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Pour la petite histoire… GEORGES SAINT-PIERRE, PEINTRE – la Rumeur du Loup
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Pour la petite histoire… GEORGES SAINT-PIERRE, PEINTRE

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Par Véronique Drouin

1927. Année de naissance d’un homme qui changera le paysage artistique québécois. Ses parents sont originaires de Kamouraska. De la grande famille des Dessaint dit Saint-Pierre. Lui n’y mettra jamais les pieds, préférant à la tranquillité du fleuve la débauche de la ville. Georges Saint-Pierre : peintre, autodidacte, misérabiliste, tourmenté.

Peintre. Son style varie au gré des années. D’abord, l’automatisme non figuratif. Création libre qui évacue tout raisonnement dans la conception artistique. Devient connu grâce à une exposition. Explore la représentation humaine par l’autoportrait. Des années durant. Des lignes simples, des formes presque enfantines, des couleurs franches. Travaille ensuite à illustrer des récits folkloriques. Et des paysages. Et des clowns. Peintre de l’angoisse, homme à reconstruire les lieux et les hommes au-delà de leurs apparences.

Autodidacte. Par la force des choses. Saint-Pierre cherche à être admis à l’École des beaux-arts de Montréal. La direction refuse sa candidature. Trois fois. Il s’efforce d’entrer en contact avec les signataires du Refus global. Peine perdue. Il ne voudra donc jamais être associé à aucun groupe. Se procure un enseignement populaire. Fréquente des peintres, des écrivains, des poètes, des marginaux. Saint-Pierre devient l’un d’eux.

Misérabiliste. Courant né des répercussions de la Seconde Guerre mondiale. Trouve son inspiration dans la misère de l’Homme. L’oeuvre de Saint-Pierre est intimement liée à son existence. À sa difficulté à vivre. Il se représente lui-même ou représente des gens défavorisés. Parce qu’il sait que ce sera unique. Que personne ne voudra reproduire des personnages aussi misérables. Saint-Pierre souffre d’incompréhension. Il est la définition de la bohème.

« La légende raconte que Saint-Pierre vendait ses toiles pour des verres de bière. »

Tourmenté. Plusieurs séjours en institutions. Quelques thérapies, des appartements crasseux, des lacunes en argent. Tabagisme et alcoolisme. La légende raconte que Saint- Pierre vendait ses toiles pour des verres de bière. Ces carences nourrissent une oeuvre prodigieuse. Et elle demeure le témoignage le plus juste de son existence. Décès en 1985 des suites d’une vie de dépravation.

Le Musée régional de Kamouraska a en collection des centaines d’oeuvres (esquisses, toiles, croquis) de l’artiste-peintre et prépare une exposition qui lui sera consacrée.

Le Musée fait partie du Collectif muséal et patrimonial du Kamouraska, qui comprend également les Archives de la Côte-du-Sud, le Centre d’art de Kamouraska, la Maison Chapais et le Musée François- Pilote.

Sources : w w w. g e o r g e s s t p i e r r e . com; Ministère des affaires culturelles 1975

La Rumeur du Loup, édition 72 Janvier – février 2015

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2 commentaires

  1. À titre de collectionneur des oeuvres de St-Pierre, je vous félicite de faire la promotion de ce peintre qui parle de nos ancêtres, de nos us et coutumes, de nos légendes, en un mon: de nous.
    Mon immense collection est sous garde de la Pulperie du Musée Saguenay-Lac-St-Jean en attendant qu’elle soit acquise pour expositions itinérantes.

  2. Marie-Paule Desgagné

    « Décès des suites d’une vie de dépravation » me semble une affirmation gratuite, basée sur de malheureux préjugés qui perpétuent une approche de l’oeuvre très limitée et limitante! Ce très grand artiste peintre « humain trop humain » a produit une oeuvre magistale , d’une intensité démesurée, encore très peu comprise et appréciée même trente années après sa mort! Un immense travail , de niveau doctoral, sera nécessaire pour lui rendre justice et pour comprendre toutes les dimensions présentées. Les résumés d’articles de journaux sont pratiques mais loin d’être suffisant.
    Lol ! Merci ! Bon début !

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