Assis dans le même cercle, enfin…

Texte | André Bilodeau
Photo | Jean-François Lajoie

Cet été, le Musée du Bas-Saint-Laurent présente l’exposition KMAWQEPIYAPON (Nous sommes assis·e·s dans le même cercle) du 10 juin au 25 septembre 2022. Elle regroupe quinze artistes autochtones de la Confédération Wabanaki provenant des communautés Wolastoqiyik, Mi’kmaq, Penobscot et Passamaquoddy. C’est une occasion parfaite pour aller à la rencontre des membres de ces communautés et de mieux les comprendre. L’évènement s’inscrit dans la volonté de l’institution de faire une plus large place aux artistes femmes ou aux artistes qui proviennent des minorités.

Cette exposition est historique, car aucun rassemblement d’artistes issu·e·s de la confédération Wabanaki n’avait eu lieu sur ce territoire non-cédé. Un de ses buts est de permettre le partage des savoirs et des traditions entre les artistes de la confédération. L’artiste Ginette Kakakos Aubin est la commissaire de l’exposition qui vise à exprimer un message de justice sociale.

Vaste, tel est le mot qui nous vient à l’esprit lorsque l’on réalise que le territoire couvert par les Premières Nations qui exposent au musée couvre le Québec, une partie des Maritimes et le Maine ! Les pratiques artistiques présentées sont des plus diversifiées : les arts visuels, la danse, le perlage, la vannerie, la céramique et la sculpture sur bois. Utilisant des matériaux nobles provenant de la nature, ainsi que des matériaux industriels, les oeuvres font entendre la voix des artistes autochtones, créateurs et créatrices contemporain, héritier·ère·s de leurs ancêtres.

Touchantes et laissant place à l’interprétation, ces oeuvres interpellent ceux et celles qui les observent. Le message est parfois écologique, telles les baleines noires perlées de Norma Jean Saulis, ou à forte saveur politique, tel le tableau Territoire non-cédé de Ginette Kakakos Aubin. Emma Hassencahl-Perley, quant à elle, présente une oeuvre aux multiples facettes qui ont l’harmonie et l’équilibre comme thème principal. La cinéaste et militante Mélanie Brière évoque l’histoire de la rivière Wolastoq, d’une grande importance dans la culture Wolastoqiyik. Pour sa part, l’artiste performative Ivanie Aubin-Malo utilise la danse comme moyen d’expression, alliant la danse contemporaine à des pratiques de danse traditionnelle. Cela ne représente qu’une partie des oeuvres proposées dans cette exposition très intéressante et sensible, qui permet d’entrer en contact avec les premières nations du territoire étendu de la Confédération Wabanaki, afin de mieux les connaître, d’entendre leurs messages et d’amorcer un réel dialogue grâce à l’art.

En plus de visiter l’exposition, ceux et celles qui désirent en savoir plus sur les Wolastoqiyik Wahsipekuk, anciennement connu sous le nom des Malécites de Viger du Québec, peuvent aller à leur rencontre.

« Par l’art, les peuples autochtones ont une voix forte et sensible pour exprimer leur besoin de justice. Ensemble, nous formons une seule et unique voix qui honore nos ancêtres qui nous poussent à créer dans ce monde actuel pour les générations à venir. Pour nous, peuples autochtones, la liberté d’expression par les arts fait partie de notre quotidien. Les artistes sont des messagers, ils·elles portent en eux·elles leurs ancêtres. » – Ginette Kakakos Aubin

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