Astres et désastres

Texte | Pierre Sénéchal
Oeuvre | Yves Harrisson

Génogramme de cette catastrophe annoncée.
Un repli sur moi, sur soi, sur qui d’autre ?
Cette fois-ci, la pandémie n’aura servi que de prétexte.
Le bétail humain était destiné à suivre des flèches au sol
se baisser les yeux, se couvrir le visage et s’interdire d’aimer.
Et surtout, bien se laver les mains …. Pour faire disparaitre quoi au juste ?
Les preuves de sa propre lâcheté.

Une opportunité !

Une chance, une vraie chance du genre… Enfin je perçois
l’invisible, cette intangible humanité que je croyais acquise.
L’odeur des petites choses, la simplicité du mouvement et le goût
de l’eau. La liberté de dire bonjour, de prolonger le regard en bises, de
faire qu’un sourire devienne une accolade et qu’un enfant te tende la main.

Cette catastrophe annoncée ne pourra jamais me priver de ce qui m’est
le plus précieux. Elle nous a fait mourir… Mais surtout, nous a confinée…
Isolés les uns des autres, connectés, désincarnés, déshumanisés… Malgré tout.

Isolé, je n’ai jamais cessé d’aimer. De souffrir aussi mais surtout de me surprendre
à ne pas m’ennuyer. Ne pas manquer la misère, la douleur et la mort, à la télé,
désincarné. Ne plus me soucier des choses inutiles. Ne plus m’ennuyer de ne pas
savoir quoi faire. Parce que maintenant le temps prend toute sa valeur. Il n’est plus
question de le perdre, juste de le prendre.

Nous allons redevenir humains. Nous devons être meilleurs, solidaire et unis.
Voilà l’opportunité qui s’offre à nous. Entre les astres et les désastres.
L’opportunité d’être les derniers humains.

À propos Marie-Amélie Dubé

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