« Ah ! Comme la neige a neigé », au Parc national du Bic

Texte | Geneviève Blais
Image d’en-tête | kristamonique, pixabay.com

Je marche.
Mes bottes s’enfoncent.
Tout est « ouate ».
Tout est « froid ».
Tout est « blanc ».

J’avance d’un pas léger,
vers ce qui est « la nouveauté »,
laissant à mes côtés,
les traces de mon passé.

Les sapins sont vêtus de leurs plus beaux habits.
Ils sont enfin prêts pour le « bal en blanc ».
Les arbres, quant à eux, se sont presque tous dénudés.
Montrant ainsi leur corps, sans honte ni gêne.
Certains sont frêles, d’autres sont larges.
Certains sont croches, d’autres biens droits.
Tous sont différents,
tous sont si beaux !

J’arrive à un belvédère.
J’admire la beauté du paysage.
La beauté des montagnes,
la beauté du fleuve,
la beauté de la nature qui m’entoure,
la beauté de « ma vraie nature ».

Je prends le temps de respirer.
L’air frais entre dans mes poumons.
C’est si bon !

Je prends le temps de boire mon thé.
Le liquide chaud entre dans ma gorge.
C’est si bon !

Je suis maintenant prête à continuer,
sur le chemin de ma randonnée.

Oh ! Que vois-je ?
Une roche.
C’est un immense rocher.
Il est très haut.
Il est rond, avec de petits arbustes sur le dessus.
Dans le rocher, il y a une grosse cavité.
Assez grosse pour pouvoir y pénétrer.
J’y vais !
Je suis maintenant à l’intérieur.
C’est impressionnant !
Je vois la nature de l’intérieur maintenant.
Il commence à neiger.
Je suis à l’abri des flocons.
Je suis bien !

Je ressors maintenant de la cavité.

Je continue de me promener.
Direction :
Le bord du fleuve.
Je m’assois.
J’écoute les bruits environnants.
Je sens.
Il y a une odeur de mollusques.
Ah ! Cette odeur, si unique au fleuve !
Je ressens tout le bien-être du moment présent.

Oh ! Que vois-je ?
Un phoque.
Il a l’air si bien.
Hey !
Il essaie d’me séduire, le coquin…
Il est là, couché, bin peinard.
Il me regarde, la queue en l’air.
J’le regarde et j’me dis :
« Fuck que c’est beau la vie, han ? ! »
Mon regard balaie la plage.
Tout est beau.
Tout est paisible.
Tout est nature.
Soudainement, j’aperçois un intrus !
Un intrus qui n’a pas sa place dans la nature !
Un intrus laissé par l’humanité !
Un intrus qui, malheureusement, pollue son environnement !
Un fuckin gros tuyau noir en plastique !
Un tuyau bin pris dans bouette !
Impossible d’le retirer !
Je suis offusquée !
Je suis attristée !

Mon regard se pose maintenant aux abords de la forêt.
Il y a des traces de chevreuils.
Ils sont passés par ici.
Ils sont passés par là.
Ils sont maintenant rendus là-bas !

Les joues rouges,
Les jambes froides,
les cuisses qui piquent,
les pieds humides,
les cheveux entremêlés,
Je décide maintenant de terminer ma randonnée.
Et de rentrer.

Un moment de solitude apprécié,
si bien accompagnée par la nature.
Une belle journée,
avec un sentiment puissant de liberté.
Ce ne sera pas la dernière, c’est assuré !

À propos de Marie-Amélie Dubé

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