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Biennale 2018 : Les livres d’artistes sont de retour au Portage

entretien avec Raymonde Lamothe par Mireille Landry

 

La biennale de Livres d’artistes au Portage est de retour dans une quatrième édition foisonnante, qui se déroulera les 28, 29 et 30 septembre prochains. L’événement international présentera plus de 40 oeuvres d’artistes québécois et européens, des livres interactifs, fabriqués à la main, pleins de poésie et d’invention. Un rendez-vous incontournable à Notre-Dame-du-Portage durant les Journées de la culture.
Entretien avec Raymonde Lamothe, coordonnatrice de la Biennale de Livres d’artistes au Portage

 

Mireille Landry : Raymonde Lamothe, on vous connaît comme artiste visuelle très active et impliquée au sein de quelques regroupements d’artistes dont Hétéroclite, la boîte à culture, qui initie et diffuse les productions artistiques dans la région. Mais qu’est-ce qui vous a amenée aux livres d’artistes et à la création d’une première biennale au Portage en 2012 ?

Raymonde Lamothe : En fait, les mots et les images ont toujours fait partie de ma vie. J’ai travaillé dans l’édition comme graphiste, éditrice et rédactrice et, dans mon travail d’artiste, j’ai toujours joué avec ces différents langages. C’est en naviguant sur Internet que j’ai découvert un nombre incroyable de sites consacrés aux livres d’artistes, tous plus excitants les uns que les autres. J’ai eu le coup de foudre pour cette forme d’art qui permet aux créateurs de s’exprimer librement dans des oeuvres uniques ou produites en très petit nombre, sans être soumis aux contraintes de l’édition traditionnelle. Comme le village de Notre-Dame-du-Portage compte plusieurs artistes et amateurs d’art, j’ai eu l’idée d’organiser une première exposition de livres d’artistes qui est devenue, au fil du temps, un événement auquel le village est maintenant identifié, comme c’est le cas pour le Festival Western à St-Tite [rires]. Le maire et le conseil municipal ont tout de suite appuyé le projet, et je crois qu’ils sont maintenant très fiers de la renommée de la biennale qui ne cesse de croître.

 

M.L. : Oui, justement, parlez-nous donc un peu de ce qu’est un livre d’artiste.

R.L. : Ce qui est intéressant des livres d’artistes, c’est qu’en partant d’un objet que tout le monde connaît, les artistes peuvent laisser leur imaginaire s’exprimer dans toutes sortes de styles, de formes, de langages. Certains livres d’artistes font beaucoup de place à la nature, aux petits moments de vie ; d’autres ont une saveur politique. Les artistes du livre utilisent l’écriture, la photo, la BD et même l’installation et la vidéo pour s’exprimer, souvent de façon poétique, ludique ou humoristique. Il y a le contenu, mais le contenant comporte des défis très intéressants à relever : le choix du papier, de la typographie, la technique de reliure et d’impression, etc. Différents types de livres ont été présentés dans les années passées : des livres altérés (faits à partir d’un livre existant), des livres accordéons ou des livres de facture plus classique insérés dans un boîtier. Cette fois-ci, on a mis les artistes au défi de réaliser un livre interactif, qui demande la participation du lecteur. Ce sera drôlement intéressant pour les visiteurs de découvrir les différents modes d’interaction proposés par chacune des oeuvres.

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M.L. : Vous coordonnez cette année la 4e biennale. Comment l’événement a-t-il évolué depuis sa création en 2012 ?

R.L. : Au début, peu de gens connaissaient le livre d’artiste. Ce fut une découverte pour plusieurs visiteurs de la région et d’ailleurs, qui sont de plus en plus nombreux à visiter l’exposition et à participer aux activités. Les gens aiment découvrir cet art, se laisser inspirer par les oeuvres. Certains ont commencé à les collectionner. Il y en a vraiment pour tous les goûts et à petit prix. La quarantaine d’oeuvres interactives présentées cette année proviennent d’un peu partout au Québec, d’Italie, de France, de Catalogne, et elles rivalisent d’originalité. Chaque biennale a aussi permis de faire connaître et d’honorer une artiste qui apporte une contribution exceptionnelle au développement du livre d’artiste. Cette année, c’est Guylaine Couture de Montréal qui sera l’invitée d’honneur. Je l’ai connue par son blogue passionnant qu’elle alimente presque quotidiennement. Elle expose ses oeuvres un peu partout dans le monde. Les gens pourront échanger avec elle au cours de la fin de semaine et elle donnera une causerie sur son travail le 29 septembre, en après-midi.

 

M.L. : Recevez-vous du soutien pour cet événement d’envergure ?

R.L. : Oui. En plus des subventions récurrentes de la Municipalité, de la Corporation portageoise de développement et de quelques commanditaires, une subvention du Conseil des arts et des lettres du Québec nous permet cette année de réaliser un catalogue d’exposition et de réunir un jury pour le concours. Nous avons aussi conçu une exposition itinérante qui s’amorcera au Musée du Bas-Saint-Laurent en septembre, pour circuler ensuite au Québec, et nous produirons une vidéo d’art sur les livres interactifs qui paraîtra en 2019.

 

M.L. : Vous semblez avoir à coeur la participation des communautés dans la biennale et en particulier celle des enfants, qu’est-ce qui est en préparation de ce côté-là ?

R.L. : Nous avons invité des enfants et des artistes de quatre localités de notre territoire – L’Isle-Verte, Saint-Arsène, Rivière-du-Loup et Notre-Dame-du-Portage – à réaliser un livre accordéon géant sous forme de train. Les enfants ont produit des textes et des dessins mettant en valeur leur communauté pour illustrer l’un des wagons. Le train géant sera exposé dans les écoles des quatre municipalités, puis à la biennale durant les Journées de la culture. Les familles, les jeunes et les moins jeunes, sont invités à venir voir le résultat de ce beau projet intitulé Invitation au voyage et financé par le Fonds d’initiatives culturelles de la MRC de Rivière-du-Loup 2018.

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M.L. : Ce sera aussi, je crois, l’occasion de revoir un livre d’artiste qui a reçu un prix important cette année ?

R.L. : Oui, le Prix international Saint-Denys-Garneau, attribué chaque année depuis 2002 à un livre d’artiste exceptionnel, a été décerné à une oeuvre réalisée par trois artistes portageois : la poète Constance Céline Brousseau, le concepteur-relieur Fernand Pelletier et moi-même. Le livre primé, qui a pour titre À bas bruits les saisons, sera exposé à la biennale. C’est une belle reconnaissance et cela témoigne en même temps de la collaboration très enrichissante que permet la création d’un livre d’artiste.

 

M.L. : Alors beaucoup d’activités au cours de ces trois jours de la biennale de Livres d’artistes au Portage ?

R.L. : Oui, il y aura lecture de poèmes, atelier de reliure, expo-vente, causerie, remise de prix… Toute la programmation est sur le site Web de l’événement : livresdartistesauportage.com.

Biennale de Livres d’artistes au Portage
Salle Gilles Moreau, 200, Côte de la Mer
Notre-Dame-du-Portage
28-29-30 septembre, 10 h à 17 h
Vernissage : 28 septembre, 17 h
Pour en savoir plus :
livresdartistesauportage.com

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À propos Marie-Amélie Dubé

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