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Arrivait le mois d’août

texte Marie-Amélie Dubé

 

Arrivait le mois d’août. Ce moment tant attendu par Guillaume. Olivier, son cousin de la ville, viendrait passer deux semaines à la maison avant la rentrée, pour l’aider à faire le train et d’autres besognes du quotidien à la ferme. Olivier avait cette fraîcheur adolescente, cette désinvolture appliquée qui l’amenait à dépasser les limites de l’acceptable et à toujours, ou presque, être capable de dissimuler ses aventures pour passer incognito. Le type plutôt frondeur et baveux alors que Guillaume lui, était plutôt bonasse et sage. Ce jour-là, comme presque tous les jours, ils partirent en motocross au travers les champs de blé d’Inde, longèrent la rivière Fouquette, puis s’arrêtèrent à la clairière du grand saut pour manger leur sous-marin du dépanneur Caron, extra moutarde. Avant de manger, Olivier sortit de sa poche de manteau un paquet de cigarettes.
Olivier : Man, on va fumer un joint avant de bouffer, tu vas voir, ton sous-marin va être tellement bon après ! Viens, je vais te faire un shot !
Guillaume : Un joint ? Un shot ? T’es sérieux ?
Olivier [surpris] : Dis-moi pas que t’as jamais fumé un joint ? C’est cool, relaxe, on va juste avoir du fun.
Guillaume [hésitant] : T’es sûr ? J’ai jamais fumé de pot, c’est illégal, man. J’ai pas envie qu’on se fasse pogner. Où t’a trouvé ça ? Pis d’un coup que je bad tripe ?
Olivier : Come on, un joint, y a rien là, tu ne peux pas bad triper avec ça ! [Rires] No stress, on ne se fera pas pogner icitte, on est au milieu de nulle part, fais-moi confiance. T’as juste à aspirer ben lentement. Tu vas tousser un peu, pis après, ben, ça va te monter un peu à la tête, mais c’est cool, tu vas voir !
Olivier mouilla son joint, l’alluma et s’approcha de Guillaume pour lui faire un shot. Évidemment, Guillaume s’étouffa, cherchait son respire, pis les deux partirent à rire aux larmes en s’affalant dans le gazon pour reprendre leur souffle et boire un peu d’eau. Ils ont bouffé leur sousmarin en trip bouffe pis sont repartis deux heures après avoir refait le monde, arrêté le temps, l’instant d’un instant.

 

En octobre prochain sera légalisé le cannabis non thérapeutique, ou récréatif, mieux connu sous le nom de la ganja, la mari, le pot, le weed, la beuh, le shit, la marie-jeanne. Appelez ça comme vous voulez, mais ça va être légal ! Des histoires de première expérience cachée comme celle d’Olivier et de Guillaume, assurément commune à celle de plusieurs d’entre nous, seront en diminution, peu à peu, j’imagine, du moins, je le souhaite, car, bien entendu, le tabou entourant la consommation de marijuana ne cessera pas le 17 octobre prochain. Est-ce que tout d’un coup tout le monde va se mettre à être gelé ou stoned toute la journée ? Au travail, à l’épicerie, chez le médecin ou à l’école ? Je ne pense pas, non, mais bon, je n’ai pas le pouvoir de lire l’avenir, alors ça reste à voir. Bien entendu, la prévention autour des comportements à observer restera le cheval de bataille autour de l’application de cette nouvelle loi fédérale dont la responsabilité reviendra au « Gouvernement du Québec [qui devra] encadrer la distribution et la vente et [assurer] le respect de la réglementation. L’encadrement envisagé vise à réduire les risques et les méfaits sur la santé et la sécurité des individus et à diminuer la criminalité systémique liée au cannabis [1]. » Dans la foulée de cette nouvelle réalité envers la consommation de cannabis, des initiatives émergent afin d’éduquer et d’allier les différents intervenants du milieu en lien avec le cannabis médicinal, entre autres, qui ont une expertise non négligeable avec le cannabis. C’est le cas du Festival du bon plant qui aura lieu les 1er et 2 septembre prochains à Trois-Pistoles. Un événement impliquant des ateliers et conférences avec des experts du milieu, engagés dans la prévention entourant le cannabis médicinal et récréatif. La Rumeur du Loup a donc profité de cet événement à venir localement pour accueillir les propos de Shantal Arroyo de la Clinique la croix verte quant à l’application de la loi C-45, de François-Olivier Hébert, docteur en biologie, afin de distinguer le CBD du THC, de Darko Popović de l’organisme Chanvre Québec, de Lucie Pagé, journaliste dont la prise de CBD s’est avéré salvatrice, de Maude Roy-Chabot, agente de planification pour la direction de la santé mentale du CISSS et d’Annabelle Malenfant, du Collège Notre-Dame, qui nous parle d’un programme de sensibilisation à venir à l’école. En espérant que leurs propos vous aident à cheminer dans votre réflexion par rapport à ce virage en faveur de la légalisation du cannabis. Dans ce numéro également, découvrez plusieurs artisans du Kamouraska dans un dossier sur les métiers d’art dirigé par Marie Pierre Daigle. L’été n’est pas terminé ! Profitez-en ! Et des Rumeur, lisez !

[1] https://encadrementcannabis.gouv.qc.ca/loi/encadrement-du-cannabis-au-quebec/ [consulté le 30 juillet 2018]

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