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Ça vaut tu la peine ?

Texte Amélie Bureau

Quand t’es habitué.e de faire quelque chose, ça devient souvent un réflexe. Un automatisme. Tu prends toujours le même chemin, tu te rends sans trop réfléchir. La réconfortante sensation pantouflarde de cette fameuse zone de confort. Des fois, tu te dis que tu pourrais faire un effort et tu crées de nouvelles synapses : tu prends un chemin différent. Ou tu achètes un produit nettoyant bio local et en vrac. Et tu te sens hot ! Et ça vaut la peine. Et tu te dis même que, la prochaine fois, tu pourrais le faire toi-même ton produit nettoyant, t’as vu une recette et c’est pas si compliqué. Et puis l’autre fois arrive, et tu ne t’en sens pas la force… Et la même chose se passe quand c’est le temps de faire tes cadeaux de Noël à la main, parce que tu ne veux pas encourager la surconsommation, mais t’as pas l’énergie de faire tes pots de confiture ou tes tissus-scellant en cire d’abeille. Et tu culpabilises.

T’as surement trouvé une raison pour justifier ton choix : oui mais j’ai quand même acheté quelque chose d’écoresponsable ; oui mais c’est ma nièce, j’ai vraiment pas le choix de lui faire un cadeau ; oui mais c’était pas cher et c’est durable comme truc ; oui mais ! Ça, ça s’appelle de la dissonance cognitive. C’est quand ton cerveau trouve une excuse pour justifier ton choix, parce qu’il ne veut pas accepter la critique ou la culpabilité d’un geste. C’est un réflexe humain super normal pour banaliser tes gestes et trouver une raison semi-logique à tes incohérences.

Pis une maudite chance que ça existe ! T’imagines comme tu serais déçu.e de toi-même si tu te critiquais à chaque geste incohérent que tu fais ? Parce que des incohérences on en a plein. C’est impossible d’être 100 % cohérent.e dans chacune de nos actions. Pas ici en tout cas, pas si t’es en en train de lire la Rumeur du Loup en ce moment. Alors on se trouve des mécanismes. Et je dis pas qu’il faut s’enfoncer profondément dans la dissonance cognitive et être fier.ère.s de nos incohérences, mais il faut qu’on se donne un peu de compassion et d’indulgence dans la vie.

Ça coûte beaucoup d’énergie de changer nos habitudes, de développer de nouvelles manières de fonctionner et de faire des efforts constants pour être une meilleure personne. Ça vaut la peine, mais il faut y aller un pas à la fois et reconnaître qu’on les a fait ces pas-là. Et ce qui aide, c’est aussi de reconnaître les pas que les autres font, parce que ça nous permet de nos remettre en question, de se donner de nouvelles pistes d’action et de se soutenir. On a tous.te.s en têtes le visage de l’archétype moralisateur de service. Personne ne veut être ça. On vaut mieux que ça.

Bref, crée de nouvelles synapses, fais des gestes qui comptent, reconnais tes efforts, souligne les actions des autres et laisse-toi des chances, avec compassion, quand tu remarques tes incohérences. T’es une bonne personne, et avec un peu de persévérance, tu deviendras constamment une meilleure personne.

PS : rappelle-moi de relire ça régulièrement stp, des fois j’ai aussi besoin de suivre mes propres conseils…

À propos Marie-Amélie Dubé

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