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Beyries, en toute simplicité

par Marilie Bilodeau – Photo Shayne Laverdière

 

Quelque part sur la route, au volant de ma Toyota Matrix XR bleu nuit. Gros moteur, kit de jupe et quatre beaux mags chromés. La radio musicale de Radio-Canada, grande reine du « bilobolide », crache une chanson qui stimule les glandes lacrymales « mariliennes ». C oup de foudre. L’interprète de ladite chanson se retrouve alors instantanément dans ma liste d’artistes à découvrir. Étant une jeune mère, travailleuse autonome et un brin adepte de la procrastination, j’ai dû attendre au 16 février dernier pour concrétiser ce désir. J’avais écouté quelques pièces « sur le fly », mais je n’avais pas encore eu le temps de m’y attarder davantage. C’est donc en quasi-néophyte en la matière, les oreilles et le coeur bien ouverts, que j’ai assisté au spectacle de Beyries. Quelque peu avant le concert, j’ai eu la chance de rencontrer Amélie (parce que c’est son prénom, Beyries étant son nom de famille, à prononcer à la française puisque d’origine basque… j’entends déjà les Pistolois frémir d’excitation à la lecture du mot « Basque »).

À mon grand bonheur, l’artiste, qui se trouvait en « chien tête baissée » lors de mon entrée dans la loge, a tôt fait d’installer un climat décontracté. Nous avons donc discuté de son cheminement, de ses précédents passages dans la région et, lorsque je lui ai dit que j’étais originaire de Trois-Pistoles, elle s’est écriée : « Ah ! Trois-Pistoles ! J’ai un trèsbeau souvenir d’enfance de Trois-Pistoles ! C’était au chalet des Chartrain à la grève Centrale, je devais avoir genre 8 ans. Le père de mes amis nous avait emmenés en Zodiac et nous avions vu un béluga… C’est comme figé dans le temps, je serais curieuse d’y retourner ! » (Nom d’origine basque, souvenir d’enfance pistolois… Non, mais le monde est p’tit, comme on dit.) Nous avons ensuite enchaîné sur son processus créateur, sur ses inspirations, et elle me disait que son style était plutôt difficile à définir. Chaque chanson est un tableau qui nous propose une ambiance différente. L’émotion est centrale, c’est elle qui guide la création. Elle s’inspire autant de ses histoires que de celles de ses proches et utilise principalement l’anglais puisque plus émotif, à son avis.

mars24

« Beyries fait du bien, c’est inspirant. »

Elle est de ces rares artistes féminines que l’on découvre « sur le tard ». Dans une industrie où les nouveaux noms sont pratiquement tous dans la jeune vingtaine, principalement pour les femmes, qui se doivent (la plupart du temps) de chanter de petites chansons candides et légères d’amours post-adolescence, Beyries fait du bien, c’est inspirant. Mature, « groundée », elle présente un spectacle sans artifice, empli de vérité (ce qui ne l’empêche pas tout de même de se permettre de petites interventions cocasses ici et là). Pleine de gratitude, elle m’explique qu’elle l’a eu facile, que les contacts se sont faits avec une certaine aisance. Elle est d’ailleurs la seule artiste à avoir été signée par Bonsound avant même qu’ils l’aient vue en spectacle. Je peux comprendre, sa voix singulière, sa sensibilité et sa musique vont droit au coeur. Sur scène, Beyries se présente en toute simplicité. Tantôt au piano, tantôt à la guitare, elle nous livre son répertoire avec une générosité déconcertante. Accompagnée de sa solide choriste percussionniste de feu, Judith Little Daudelin, elle nous offre « Soldier », « Wondering » et « J’aurai cent ans » avec des voix harmonisées dans un mimétisme jamais entendu auparavant. Il faut dire que Judith (que je connaissais déjà par amis interposés) est une solide chanteuse, qui s’adapte à toutes les voix, tous les styles et à toutes les situations. Et d’ailleurs, si t’as envie d’être ébahi par une tessiture vocale, c’est ta chance, elle torche en sale ! En écoutant son spectacle, je me suis amusée à repérer ses influences citées plus tôt dans la journée. Elle me parlait de classique pop à la Elton John, de Cat Stevens, de Tory Amos, Fiona Apple et Sarah McLachlan, artistes qu’elle a beaucoup écoutés dans son jeune temps. Je les ai tous entendus, en même temps, bercés par les couleurs et la singularité de Beyries. En gros, je suis bien heureuse d’avoir eu la chance d’assister à ce spectacle, qui a fait salle comble, soit dit en passant. Beyries est une artiste vraie, touchante, tout aussi agréable à voir en show que d’écouter dans le confort de son salon. Sa musique fait du bien à l’âme. Si tu ne connais pas déjà, envoye, vas-y, ne fais pas comme moi et écoute ça dans les heures suivant la lecture de cet article !

À propos Marie-Amélie Dubé

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