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Voir avec mes yeux d’artiste

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Pour la deuxième année consécutive, les étudiants du programme Arts, lettres et communication option Médias du Cégep de La Pocatière collaborent avec La Rumeur du Loup. La première fois, ils avaient pondu des critiques de films du festival Vues dans la tête de… Micheline Lanctôt. Cette fois-ci, il s’agit d’un projet plus ambitieux : sortir de l’ombre des artistes, des artisans ou des travailleurs culturels du Bas-Saint-Laurent en rédigeant le portrait de chacun d’eux. Nos apprentis journalistes ont donc retroussé leurs manches et sont partis à la recherche de ces inconnus qu’on gagne à connaitre. Voici leurs textes, qu’ils sont très fiers de vous présenter. Merci surtout à Busque d’ainsi ouvrir toutes grandes à l’option Médias les portes de son excellente revue alternative.

 

 

 

Le BeauLieu culturel : une passion pour la culture

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par Stéphanie Malenfant

Lors d’un matin ensoleillé d’octobre, Julie-Ève Proulx m’accueille dans son environnement où elle travaille depuis déjà trois ans comme présidente du CA du BeauLieu Culturel du Témiscouata. Le bâtiment emblématique qui l’abrite m’ouvre ses portes sur son passé et sur sa nouvelle vocation, celle d’exprimer la culture témiscouataine.

 

C’est avec une certaine humilité qu’elle me parle un peu de son passé… Ayant grandi dans la région de la Beauce, elle a continué ses études à Montréal pour ensuite vivre cinq ans en France. Cela fait sept ans que Julie-Ève habite au Bas-Saint-Laurent avec sa famille. La vie l’a toujours ramenée vers le monde de la culture, par exemple pour faire des études en désign de présentation. Même si elle a effectué un changement d’orientation vers les sciences humaines, sa vie en France lui a permis d’obtenir une licence en cinématographie. Son poste au CA du BeauLieu Culturel lui était en quelque sorte prédestiné, car elle se voyait travailler dans une maison de la culture avant son déménagement au Bas-Saint-Laurent et avant même que le projet soit mis en place. À son arrivée dans la région, elle avait entendu parler du BeauLieu, mais ce n’est qu’au printemps 2010 qu’elle entre dans le comité provisoire pour ensuite devenir viceprésidente du CA, puis présidente depuis trois ans. Cette jeune femme n’a pas cessé de s’impliquer à fond dans le projet, même quand tout était à construire… Elle a touché à tout, allant de la cuisine lors des 5 à 7 à la promotion, la gestion et l’organisation d’évènements. Cette présidente du CA ne fait pas que venir en aide aux autres, mais elle s’investit aussi dans plusieurs domaines même si cela peut demander du temps. Elle ne changerait jamais de place, car chacune des tâches lui permet de s’ouvrir sur différents horizons.

 

Le partage de l’implication

Pour elle, le BeauLieu Culturel du Témiscouata n’est pas qu’un simple travail, mais un milieu collectif auquel les citoyens sont amenés à participer. L’implication sociale qui entoure le lieu l’a immédiatement charmée, tout comme les projets qui se créent par des gens passionnés. Cette femme intense et elle aussi passionnée porte en elle le désir de mobiliser les gens avec la culture, même si ce milieu est souvent mis de côté. « La culture n’est pas un monde facile, pourtant, c’est ce qui soutient une communauté, un territoire. Elle permet de faire avancer les choses en réunissant tout le monde. » Elle affirme que travailler, s’impliquer et organiser des évènements culturels devient avec les années un acte de résistance devant l’individualisme d’aujourd’hui. Cet univers permet de rallier les foules pour que chaque activité soit significative et rassembleuse dans la communauté. C’est avec fierté qu’elle me donne en exemple un des projets qui lui tient le plus à coeur et qui représente bien une des missions du BeauLieu, c’est « la Culture en bouchée ». Un 5 à 7 qui, dès le début, avait comme but de réunir les gens autour de la culture du Bas-Saint-Laurent et de rassembler les aliments locaux. Maintenant, il s’est cristallisé en un évènement symbolique lors des vernissages des expositions en arts visuels. Elle le répète souvent, cet endroit, ce n’est pas que des partenaires qui agissent chacun dans leurs projets, mais un lieu commun où chaque organisation converge afin de créer un programme propre au BeauLieu, avec des collaborateurs du milieu régional et de l’extérieur. « Ce qui nous ancre avec les partenaires, c’est la sphère régionale. » Cette femme passionnante qu’est Julie-Ève Proulx prévoit pour l’avenir plusieurs projets qui vont continuer de mettre en valeur la région du Bas-Saint-Laurent, car la devise du BeauLieu Culturel est l’expression d’une région, et elle y tient. Le fait de parler au « nous » avec une telle simplicité durant notre rencontre m’a fait prendre conscience que sans ce « nous », justement, cet endroit phare de la culture n’aurait jamais pu voir le jour.

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Laurence Veilleux, ou comment la poésie prend forme chez un être humain

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par Justin Bhéreur-Lapointe, photo de Mathieu Gosselin

La première fois que j’ai été imbibé de la magie que Laurence Veilleux laisse partout où elle va, c’était quand elle est venue nous voir en classe, au cégep de La Pocatière, pour une entrevue qu’une autre étudiante menait.

 

Pour être entièrement franc, j’ai d’abord cru que c’était une élève perdue qui attendait devant notre porte de classe, et non la nouvelle collaboratrice du mensuel Le Mouton Noir. J’en ai un peu honte, mais sa casquette de style « rappeur de New York » et sa jeunesse très apparente ont porté ma tête ailleurs, si je puis dire. Durant la première heure, elle et son oeuvre nous ont ensuite été présentées proprement, vaporisant toute confusion qui avait émergé auparavant en moi. Elle vient de Saint-Benjamin, en Beauce, et collabore au Mouton Noir depuis maintenant trois mois. La première heure de la rencontre, elle nous a lu un de ses articles publiés dans ce journal qui se décrit comme « plus mordant que le loup ». C’était à propos de Nelly Arcan, une écrivaine québécoise qui l’avait beaucoup marquée, mais surtout à propos du livre hommage Je veux une maison faite de sorties de secours. Avec son accent hors-norme virevoltant entre le français de France et le québécois du Beauceron, Laurence nous lisait son article relatant les moments où elle avait découvert l’auteure, admirant son écriture crue, précise, une écriture qui s’aiguise sur la condition féminine et l’aliénation de la femme face à son corps et sa sexualité pour remuer le lecteur, tout cela soutenu par un squelette d’autofiction. Ce n’est donc pas surprenant, puisque Nelly l’avait marquée à ce point, qu’elle ait écrit un recueil de poésie à propos des mêmes sujets en 2014. Chasse aux corneilles, selon plusieurs, trempe un peu dans les mêmes eaux, autant dans le style que dans les propos abordés. Le recueil suit la forme d’un roman, car chaque chapitre est coiffé d’un titre annonçant un personnage. Ils sont sept, six femmes et un père, chacun apportant leurs dimensions, leurs visions, leurs vies à l’ouvrage : Loreleï, Ragamuche, Mélusine, Lilith, Madeleine, Léporide (le père) et surtout Lola, ou Lolita. Dans une entrevue pour le magazine Le Libraire, elle a confirmé que toutes ces bonnes personnes avec un « L » au début de leur nom étaient des doubles de Laurence. Elle vit pour la poésie et à travers celle-ci en reprenant le flambeau de l’autofiction. En ce moment, elle vit à Rimouski. Là-bas, la culture est en pleine explosion, et entre autres parce qu’elle s’implique énormément dans plusieurs formes d’art. Elle a écrit, avec l’ex-journaliste de Radio-Canada Annie Landreville, le spectacle littéraire Mon père et moi en 2015, elle a participé à des spectacles de danse avec la compagnie Kukoo Garden en 2013, tout ça sans parler des nombreuses performances musicales et physiques qu’elle a présentées auparavant.

 

Il va sans dire qu’après avoir reçu son entrevue au visage, ou plutôt après avoir compris un peu plus l’importance de ce phénomène culturel contenu en une seule personne, j’ai dû m’accrocher à une table pour éviter de tomber. En conclusion, si j’avais à résumer l’effet que Laurence (quelle horreur de minimiser l’incroyable) fait sur le monde en un seul moment d’autofiction, je le ferais ainsi : — Busque veut que vous écriviez tous un portrait sur une artiste de la région. Est-ce que quelqu’un veut parler de Laurence Veilleux ? — Oui, mais attendez que je revienne de mon voyage intersidéral.

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Le Moule à Sucre, un incontournable !

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par Alexandra Gonthier

En longeant le fleuve Saint-Laurent jusqu’à la hauteur de Saint-Jean-Port-Joli se trouve une impressionnante grange jaune et bleu. Il s’agit du Moule à Sucre.

 

Son architecture d’antan intrigue le touriste et l’invite à venir jeter un coup d’oeil. Une fois à l’intérieur de ce bâtiment, une tonne de produits du terroir, de bonbons d’antan et de créations d’artisans s’offrent à lui. Il a même la possibilité de visiter un jardin hors du commun. Pour en apprendre plus sur cet endroit ainsi que sur son historique, je me suis entretenue avec Nathalie Niemeyer, copropriétaire du Moule à Sucre.

 

Derrière Le Moule

Avant de devenir entrepreneure dans la région, Nathalie Niemeyer était comptable agréée à Montréal. Pourquoi vouloir laisser un bon emploi pour créer son entreprise ? L’envie d’avoir de la variété dans sa vie et de mettre la main à la pâte. Le déclic se fait lorsqu’elle et son mari, Roberto Di Giulio, apprennent la mise en vente de la grange. Ils décident alors de s’installer à Saint-Jean-Port-Joli pour entamer un nouveau projet. « Au début, ce fut un coup de coeur avec la grange… Roberto et moi avions déjà une vision, on savait que l’endroit serait un arrêt touristique pour les gens qui s’en allaient vers la Gaspésie ou pour ceux qui passaient une semaine dans le coin », affirme madame Niemeyer. En 2004, le couple se lance et crée Le Moule à Sucre.

 

Qu’est-ce que Le Moule à Sucre ?

Le Moule à Sucre est un endroit unique en son genre. Il se divise en trois sections, soit le magasin général, la galerie des métiers d’art et le jardin architectural. La section du magasin général offre différents produits du terroir, comme des confitures ou des huiles. Il comporte aussi une section confiseries d’antan et d’aujourd’hui, où il est possible de trouver de la réglisse à l’ancienne ou encore des tire-éponges. La deuxième partie est la galerie des métiers d’art. De nombreux créateurs québécois sont associés au Moule à Sucre. En effet, une grande variété s’offre aux visiteurs. Que vous ayez une préférence pour la mode, les bijoux, ou même la décoration ; il y en a pour tous les gouts. Les amateurs de plein air seront comblés avec la section jardin. Cet espace vert est aménagé de façon originale. Le système du corps humain est représenté par plusieurs espèces de plantes, qu’elles soient médicinales, culinaires, cosmétiques ou décoratives. Les espaces de détente offrent la possibilité de faire un piquenique avec un panier rempli de produits du magasin général. Il existe très peu d’endroits comme celui-ci au Québec, avoue la copropriétaire. « Nous répondons à plusieurs besoins : ceux d’un couple, d’une personne seule, d’une famille ou d’un groupe de filles. Il y a peu d’endroits que je connais où tout le monde en a pour son argent. » Nathalie Niemeyer est une femme dynamique et passionnée par son travail. Tout le travail et l’amour mis dans son entreprise transparaissent lorsqu’on met les pieds au Moule à Sucre. Notez bien que l’endroit est ouvert toute la saison estivale. La boutique ouvre ses portes quelques jours cet hiver, soit les 3 et 4 décembre 2016 et du 10 au 24 décembre 2016. Pour plus d’information, visitez le www.lemouleasucre.com.

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Pierrette Maurais, archiviste de la culture

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par Maxim Ko

Un accueil chaleureux, une grande table de réunion et une immense bibliothèque débordante de trésors. Voici ce que m’a permis de survoler, le mercredi 19 octobre dernier, l’univers des Archives de la Côte-du-Sud. Mon but : découvrir davantage le métier d’archiviste. C’est Mme Pierrette Maurais, archiviste et ethnologue, qui m’a gentiment ouvert la porte de leurs locaux situés à La Pocatière, porte qui est d’ailleurs toujours ouverte au public.

 

Installés dans la salle des chercheurs, nous avons rapidement abordé la discussion, qui fut très riche en information. Pratiquant ce métier depuis les années 1990, elle m’a appris, une fierté dans la voix, que son travail consistait à traiter les fonds d’archives et à effectuer différents contrats de recherches historiques. Pour l’aider, de nombreux documents, des greffes de notaires, de la généalogie, bref tout ce qu’une archiviste peut rêver d’avoir.

 

Une dame d’expérience

Impossible de décrire Mme Maurais en un seul mot tellement l’expérience qu’elle a acquise au fil des ans lui a permis de participer à une panoplie de projets. Elle m’a d’abord appris, tout en me révélant qu’elle-même avait utilisé les archives, qu’elle a publié des recueils de contes et légendes, des monographies ainsi que des recherches ethnologiques. Tout cela en plus d’être conteuse, d’avoir animé de nombreuses visites guidées de La Pocatière et du Kamouraska ainsi que d’avoir donné différentes conférences. Mme Maurais est donc une dame d’expérience, ayant acquis au fil des années d’incroyables compétences reliées au domaine culturel de notre région, ce qui fait d’elle une ressource précieuse qui se dit toujours prête à partager ses connaissances.

 

Des spécialistes disponibles pour le public

Après cet échange, une question me restait en tête. Quelle est la place du public dans les archives ? Une question à laquelle Mme Maurais s’est empressée de répondre toujours avec la même fierté berçant sa voix : « Le public peut venir faire de la recherche », me dit-elle, tout en soulignant que « les gens du public viennent particulièrement pour de la généalogie, mais d’autres viennent pour de l’histoire ». Elle raconte fièrement que les Archives de la Côte-du-Sud sont renommées pour leur service à la clientèle. « On prend cela à coeur et on veut les aider à trouver ! » De plus, plusieurs experts sont disponibles, notamment un spécialiste en généalogie, un historien et elle-même, une ethnologue ayant fait de nombreuses recherches terrain par le passé : « On couvre très large comme possibilités. » De nombreux remerciements ont clos la discussion et, alors que je me dirigeais à l’extérieur, je réalisais que l’endroit que je quittais rassemblait une mine d’informations concernant notre région et qui, en plus d’être ouverte au public, comporte un personnel dévoué prêt à aider quiconque franchira la porte. Et, je dois l’avouer, je suis sorti assez fier d’avoir pu découvrir ce lieu, et ce, sans oublier que Mme Maurais, en plus d’avoir pris le temps de m’accueillir, m’a fait découvrir son univers. Un univers rempli de connaissances et d’histoire.

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À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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