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180 degrés

Texte et Illustration | Audrey Gendron

Je regarde le monde faire 180 degrés en ce moment et j’y trouve du beau. Depuis des années, nous critiquons vivement l’inaction généralisée des gouvernements. Nous critiquons aussi nos concitoyens qui ne s’impliquent pas assez dans l’atteinte collective de ce monde « meilleur » qu’on a l’impression de voir rapetisser au loin plus on avance. Ce combat contre la montre nous guette de près et un sentiment d’impuissance habite la société.

Depuis quelques jours, j’ai l’impression que l’on recule… dans la bonne direction. Les idées se sont bousculées vivement, tant au niveau personnel que collectif. Les pensées de chacun continuent d’évoluer et de prendre forme. La conscience collective se construit. La connectivité qui nous unit désormais amène la lutte à un autre niveau. Le bien-être collectif a pris le dessus, et c’est beau à voir, même en temps de crise. Ça prend de la volonté partagée et une solide implication de toutes parts. J’ose espérer que ces mesures permettront de limiter les ravages auprès des communautés les plus à risque.

Malgré tout ce qui va venir dans les prochaines semaines, mon espoir envers ma collectivité est sain. J’ai vu naitre ces derniers jours des initiatives communautaires visant à rassembler et aider les louperivois.es, des gens se proposer pour garder des enfants, faire à manger, donner un coup de pouce monétaire en cas de besoin, etc. Je me rends compte que ma communauté est tissée serrée, que tout le monde est prêt à se serrer les coudes (au sens imagé et non littéral). Même si personne n’aurait jamais souhaité qu’une telle situation se produise, je préfère y voir le beau, parce qu’il y en a. J’ai le sentiment qu’après tout cela, nous y aurons gagné une collectivité plus proche, plus solide, plus consciente d’autrui et des ainés qui vivent l’isolement non volontaire à longueur de semaines, voire d’années.

En tant qu’être social, cette restriction de côtoyer notre entourage ne sera pas facile, mais chacun doit y mettre du sien. Notre communauté louperivoise va en prendre un coup. Notre industrie touristique et nos commerces aussi. Tous ensemble, nous allons continuer d’avancer… plus lentement peut-être, mais dans la bonne direction.

Même si c’est majoritairement sombre comme contexte sociétal, j’y vois une lueur. Cette lueur, il faut l’utiliser à bon escient. C’est l’heure de se remettre en question, autant personnellement que collectivement face à la situation actuelle, mais aussi face à celles qui suivront. Ce confinement volontaire est le moment de se poser les bonnes questions. C’est le temps d’analyser notre société et de voir ce que l’on peut faire de mieux : pour nous et pour les autres. D’imaginer l’avenir que l’on souhaite offrir à nos enfants. C’est aussi un bon moment pour se redécouvrir et être créatif. Le beau, il est là. Il faut simplement le trouver et le faire briller, peu importe le contexte.

À propos Marie-Amélie Dubé

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