5 mois plus tard

Texte | Marie-Amélie Dubé
Image d’en-tête | Gerd Altmann de pixabay.com

«L’achat local, cette année, ç’a vraiment marché. On a eu un superbe été! J’ai du retard sur mon menu de Noël ! Même pas encore commencé à le planifier.»

«Je voulais me faire un jardin depuis 12 ans ! J’ai enfin eu le temps de le faire cet été. »

«C’est pas la fin du monde, mais juste la fin d’un monde. »

«Nous avons été ensevelis sous les denrées, les gens ont été tellement généreux.»

«J’ai dû fermer mon entreprise, j’ai perdu tous mes contrats.»

«Ma boutique en ligne fait plus de feu que jamais.»

«Ça m’a fait du bien, cette pause.»

«Je suis tellement content·e d’enfin voir du monde.»

«Je n’ai pas pu accompagner ma mère, et mon fils sa grand-mère, dans ses derniers moments.»

«Mon chum m’a laissé·e.»

«Ce qui me fait le plus de peine, c’est que mon fils va devoir porter le masque.»

«Ça fait six mois que je n’ai pas joué au hockey. S’il n’y a pas de sport-études, ça va être plate longtemps.»

«Faut que je fasse attention, parce que je suis peut-être porteur·euse ; je travaille à l’hôpital.»

Je nous sens bercé·e·s par plusieurs espoirs de changement quand je me tourne vers la solidarité qui nous entoure, l’action communautaire, les projets d’autonomie alimentaire qui se multiplient, d’écoles alternatives, les projets de théâtre qui investissent les rues, le milieu culturel qui s’accroche et les entrepreneurs qui ont réussi à se réinventer.

Après un été à sillonner la région pour rencontrer ses nouveaux producteurs dans le cadre des capsules La Rumeur sur la route, je nous sens entouré·e·s et solidaires.

Je nous sens bordé·e·s d’humain·e·s optimistes, résilient·e·s et déterminé·e·s à faire de notre communauté un milieu de vie sain pour demain ; une communauté durable dont la vision est portée sur du long terme, en symbiose avec notre environnement.

Toutefois, je nous sens aussi verser dans le désespoir et la peur devant l’inconnu et l’instabilité du climat ambiant ; dans la détresse personnelle, familiale, scolaire, entrepreneuriale et sociale. Je nous sens en colère envers le lendemain incertain, entouré·e·s de gestes radicaux et de paroles extrêmes.

Derrière nos paroles, il y a des silences qui traînent des milliers d’histoires non dites, inventées, espérées. Elles font la file et se bousculent dans l’espoir d’être avérées, révélées ou changées. Devant nous, ce grand vide apprivoisé où l’on avance seul·e·s… ensemble.

Devant nous, cet automne informe…

5 MOIS PLUS TARD

Vous avez écrit, lu, partagé, aimé, commenté et maintenu le contact avec nous malgré l’arrêt temporaire d’impression du magazine. Nous tenons à vous remercier sincèrement d’avoir été hyper présent·e·s sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram. Vous faites partie de ce liant qui fait que La Rumeur du Loup colle. Hé, hé !

La pause imposée nous aura permis de mettre en place un dépôt de textes en ligne, une vitrine publicitaire web, des améliorations esthétiques sur notre site web, une stratégie multiplateforme, une série de balados (un challenge créatif fort apprécié), une remise de prix pour la 2e édition du Concours d’écriture Robertine Barry et une série de vidéos chez les producteurs locaux.

Le confinement nous aura permis de tester la réponse du milieu quant au contenu numérique et de développer nos communautés sur les réseaux sociaux. Notre site web fut fort fréquenté et beaucoup de citoyen·ne·s firent preuve de solidarité en s’abonnant. Merci !

Cette frénésie qui nous souffle dans le dos à l’approche de recommencer l’impression du magazine nous fait un grand bien. Comme une présence réconfortante. Je vous entends nous dire combien vous êtes heureux·euses qu’après 5 mois sans imprimer et distribuer le magazine, vous avez hâte ; Vous êtes toujours là, fidèles à notre acte de résistance. On continue d’avoir besoin de vous. Plus que jamais !

Nous redémarrons l’impression de La Rumeur du Loup avec une toute nouvelle équipe composée de Léa Delignies et de Lénaïg Mercier à la conception graphique et de Priscilla Winling à la coordination au contenu ; toutes trois investies d’un grand enthousiasme pour l’avenir.

Il est toutefois nécessaire de comprendre que la reprise sur le long terme sera conditionnelle à la réponse des partenaires financiers. La situation actuelle nous permet d’envisager seulement le court terme. Si vous connaissez un·e mécène prêt·e à nous soutenir, faites-nous signe !

N’hésitez pas à vous abonner au format numérique ou papier, et à consulter notre grille de placement publicitaire. 95% de notre clientèle revient à chaque année et voit des retombées positives de leurs placements dans notre magazine. N’hésitez pas non plus à prendre la plume, le micro ou la caméra pour nous parler culture, environnement, société, santé et communautaire. La Rumeur du Loup, c’est vous!

25 ANS DE CO-ÉCO

En avril dernier, avant que la planète se mette sur pause, nous avions prévu, pour le mois de la Terre, une édition sur les 25 ans de Co-éco ; un magazine traçant la route des pionnier·ère·s en matière de recyclage. Un organisme qui éduque, sensibilise, coordonne les écocentres et le Plan de gestion des matières résiduelles mis en action par les municipalités des MRC de Kamouraska, des Basque et de Rivière-du-Loup. Un organisme qui, souvent dans l’ombre, contribue à faire de notre milieu une communauté durable.

À propos Marie-Amélie Dubé

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