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À pieds joints dans l’interdit

texte Pascale Larivière, étudiante en Gestion et intervention en loisir

J’ai hâte.

Ça s’en vient, l’événement que j’attends depuis le début de l’année.

Cette nuit aux mille et une possibilités qui permet aux étudiant.e.s de libérer leur créativité et de s’émerveiller devant le talent humain, arrive à grands pas. Le thème sera bientôt dévoilé. Je pourrai enfin choisir mon costume pour entrer dans ce monde merveilleux et mystérieux qui prendra vie.

La curiosité et la fébrilité m’enveloppent. Le souvenir de l’ambiance animée, de la convivialité, de l’émotion débordante m’envahit. Il y a un je-ne-sais-quoi de magique dans cette nuit de création où tous ont la possibilité de s’exprimer réellement avec leurs propres couleurs, leur style et leurs techniques. Plusieurs individus, plusieurs artistes qui forment un tout ; un tableau complet dans lequel tous les détails se fondent ensemble harmonieusement. Un équilibre quelque peu chaotique d’artistes hardi.e.s et désinvoltes. La Nuit de l’interdit… ça sonne idyllique, non ? Rendre possible l’impossible, créer sans retenue, manifester l’imprononçable, imaginer sans contrainte…

Une saine impatience s’empare de moi.

J’imagine déjà la scène : un personnage qui prend vie m’accueille dans son antre. J’avance lentement dans le couloir où sont installé.e.s, de part et d’autre, les artistes visuels de tous genres qui préparent leur matériel avant de se lancer dans le périlleux voyage de l’inspiration, voguant entre l’imaginaire et le réel. Au bout du couloir, quelques vaillants s’acharnent sur une toile surdimensionnée qui dévoile le thème de la soirée. La question est à se poser : termineront-ils ce mastodonte dans les temps ? Certain.e.s iront rejoindre ces courageux.ses une fois leur propre création complétée pour assurer la réussite du chef-d’oeuvre collectif. Les voir vaquer à la tâche avec autant de rigueur, de concentration et de patience est définitivement des plus impressionnants, tout autant que de voir la toile prendre forme, cinq coups de pinceau à la fois.

Après l’arrêt pour admirer le spectacle, je poursuis vers la droite pour m’introduire dans le Carrefour. L’énergie qui s’y trouve s’élève et virevolte. Les décors longuement réfléchis et conçus à la main nous emportent ailleurs. Les artistes de scène nous fon rire, sourire et pleurer et la musique nous fait danser. Je m’arrête un instant pour regarder autour de moi : un beau mélange de personnages costumés et de civils discutent, s’amusent et profitent de l’ambiance merveilleuse qui règne. Et à ce moment-là, je ne peux m’empêcher de sourire ; tous les tracas du quotidien semblent s’être dissipés pour laisser place à la fête.

Pour laisser place à l’art.

Pour laisser place à la vie.

À propos Marie-Amélie Dubé

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