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Capra – la beauté des arbres, les géométries parfaites, les animaux

karianne

par Karianne Bastille

 

La beauté est dans tout, la nature, les plantes, la vie, la mort, les cycles : TOUT EST BEAU ; TOUT EST POÉSIE !

 

Isabelle sait voir le beau. Elle le voit dans tout. Elle voit le beau dans l’arbre solide qui tangue dans le vent et elle le voit aussi dans le squelette momifié d’une corneille. Elle pratique depuis longtemps l’écriture, la peinture et l’illustration. C’est dans les dernières années, à restaurer une vieille maison avec son compagnon de vie, qu’elle a développé de nouvelles techniques. Dorénavant, elle travaille le tridimensionnel. Tout ce qui a une forme intéressante peut lui servir de médium. Quand elle crée, c’est parce qu’elle en ressent l’envie. Elle ne force pas la chose. Une idée prend parfois des semaines avant d’être mûre. Ça monte, ça mijote et soudainement, un objet intéressant qu’elle avait préalablement mis de côté devient le matériel idéal. C’est alors qu’il y a matérialisation de la vague créatrice. Les principaux sujets qui l’inspirent sont la nature et les animaux. Toutefois, avant d’aller plus loin, une légère mise en situation s’impose pour que vous compreniez ses réalisations : La mort l’inspire. Elle sait que l’angoisse de cette fatalité ne lui apportera rien. Elle est curieuse de découvrir ce que ce sera vraiment. Elle aime et apprécie sincèrement. Tout.

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En lien avec cela, les matériaux qu’elle utilise pour créer ne sont pas nécessairement les plus communs. Elle aime ce qui représente et ce qui fut la vie. Elle travaille les os et certaines parties d’animaux décédés (mais surtout des oiseaux) pour en faire des personnages et des oeuvres imaginées. Ce sont toujours des animaux morts trouvés par des amis ou connaissances. Elle ne cherchera pas un animal en particulier. Elle les laisse venir à elle. La première étape est la récupération des corps. Il y a des critères : le crâne doit être intact et le corps doit être en bon état. La dépouille est alors conservée au congélateur. Dès que possible, elle est placée en bordure de la forêt sur un tas de branches (afin d’amener un séchage plutôt qu’une décomposition) couverte par une lourde cage en métal (afin d’être protégée d’éventuels rôdeurs/voleurs). La dégradation du corps se fait alors, les tissus mous disparaissent grâce aux insectes et aux éléments naturels. Lorsqu’il ne reste que les os (qui doivent être bien nettoyés de toute chair), elle les collecte et les garde rangés, jusqu’à l’éclosion d’une idée créatrice.

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Isabelle le sait : « Ce n’est pas tout le monde qui est à l’aise ; c’est étrange et donc déstabilisant. » Toutefois, les enfants vont jouer avec ces personnages sans gêne, contrairement aux adultes qui sont parfois surpris de voir de telles oeuvres en arrivant dans la maison de l’artiste. Les enfants n’ont pas la conception de la mort aussi solide que les adultes. Ils voient les choses simplement. Pour eux, ce sont des marionnettes, des personnages construits avec différents matériaux. Ce sont de petits hommages à la beauté de ce qui est, de la fondation des êtres vivants. Il n’y a rien de lourd là-dedans ! La vie est belle ; le tabou de la mort est levé ; l’art est partout ; tout est propice au jeu.

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Si vous aimez un être de son vivant, pourquoi vouloir le cacher à sa mort ?
L’artiste étant multidisciplinaire, elle continue évidemment à écrire, à dessiner et à peindre en plus de poursuivre la sculpture de divers matériaux, au fil de ses idées. Elle a aussi participé au spectacle de La Société d’Chiffon en créant une marionnette géante représentant Gaïa, et a collaboré avec Cent Mille Lieux pour qui elle a réalisé une tête de monstre cracheur de feu à partir d’un crâne de vache. Elle se plaît à vivre l’art de diverses façons et elle se plaît aussi à partager sa vision de la vie. « J’aime l’idée de mettre au monde en créant, j’aime voir naître des personnages, j’aime les imaginer sans les définir, juste en les laissant prendre forme à travers mes mains. Une fois terminé, le personnage vit à mes côtés et c’est en le côtoyant au quotidien que j’apprends à le connaître. Ça devient une co-naissance entre cette création et moi ! » Elle offre des journées de création familiale, pour les petits et les grands. Si vous vous sentez curieux et que vous voulez bien redonner vie à ces vieux bas et ces coquillages cubains qui prennent la poussière, une tournée chez Isabelle pourrait vous remplir l’esprit d’idées. Si cette courte description vous a intrigué, son jeune site en construction vous attend pour plus de contenus et d’informations : isabellecastonguay.wordpress.com / e-mail : loutre72@hotmail.ca

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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