Brûler les livres?

Texte | Michel Lagacé
Image d’en-tête | Free-Photos, pixabay.com

Les excès de notre époque, supposément éclairée, seront probablement les plus critiqués dans le futur. Le dernier de ce Canada, souvent irréfléchi : brûler des livres jeunesse cultes ou même d’autres plus oubliés est un geste déplacé et le monde entier en a été scandalisé.

Qui sont-il·elle·s, ces citoyen·ne·s de droite ou de gauche pour avoir le droit de faire disparaître tous ces livres, juste pour un mot ou une vision d’une autre époque à laquelle ces livres (presque des archives d’un autre univers) nous donnent accès? Ils nous font pourtant comprendre qu’il y a des choses qui ont été des façons de dire et de faire, dans certains cas, regrettables en effet.

Pourquoi, et au nom de quelconque idéologie bien pensante, moraliste devrions-nous accepter une telle aberration? Il y a là une liberté collective à défendre contre des individus qui portent des oeillères. Oui, il y a des attitudes discriminatoires à changer, des modèles à bannir, des façons de faire différentes et louables dans le présent, mais ce n’est pas en détruisant les signes et oeuvres du passé ni en nuisant à la création que nous changerons notre comportement. C’est davantage en documentant ce passé avec un appareil critique adéquat sous un autre éclairage que nous participerons aux réconciliations et changements d’attitudes souhaités. Se respecter, avoir plus d’égalité, ce n’est pas détruire la littérature ni les arts. Vaut mieux les mettre en perspective pour changer les mentalités, vaut mieux dialoguer, échanger, améliorer le politique dans ce sens et donner sa chance à tou·te·s. Que nous soyons différent·e·s, c’est après tout, le propre de chaque humain·e.

Les livres jeunesse, des plus anciens aux plus récents, portent une mémoire importante, et les écueils de cette mémoire par la lecture font partie de l’éducation, du regard critique des jeunes comme des plus vieux·vieilles qui les ont lus avant eux·elles. Il est sûrement mieux de comprendre le contexte dans lequel ils ont été rédigés et publiés que de détruire ces livres qui ont des façons de dire et d’illustrer les rapports humains différentes de celles du présent qui sera inévitablement le passé de demain.

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