser sur ce que ce pays d’adoption a à offrir…
PARFOIS, LE DÉRACINEMENT EST SI GRAND, LE DÉFI TELLEMENT IMMENSE…
Cet éclatement des repères, ce déracinement prend en compte l’ensemble de la réalité de vie des femmes immigrantes, c’est-à-dire les dimensions individuelles, familiales, sociales et l’interaction de ces femmes avec la nouvelle réalité, celle dont elles ont si souvent rêvé. Une multitude de facteurs sont à revoir sous cette nouvelle lumière identitaire, ces nouveaux cadres de référence : repenser et réaffirmer la conscience de soi et de l’espace vital ; la communication ; la langue ; la relation au temps, aux valeurs, aux normes ; les habitudes alimentaires ; la conception du monde du travail, de la vie en société. L’acte d’émigrer constitue un ensemble de deuils que la migrante devra réaliser en quittant le « confort du connu ». Le succès de l’intégration sera en partie tributaire de la motivation initiale et de la traversée des différentes phases qui mèneront de l’arrivée à l’établissement, puis à l’intégration, à l’inclusion, et à l’adhésion aux valeurs de ce nouveau monde, de ce Québec tant rêvé, de cette région bordée d’un majestueux fleuve, porteuse de tant d’espoir et de promesses. Les conditions d’enracinement se résument en deux mots : responsabilité partagée, entre cette louve d’adoption et cette société d’accueil… Responsabilité partagée à établir les ponts sur lesquels il est ensuite possible de danser ensemble, repoussant les limites de l’intolérance, de l’indifférence, à épurer les interférences dans la communication, pour embrasser un nous collectif porteur de sens. Visant un équilibre entre le savoir rationnel et le sentiment d’appartenance, au croisement entre la force de l’individu et son rôle social créateur. Cette capacité d’intégrer une nouvelle culture fait partie d’une grande famille de compétences que l’on nomme « capacité de résilience ». Qui, dans le cadre de l’immigration, peut se définir par un ensemble d’acquis et de facultés propres à chaque individu, qui aident à rebondir, à avancer malgré les difficultés pour finalement trouver son confort moral, physique et psychologique dans son nouveau pays. Quatre leviers de résilience sont activés dans un processus migratoire : le soutien familial, le réseau de communication, le sens donné à l’expérience et le déterminisme. Tous ces facteurs entrent en interaction constante et trouvent un écho positif dans l’individu par l’apport de ces ressources précieuses et plus significatives que toute autre : l’ouverture, l’accueil, la considération et l’accompagnement de la société d’accueil.

 

ON PEUT PENSER ICI :
– À LA GESTION DE LA PRÉCARITÉ DES STATUTS
– AUX FORMALITÉS À REMPLIR POUR FAIRE LES DÉMARCHES D’IMMIGRATION PERMANENTE
– À L’APPRENTISSAGE DE NOUVEAUX MODES DE COMMUNICATION
– AUX DEMANDES D’ACCOMPAGNEMENT, D’INSCRIPTION DES ENFANTS À L’ÉCOLE OU DANS LES MILIEUX DE GARDE
– À LA CHARGE PHYSIQUE ET PSYCHOLOGIQUE DE L’ISOLEMENT, DE LA PERTE DU RÉSEAU DE SOUTIEN
– AUX BARRIÈRES CULTURELLES OU RELIGIEUSES, AUX TABOUS, À LA PEUR DU REJET
– AUX BARRIÈRES INSTITUTIONNELLES, À LA MÉCONNAISSANCE DES RESSOURCES ET DES DROITS
– À LA MÉFIANCE À L’ÉGARD DES AUTORITÉS PUBLIQUES, À LA PEUR DE L’INCOMPRÉHENSION ET DES JUGEMENTS
– À LA RESPONSABILITÉ DE CES ENFANTS QUE L’ON DOIT RASSURER…

 

ET MAINTS AUTRES FACTEURS
Plusieurs mécanismes d’adaptation sont bien sûr communs aux hommes et aux femmes, et certains facteurs sont partagés par tous en ce qui a trait aux processus d’immigration, aux enjeux et aux défis qui y sont reliés. Il est toutefois possible de constater, dans la pratique auprès de ces personnes étrangères, que certains éléments semblent davantage être portés par les femmes.
POUR TOUTES CES RAISONS…
Du fond du coeur, nous tenons à vous rendre hommage, chères belles femmes de partout qui viennent enrichir nos terres louperivoises, qui croient à un monde meilleur, à la beauté d’embrasser une nouvelle réalité… Nous reconnaissons votre valeur à vouloir enrichir vos voisins, vos collègues, vos amis, votre communauté, le Québec que vous avez choisi. Chères marchandes d’espoir, grandes dames de coeur, nous sommes témoins privilégiés de votre force plus grande que nature, de votre résilience, de votre volonté, de votre ténacité, de votre persévérance, de votre débrouillardise, de votre goût du défi, de votre désir de faire partie de cette collectivité, et surtout, de votre inspirante confiance inébranlable… en ce que le meilleur est à venir.
EN CE MOIS OÙ EST SOULIGNÉ L’APPORT DES FEMMES À LA SOCIÉTÉ…
Célébrons ces femmes qui ont choisi cette terre de liberté, cette terre d’égalité si chère aux Québécoises et qui, pour certaines femmes immigrantes, s’avère une terre de découverte, d’apprentissage, qui leur permet d’apprivoiser la réalité féminine dans toute sa grandeur et son potentiel. Dans ce contexte où l’homme et la femme ont les mêmes droits, où chacun peut prendre sa place au soleil et participer à l’enrichissement de cette société. Chaque jour où nous rencontrons l’une d’entre vous, sans aucun doute, nous grandissons collectivement. Merci de partager vos vies avec nous ! Merci de nous avoir choisis comme terre d’accueil.

 

SOURCE: rcentres.qc.ca/files/repondre-aux-besoins-des-immigrantes.pdf

Le CLD offre des services en immigration visant à accompagner les ressources du milieu, les entreprises et les nouveaux arrivants issus de l’immigration, et ce, à divers niveaux. Ses mandats initiaux sont la sensibilisation, l’attraction, la promotion du milieu de vie, les services d’accueil et d’établissement, et s’ajoutent à ceux-ci le souci du développement et de la diversité de la MRC.

 

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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