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Une cuillerée de Packington – la Rumeur du Loup
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Une cuillerée de Packington

L’expression «restaurant du village» est rarement flatteuse. Elle fait souvent référence à l’établissement qui dessert, faute d’alternative, une municipalité de taille modeste. Elle entre aussi dans la même catégorie que «l’école du village» ou «l’idiot du village».

Personnellement, j’ai toujours eu un faible pour les restaurants de village. Parfois quétaines, parfois surprenants, ils sont toujours peuplés de bonnes discussions et de belles rencontres. C’est donc sans hésitation que j’ai accepté l’invitation d’un ami m’incitant à découvrir le Bistro Saint-Benoît situé à Packington.

Packington est l’un de ces villages profondément enfoui dans la brute beauté naturelle du Témiscouata. Packington est petit, beau, mais petit. D’ailleurs, certains édifices de New York comptent plus de résidents que Packington compte d’habitants. Vous n’aurez donc pas de misère à trouver le bistro sur la rue Principale. Je n’avais pas encore mis mon deuxième pied à l’intérieur du restaurant que déjà j’étais accueilli chaleureusement par l’une des serveuses qui me pointa gentiment vers la seule place libre restante. La salle à manger, pleine à craquer, bourdonnait déjà au son d’une dizaine de conversations animées. L’accueil a beau être chaleureux, le décor ne laisse pas sa place pour autant. Judicieusement branché entre le nouveau et le traditionnel, il met en scène de belles boiseries, un piano retraité et quelques peintures ludiques. La lumière tamisée par des ampoules encabanées dans des pots Mason drape les convives d’une ambiance permettant l’intimité.

Au menu, une variété de classiques réinterprétés afin qu’ils se situent parfaitement à mi-chemin entre la familiarité et la découverte. Sur une belle ardoise installée au-dessus d’une banquette peuvent se côtoyer le sandwich berbère, la pizza carbonara et une tapenade d’olive. Le menu est d’ailleurs sujet à changement, une particularité qui donne au Bistro Saint-Benoît un superbe gout de revenez-y. Pour mon repas, j’ai jeté mon dévolu sur le burger de saumon. J’ai longtemps hésité, mais je ne l’ai pas regretté. L’assiette bien agrémentée a su me donner le sourire et faire danser mes papilles.

C’est entre deux frites que mon ami m’a cependant révélé le vrai secret du restaurant. Les yeux béants, les oreilles grandes ouvertes et la bouche pleine, je me suis approché de lui pour bien la saisir. Oui, la bouffe est bonne, même très bonne! Oui, le décor est d’une rafraichissante beauté. Mais la force du Bistro Saint-Benoît, c’est avant tout qu’il s’agit d’un point de ralliement. Là où d’autres municipalités voient leur population se rencontrer dans une chaine de café nommée en l’honneur d’un joueur de hockey ayant porté l’uniforme des Maple Leafs de Toronto, ceux de Packington convergent vers le resto. Du jeudi au dimanche, matin et soir, le Bistro Saint-Benoît vibre au rythme des résidents du village. Dans une même pièce, on peut y voir des parents cernés, des enfants gonflés d’énergie et des grands-parents attendris. Tous, à un moment ou un autre, s’y retrouvent attablés devant de bons plats fraichement sortis de la cuisine.

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Mon ami avait raison, il a d’ailleurs souvent raison, l’ingrédient secret du Bistro Saint-Benoît, c’est ce sentiment d’appartenance qui fait que les gens qui mangeaient à mes côtés ressemblaient plus aux membres d’une famille qu’à de simples clients. Une ambiance qu’il est difficile de retrouver ailleurs. Un délicieux café englouti, mon addition réglée et mon ami salué, j’ai quitté le Bistro Saint-Benoît le cœur léger et le ventre alourdi en me promettant de revenir prendre une cuillerée de Packington avant longtemps.

 

À propos Mathieu Dumulon-Lauzière

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Un commentaire

  1. Salut! Bel article! C’est bien de parler de ces petits villages dynamiques. Je trouve ça flatteur que tu nous dépeigne le décor, mais ça aurait été vraiment parfait si tu avais rajouté les infos de la peinture que tu rajoutes à ton article! Sans rancune! Mais pour une prochaine fois…
    Les Appétits Imaginaires
    Gabrielle Gendron

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