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Visite d’un chef d’orchestre

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Par Busque

À titre d’invité spécial des Eurochestries québécoises, le chef d’orchestre militaire français Dider Descamps sera accueilli par le Camp musical St-Alexandre. Dans le cadre de sa thématique mensuelle, La Rumeur a interviewé ce grand homme qui visitera la Belle Province pour la toute première fois.

Busque : pouvez-vous nous parler de vous et de votre cheminement musical ?

Didier Descamps : J’ai commencé la musique il y a un peu plus de quar ante ans, tout d’abord chaque mercredi, auprès d’une voisine de mes parents. C’est elle qui m’a donné le goût du travail et de la persévérance, alors que je n’avais pas sept ans. J’ai ensuite intégré le Conservatoire National de Région de Douai, dans le nord de la France, où j’ai accompli l’intégralité de mes études musicales. J’ai ensuite eu la chance de travailler l’écriture musicale, la direction d’orchestre avec de grands maîtres tels que Noël Lancien ou Roger Boutry, qui ont tous deux remporté le premier grand prix de Rome en composition musicale, ou encore l’orchestration avec Désiré Dondeyne, récemment disparu, puis la fugue et le contrepoint avec Bernard de Crepy, professeur au Conservatoire national supérieur de musique de Paris.

Photo d’Optik 360 La Rumeur
Photo d’Optik 360 La Rumeur

B. : Parlez-nous de votre travail comme chef d’orchestre. Depuis combien de temps exercez-vous ce métier ?

D. D. : Jusqu’ici, j’ai essentiellement accompli mon travail de chef d’orchestre au sein des orchestres militaires français. Tout d’abord comme assistant, de 1994 à 1999, puis comme chef principal à partir de 2006, à la tête de la Musique des équipages de la Flotte de Brest, orchestre de 80 musiciens du plus haut niveau, pour la Marine nationale. Cependant, le propre du chef d’orchestre est de veiller à ne jamais «  s’enfermer  », à rester le plus en contact possible avec toute forme de musique et tous types d’orchestres. C’est ce qui m’a amené à conduire comme chef invité, lors de stages, de concerts ou de festivals, des orchestres à cordes, des orchestres symphoniques ou bien encore des orchestres d’harmonie (constitués des uniques instruments à vent). Je me considère comme privilégié, car, dans une période particulièrement difficile pour beaucoup de mes concitoyens, j’ai la chance de pouvoir me réaliser dans un métier qui est celui dont je rêvais, petit garçon. L’exercice est aussi complexe qu’enrichissant, car il s’agit de mener une équipe souvent exigeante. C’est en outre une véritable école d’apprentissage perpétuel, car rien n’est jamais acquis et il faut toujours et rapidement susciter un intérêt, une adhésion à ce que l’on propose, ce qui ne se décrète pas.

B. : Quelles sont vos motivations à participer à un festival semblable?

D. D. : Je suis toujours particulièrement heureux et impatient lorsque je sais que je prendrai part à une telle aventure! Dans une période assez courte vont se lier, et quelques fois pour très longtemps, des musiciens de tous horizons, de toutes nationalités. Au cours de ces quelques jours, une seule motivation vient les rassembler et les unir: la Musique. Par delà les continents, les cultures, ce sont des instants de partage et de communion exceptionnels qui se profilent. À chaque fois vient s’accomplir la véritable mission de la Musique : rassembler, sous un langage profondément universel.

B. : Vous viendrez visiter le Québec pour une première fois sous peu. À quoi vous attendez-vous ?

D. D. : J’imagine que l’on ne s’attend pas à me voir arriver, béret sur la tête, baguette de pain sous le bras, avec un accordéon dans ma valise (rires)! Je vous épargnerai donc les éternels clichés sur nos chers cousins de la Belle Province, même si j’espère (je l’avoue !) me délecter du nectar local : le sirop d’érable. Plus sérieusement, je suis réellement heureux de me rendre pour la première fois au Québec! C’est un autre rêve de petit garçon, et je suis absolument excité de revoir quelques amis, notamment parmi l’orchestre que dirige Mathieu Rivest, rencontrés en 2013, lors de leur participation au Festival Eurochestries, en Charente-Maritime. J’ignore si je disposerai d’un peu de temps pour visiter votre cher et si beau pays, mais j’espère pouvoir le faire !

B. : Quelles seront vos implications pour ce tout nouveau Festival international Eurochestries au Kamouraska, mis sur pied par le Camp musical Saint-Alexandre?

D. D. : Avant toute autre chose, je voudrais ici saluer l’action de deux hommes: Celle de Claude Revolte tout d’abord, qui préside Eurochestries avec une énergie et une détermination absolument incroyables. C’est grâce à lui et Anne Bernard, directrice du festival, que j’ai pu y participer en 2013, en France, comme cette année au Québec. Il faut souligner leur dynamisme qui fait, hélas, aujourd’hui parfois défaut, mais aussi une combativité à toute épreuve pour démontrer l’indispensabilité de la pratique musicale et orchestrale, dans leurs aspects les plus larges. Mathieu Rivest également, à qui je voue une sincère amitié. Je salue haut son action très engagée, sa force de conviction impressionnante et l’implication comme la sensibilité artistique dont il fait constamment preuve!

« Dans ce monde en perte de repères, il faut se battre quotidiennement pour parvenir à être entendus »

Beaucoup de chefs d’orchestres, de directeurs d’écoles de musique, de musiciens même, sont aujourd’hui découragés et renoncent parfois même, tant notre monde accorde aujourd’hui un intérêt de plus en plus mince à la culture et à l’enseignement musical, en particulier. Dans ce monde en perte de repères, il faut se battre quotidiennement pour parvenir à être entendus et pour convaincre ceux qui détiennent les crédits qui permettent l’accomplissement de notre mission. C’est l’action de ceux-là, tels que Claude et Mathieu, qu’il faut saluer, mais aussi l’implication de celles et ceux qui constituent leurs équipes, comme tous ceux qui luttent à tous les niveaux, qui permettent à la pratique musicale de ne pas disparaître tout à fait, et qui viennent par là donner raison à la célèbre phrase du président Lincoln: « Si vous considérez que l’éducation [la culture] coûte cher, essayez l’ignorance ».

 

À propos Mathieu Dumulon-Lauzière

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