50 ans du département des arts au Cégep de Rivière-du-Loup

Entrevue | Priscilla Winling
Photo | François Drouin

Entrevue avec Nadia Morin, enseignante et coordonnatrice au Département des arts du Cégep de Rivière-du-Loup.

P.W. : L’année dernière, nous avons fêté les 50 ans du Cégep, mais cette année, il y a un autre cinquantenaire à fêter. Est-ce que tu peux nous en parler ?

N.M. : Oui. Tout juste un an après l’ouverture du Cégep, le premier programme en arts a vu le jour durant l’automne 1970. On ne pouvait pas passer à côté de ça. Le Département des arts en est un gros , il comporte trois programmes et il a influencé le milieu culturel louperivois. Il fallait absolument souligner ses 50 ans . Nous organisons une exposition majeure pour le fêter. Bien sûr, il a fallu adapter nos plans selon le contexte actuel, mais nous allons être en mesure de présenter quelque chose de grand.

Nous avions fait une demande d’aide à la Ville qui a été acceptée et qui nous donne trois lieux d’exposition à Rivière-du-Loup : dans le foyer du Centre Culturel Berger, dans nos salles d’exposition au Cégep, ainsi qu’une exposition extérieure à l’avant du Cégep. Au départ, ce n’était pas prévu que ça devienne aussi gros. Nous présentons une cinquantaine d’artistes pour les expositions, c’est bien parfait pour les 50 ans. Ce sont des gens qui viennent vraiment de partout, de la Suisse jusqu’à Montréal en passant par Sept-Îles. Quand on parle d’artiste au sens large, ça comporte aussi les arts appliqués comme dans nos programmes de Design d’intérieur et de Graphisme. Ce sont vraiment tou·te·s nos diplômé·e·s et étudiant·e·s qui ont été invité·e·s à participer.

P.W. : Quels sont les trois programmes qui se donnent actuellement ?

N.M. : Les programmes sont Arts visuels, Design d’intérieur et Graphisme.

P.W. : Donc, les cinquante oeuvres qui seront présentées reflètent les trois programmes qui se donnent actuellement au Cégep. La réponse à ce projet a-t-elle été positive ?

N.M. : Oui, et nous aurions même pu avoir plus de participant·e·s. Nos moyens de diffusion étaient limités et on a dû composer avec un court laps de temps. Dans le contexte actuel, nous avons eu une très belle réponse de la part des artistes. Donc, parmi nos exposants, nous avons d’ancien·ne·s étudiant·e·s bien sûr, des enseignant·e·s retraité·e·s et actuel·le·s et des technicien·ne·s qui ont gravité autour du Département durant les cinquante dernières années.

P.W. : J’imagine que vous avez dû adapter le projet avec la situation actuelle de distanciation physique ?

N.M. : Oui. Au départ, nous avions prévu quelque chose d’un peu différent , nous aurions aimé faire un grand rassemblement, un peu comme des retrouvailles. Mais évidemment, ce n’était plus vraiment possible dans le contexte actuel. Nous nous sommes concentré·e·s sur notre idée de faire une exposition, et surtout d’en faire une extérieure. Quand nous avons eu une réponse positive du Centre Culturel Berger, nous voulions quand même garder la portion extérieure afin de permettre à plus de gens de visiter. Nous allons aussi avoir une diffusion virtuelle, alors ce sont toutes des choses adaptées à la situation présente. Nous travaillons aussi sur la formule hybride que sera le vernissage du 9 septembre prochain.

P.W. : Ça s’en vient vite !

N.M. : Oui, très vite. Nos expositions au Centre Culturel et à l’extérieur se tiendront du 9 septembre au 8 novembre. Par contre, celle dans la salle Gaétan-Blanchet, au Cégep, sera seulement jusqu’au 9 octobre, alors il faudra se dépêcher pour venir les voir. Chaque lieu présentera des différences. Au Centre Culturel, nous allons retrouver surtout des oeuvres picturales, beaucoup de grands formats et de styles variés. Dans la salle Gaétan-Blanchet, nous aurons des oeuvres plus variées au niveau des supports, ainsi que des nouveaux médias et du numérique. À l’extérieur, devant le 80, rue Frontenac, ce sera davantage de grandes illustrations, montages et photographies sur panneaux.

P.W. : Parlons aussi des défis généraux qui attendent le Cégep et la rentrée.

N.M. : Tout est très bien organisé déjà. Beaucoup de consignes nous ont été données, mais nous avons réussi à tout mettre en place avant que les étudiant·e·s arrivent. Nous avons aussi ajusté les classes. Ce qui aide beaucoup avec certains groupes en Arts visuels ou en Design d’intérieur, c’est qu’on peut être à temps complet, puisque ce sont des groupes plus petits. Pour d’autres groupes, nous avons des classes hybrides, donc une semaine sur deux les étudiant·e·s sont physiquement en classe, et ils ont des consignes de leur enseignant·e pour la semaine en ligne. C’est surtout la contrainte des locaux qu’on doit gérer. Dans certains locaux, nous avons pu installer des plexiglas, ce qui fait que nous pouvons avoir plus d’étudiant·e·s qu’ailleurs. Nous avons aussi certains étudiant·e·s à distance, jusqu’à ce qu’il·elle·s puissent venir nous rejoindre. Notre système est bien en place, et nous avons vraiment tous les outils pour aider les étudiants en ligne.

P.W. : Avec l’expertise de la formation continue du Cégep, j’imagine que ça vous donne tous les outils parfaits pour les cours en ligne.

N.M. : Oui, exactement. Caméras, micros, nous avons tout ce qu’il nous faut. Le Cégep fait partie du regroupement FADIO qui réunit plusieurs établissements d’enseignement du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie– Îles-de-la-Madeleine qui partagent leurs connaissances en formation à distance.

Nous voulons vraiment tout faire pour garder la motivation de nos étudiant·e·s, et la nôtre aussi. Nous sentons que les étudiant·e·s sont content·e·s de rentrer, de voir des gens. Ça fait quand même depuis mars que nous avons terminé l’école physique pour passer en mode virtuel complètement, ce qui a été difficile pour tout le monde. Ça fait du bien de se revoir.

P.W. : Revenons aux expositions pour les 50 ans. Est-ce que le montage et l’installation ont commencé ?

N.M. : Nous sommes présentement en réception des oeuvres qui arrivent d’un peu partout jusqu’à la semaine prochaine. Le montage va commencer autour du 3 ou 4 septembre.

P.W. : Dans le contexte actuel, quel est l’intérêt d’une telle exposition ?

N.M. : Passer des journées de 8 h à 17 h devant nos écrans, c’est difficile, nous ne sommes pas prêt·e·s à nous passer de l’humain ni du tangible. Et c’est ce qui nous a vraiment poussé·e·s à poursuivre le projet. Quand nous avons vu que tout était arrêté, mais que les artistes continuaient à diffuser leurs oeuvres par le biais du numérique, à faire émerger l’art, nous nous sommes dit qu’il fallait aller de l’avant malgré le contexte de la pandémie.

P.W. : Et j’imagine qu’il y aura des traces de ce 50e , un catalogue d’exposition peut-être ?

Oui, on réfléchit à quelque chose pour garder une trace. C’est à suivre.

P.W. : Aimerais-tu ajouter quelque chose au sujet des 50 ans ?

N.M. : J’aimerais remercier le Cégep et toute la magnifique équipe que nous avons au Département, qui fait en sorte que ce projet se concrétise. Il y a les expositions cet automne, mais nous voulons aussi que la célébration des 50 ans se poursuive sur toute l’année. Il faut surveiller la page Facebook des 50 ans d’arts pour ne rien manquer.

Pour écouter l’entrevue intégrale en baladodiffusion, cliquez ici

À propos Marie-Amélie Dubé

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