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Photographie à temps partiel – la Rumeur du Loup
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Photographie à temps partiel

busque

par Busque, photos de Nicolas Gagnon (sauf pour la photo de Nicolas lui-même)

 

Nicolas Gagnon sort son deuxième livre et, pour cette raison, je l’ai rencontré au Café du Clocher pour en savoir plus sur sa vision de la photo et du territoire. Voici notre entretien.

 

 

Busque : Premièrement, peux-tu me parler de toi et de ce que tu fais dans la vie ?

Nicolas Gagnon : Je travaille à la Ville de Rivière-du-Loup, au service de l’urbanisme. Je fais aussi des livres. Mon 2e, qui porte sur le Kamouraska, vient d’ailleurs tout juste de sortir. Je suis donc auteur et photographe à temps partiel.

 

B. : Comment est arrivée l’idée de ce deuxième livre ? Est-ce que c’est la MRC de Kamouraska qui t’a approché ou bien tu les as approchés ?

N.G. : C’est moi qui les ai approchés. J’avais fait le livre sur la MRC de Rivière-du-Loup et j’avais aimé mon expérience. J’avais envie d’avoir un projet qui me pousse à prendre des photos parce que cela me plait. Après un certain temps, quand on fait de la photo sans but, on manque de motivation. J’avais envie de me donner un projet. Alors, avec mon livre de la MRC de Rivière-du-Loup sous le bras, je suis allé voir les gens de la MRC de Kamouraska et leur ai dit que je pouvais leur faire la même chose. L’éditeur était d’accord, je lui en avais parlé avant. Je suis arrivé avec une proposition chiffrée et ils ont accepté.

 

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B. : Je sais que le livre parle du Kamouraska, mais de quoi plus précisément parle-t-il ?

N.G. : Le livre est une commande, il y a un acheteur principal, la MRC de Kamouraska, qui s’est engagée auprès de l’éditeur à acheter 1000 livres. Alors, elle a son mot à dire sur le contenu. On a travaillé les grandes sections et les thèmes abordés ensemble. Ultimement, c’était quand même moi qui allais trancher, je suis l’auteur, mais on a travaillé en collaboration. La MRC voulait absolument que le livre couvre tout le territoire, soit chacune des 17 municipalités. L’idée n’était pas de ne présenter que Kamouraska, Rivière-Ouelle, Saint-André et Saint-Germain. Le Kamouraska, c’est aussi Saint-Onésime-d’Ixworth, Saint-Bruno-de-Kamouraska, Saint-Gabriel-Lalemant, des villages dont on n’entend à peu près jamais parler. Le livre parle donc de l’ensemble du territoire. Chacune des municipalités a son petit chapitre où l’on découvre ce qui en fait la particularité et la vitalité d’aujourd’hui. Ce n’est pas un livre uniquement sur l’histoire, c’est un livre sur ce qui explique l’histoire du point de vue de l’aménagiste du territoire et du point de vue du photographe de paysage. Il y a aussi des portraits de Kamouraskois d’aujourd’hui qui font vivre le patrimoine, qui font vivre le terroir, qui font vivre les traditions. Au-delà des municipalités, il y a quelques thèmes qu’on a mis en exergue : les cabourons, les iles sur le fleuve, la pêche à l’anguille, le patrimoine, etc. Au bout de tout cela, je crois que c’est un livre qui fait le tour de l’identité du Kamouraska et qui est grand public, qui n’est pas pointu. Je crois que mon objectif était de rendre la lecture avant tout agréable, d’apprendre des choses aux gens, mais de manière assez légère. C’est peut-être le seul livre sur le Kamouraska qui présente le territoire dans sa globalité.

 

 

« La photo de paysage est une activité presque méditative pour moi. »

 

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B. : Sur combien de temps le livre a-t-il été fait ?

N.G. : J’ai eu besoin de trois années de travail. Je voulais pouvoir couvrir les quatre saisons au moins une fois et l’automne au moins deux fois parce que c’est une belle saison. J’ai laissé le temps au photographe de faire son travail — le photographe étant moi-même. Par la suite, j’ai essayé de travailler en parallèle sur les textes. J’avais commencé un peu, mais, finalement, j’ai fait d’abord les photos et, par la suite, j’ai fait un gros travail sur les textes.

 

B. : Combien de photos le livre compte-t-il ?

N.G. : Je ne les ai pas comptées, mais je dirais à peu près 250. On doit en prendre beaucoup plus quand on fait un livre. Il y en a à peu près 750 qui étaient publiables. Il a fallu faire un choix. Un fait intéressant de l’entente avec la MRC est que, en plus du produit final, la MRC aura accès à une banque contenant les 750 photos publiables.

 

B. : Comment avez-vous fait le choix de la photo de la couverture ?

N.G. : C’est toujours la photo la plus difficile à choisir. Est-ce qu’on va mettre en lumière plutôt le village de Kamouraska ? Ça prend un paysage emblématique. Il y a plusieurs considérations techniques aussi, il faut que la photo soit carrée, il faut qu’elle ait assez de marge pour replier la couverture du livre, il faut qu’il y ait de la place pour l’écriture du titre. J’avais donc ces contraintes et j’avais déjà pris un certain nombre de photos en les ayant en tête. Je leur en ai proposé quelques-unes. Finalement, l’idée qui a été retenue est d’avoir La Pocatière en couverture, ville qui n’est pas souvent mise en valeur alors que c’est la plus grande du Kamouraska. Il y a quand même des institutions sur la page couverture qui sont importantes pour l’économie locale et qu’on reconnait facilement. Donc, le fait de choisir La Pocatière a fait l’unanimité.

 

B. : Est-ce qu’il y a une photo dont tu es particulièrement fier ? As-tu une photo préférée ?

N.G. : Non, je n’ai pas de photo préférée ! Quand je vois les photos, je me souviens surtout du moment où je les ai prises. Il y a le plaisir de voir la photo, mais il y a aussi le plaisir de prendre la photo qui me revient en tête. J’aime bien les moments où je suis tout seul et que tout est tranquille, comme au lever du soleil par exemple. Il y a une superbe lumière, il fait un peu froid, je suis seul avec mon appareil photo. Il a une photo qui n’est pas très grosse dans le livre, c’est Saint- Germain au lever du soleil et, pour moi, cette photo représente tout le plaisir que j’ai eu à faire le projet. La photo est réussie, la lumière est exceptionnelle, Charlevoix est tout rouge flamboyant de l’autre côté et Kamouraska est encore un peu dans l’ombre. La photo est belle, ce n’est pas ma photo préférée, mais je te dirais que c’est un peu le symbole du plaisir que j’ai à prendre des photos de paysage. La photo de paysage est une activité presque méditative pour moi.

 

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B. : En faisant le livre sur le Kamouraska, as-tu découvert le Kamouraska ou bien le connaissais-tu déjà ?

N.G. : Je l’ai redécouvert, parce que je le connaissais déjà, je le fréquente régulièrement. C’est tellement beau, il y a tellement de choses intéressantes à voir. On fait des randonnées régulièrement aux cabourons, on va cueillir des épinards de mer, on fait du kayak dans les iles, etc. Je me suis forcé à découvrir les meilleurs points de vue, à aller partout. Il y avait plusieurs coins que je n’avais encore jamais vus et que, effectivement, j’ai découverts. La recherche m’a fait apprendre plusieurs choses sur l’évolution du territoire, sur l’histoire de chacune des municipalités. Je ne savais pas qu’il y avait des villages qui ont complètement disparu comme Rivière-Manie ou Lac-de-l’Est. C’était des villages de 300-400 habitants en plein bois avec une église, une école. Ils ont été rayés de la carte quand la scierie a fermé. Je ne le savais pas. Ce sont des éléments intéressants qui font partie du plaisir de la découverte quand on fait un projet comme celui-là. Un autre plaisir aussi fut de rencontrer des gens ou d’aller dans des endroits où je n’étais encore jamais rentré.

 

B. : Depuis combien de temps fais-tu de la photo ?

N.G. : Je me souviens avoir suivi un cours de photo quand j’avais 12 ans, alors j’y étais déjà intéressé. Évidemment, c’était de la photo argentique à l’époque. À l’université, je me souviens que j’avais pris quand même beaucoup de photo. On avait un laboratoire de photos et on les développait dans la chambre noire au moyen de l’équipement de l’université. Après l’université, il y a eu une longue période où je n’ai pratiquement pas fait de photo et c’est un ami, David Guimont, qui m’a fait redécouvrir la photo il y a une dizaine ou une douzaine d’années de cela. J’ai pu redécouvrir la photo et les possibilités du numérique. J’en fais donc de manière un peu plus poussée depuis environ 8 ans.

 

B. : Ton travail t’amène à voir le paysage avec un autre angle. Qu’est-ce que cela amène de plus à tes photos ? As-tu vraiment une préférence pour les paysages et l’architecture naturelle ou patrimoniale ?

N.G. : J’ai un petit côté sauvage. Je suis à l’aise avec moi-même, tout seul, avec tout ce côté zen. Je me suis donné comme mission de mettre des gens dans les photos du livre. Je voulais avoir des photos de Kamouraskois et je suis allé à la rencontre des gens. Je suis à l’aise dans ces rencontres et je suis heureux de les faire, mais ce n’est pas mon premier réflexe. Mon réflexe premier est plutôt de partir tout seul avec mon appareil photo et d’attendre la belle lumière et de photographier un beau paysage sans personne dedans. Pour revenir à ta question, je te dirais que cela m’apporte peut-être une capacité de regarder. Il y a bien des aménagistes qui ne sont pas bons en photo. Ce n’est pas parce que je suis aménagiste que j’ai nécessairement le regard qu’il faut, mais c’est certain que je vois quand même une continuité. Je me suis toujours intéressé au territoire, à son avenir, et, parce que je m’intéresse à l’avenir du territoire, forcément, je m’intéresse à son origine, à son histoire, à son évolution. Maintenant, je pense que, au-delà de cela, il faut un regard, un esprit esthétique qui n’est pas nécessairement donné à tous les aménagistes, qui ont plutôt un esprit rationnel, cartésien. Ça prend un petit côté givré que j’imagine que j’ai !

 

B. : Est-ce que tu as un prochain projet, peut-être le Témiscouata ou Les Basques ?

N.G. : Tout le monde me pose la question ! Non, honnêtement, je n’ai pas amorcé de projet, mais je suis ouvert. Je sais que, pour le Témiscouata, il y a eu un livre un peu du même genre qui a été fait par un photographe local il y a quelques années, alors je présume que la MRC va laisser passer quelques années avant de se lancer dans un nouveau livre. Les Basques, pourquoi pas ? Je pense que la MRC des Basques n’est pas tellement connue et mériterait d’avoir un livre ou une vitrine de ce type. Maintenant, je ne peux pas me permettre de le faire tout seul. C’est un projet trop gros, trop de kilométrage, trop d’essence pour que je le fasse en espérant simplement me faire payer avec les droits d’auteur. Alors, il faut que ce soit fait en partenariat. La MRC de Rivière-du-Loup a vendu presque tous ses livres. Pour la MRC de Kamouraska, ils vont se vendre comme des petits pains chauds cet été.

 

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« Il y a des portraits de Kamouraskois d’aujourd’hui qui font vivre le patrimoine, qui font vivre le terroir, qui font vivre les traditions. »

 

 

B. : Si tu fermes les yeux et que tu penses au Kamouraska, quelle couleur vois-tu ou quelle image vois-tu ?

N.G. : Le Kamouraska est plus diversifié que je le pensais au début. Au départ, je dirais que l’image que je voyais est une succession de beaux champs verts avec quelques cabourons au travers, le fleuve, les iles et Charlevoix en arrière. C’est vraiment l’image typique de Kamouraska, un paysage un peu comme ce qu’on voit sur la page couverture. C’est tout de même vrai, mais j’ai découvert que le Kamouraska était plus diversifié que cela. Il y a les rivières à saumon, les lacs en plein milieu forestier comme le lac de l’Est, des villages qui ont du patrimoine intéressant et qui ont des choses intéressantes à dire. Même dans le parc régional du Haut-Pays, je peux penser à la rivière du Loup à Saint-Joseph en kayak avec Tony Charest. C’est maintenant aussi une image associée au Kamouraska comme peut l’être l’image du fleuve. Pour moi, c’est la diversité qui caractérise maintenant le Kamouraska.

 

B. : Merci beaucoup !

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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