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Certains de mes amis – Le nouveau documentaire de Catherine Martin

Dossier culturel par Maurice Gagnon – Photo par Anouk Lessard

 

La cinéaste Catherine Martin signe un nouveau long-métrage documentaire dans lequel elle nous propose sept portraits fascinants de personnes qui se révèlent dans leur travail ou leur vie quotidienne. « Sept manières d’être présent au monde, à la vie. Des gens exceptionnels parce qu’ils sont comme tout le monde. » En entrevue téléphonique, elle parle avec chaleur de son amour pour le cinéma. À défaut d’être témoins de cette flamme qui, on le devine, anime son regard, sa voix douce et posée traduit, sans mise en scène, le plaisir de communiquer. Elle prend le temps de dire. Tout comme à l’écran, elle prend le temps de montrer. Certains de mes amis s’ouvre avec une longue séquence sur le travail et les oeuvres du peintre et graveur François Vincent, sans autre musique que le son ambiant de l’atelier et de la ville. On partage son quotidien, son espace. « J’offre au spectateur la possibilité de regarder longtemps. Contrairement à la télévision, on a le pouvoir au cinéma de travailler autour du temps », raconte Catherine Martin.

 

Faire son cinéma

Comme le cinéaste Jean-Claude Labrecque, elle croit elle aussi qu’il faut aimer les gens qu’on filme. « Je n’ai jamais filmé des gens que je n’avais pas envie de filmer », dit-elle. Le documentaire lui procure ce bonheur de capter l’inattendu, l’imprévu. « C’est comme si j’ouvrais une fenêtre chez quelqu’un, que j’y entrais et que je m’installais discrètement chez lui en laissant les choses se passer devant moi », ajoute la cinéaste. Madame Martin n’érige pas de paroi étanche entre la fiction et le documentaire. Pour elle, les deux sont du cinéma. La cinéaste a pratiquement tout fait elle-même sur Certains de mes amis, munie de son caméscope Sony auquel elle a branché un micro. Elle a travaillé avec la lumière ambiante. Le résultat est fascinant. Chacun des plans dévoile un esthétisme saisissant. Pour Catherine Martin, le geste de faire un film découle d’une nécessité intérieure très forte. « Je ne fais pas un film si je n’ai rien à dire », affirmet- elle. Curieuse de s’ouvrir à autre chose que sa propre vie, elle a voulu à travers ce film montrer des gens qui sont présents au monde, des gens engagés.

 

Les personnages

Outre François qui a été la bougie d’allumage du projet, elle s’intéresse au travail de la scientifique Marie Dumont, du photographe Gabor Szilasi, de Louise Lapointe, une femme passionnée par la marionnette, de Matthew Jennejohn, musicien et facteur de hautbois baroque, de la cinéaste documentaire et monteuse Ginette Lavigne, et de Hugo Brochu, qui a été monteur sonore de quelques-uns de ses films. Le 1er avril 2009, à la suite d’un grave AVC, il a perdu l’usage de sa main gauche (il était gaucher) et est devenu aphasique. Il s’est remis au dessin et copie de la main droite
les poèmes de son père André Brochu.

 

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Le Bas-Saint-Laurent

Un autre désir anime Catherine Martin, celui de montrer le territoire québécois à travers ses films. Son dernier long-métrage de fiction, Une jeune fille (2013), se déroule en Gaspésie. Dans le précédent, Trois temps après la mort d’Anna, Françoise, la mère d’une jeune violoniste assassinée, quitte Montréal pour trouver un sens à sa vie dans la maison de ses ancêtres maternels à Kamouraska. La jeune Catherine a vécu son enfance et son adolescence dans la région de Québec. Elle passait ses étés en Gaspésie. « Pour moi, dès que je me déplace au Bas-Saint-Laurent, tout à coup, le paysage s’ouvre. Ma mère, qui vient de la région de Saint-Jean-Port-Joli, a passé plusieurs années dans un pensionnat à L’Islet-sur-Mer. C’est elle qui nous a inculqué ce goût du fleuve. L’eau du fleuve nous coule dans les veines », raconte Catherine Martin. Petite anecdote : son premier long-métrage de fiction, Mariages (2001), devait être tourné au Kamouraska. C’est lors d’une visite de repérage à la Maison Chapais de Saint-Denis que son conjoint, l’auteur et cinéaste Bernard Émond, est tombé sur l’édition du livre de Horace Miner, Saint-Denis : un village québécois, qui allait conduire au tournage de son documentaire Le temps et le lieu (2000).

 

Filmographie sélective

CERTAINS DE MES AMIS
Essai documentaire, 115 min, 2017
UNE JEUNE FILLE
Fiction, 85 min, 2013
TROIS TEMPS APRÈS LA MORT D’ANNA
Fiction, 87 min, 2010
DANS LES VILLES
Fiction, 87 min, 2006
L’ESPRIT DES LIEUX
Documentaire, 84 min, 2006
OCÉAN
Documentaire, 50 min, 2002
MARIAGES
Fiction, 95 min, 2001
LES DAMES DU 9E
Documentaire, 50 min, 1998
Source : Dossier de presse

 

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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