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Mêmes questions, différentes visions, partie 4 : Conservateurs

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entrevues et photos par Busque

J’ai rencontré chacun des candidats qui se présente dans la circonsciption de Montmagny—L’Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup et j’ai posé les mêmes questions à chacun. Quoique les entrevues aient été réalisées séparément, nous avons cru bon rassembler les réponses de chacun des candidats. Et pour l’amour de Dieu (pour faire un lien avec le thème du magazine), ALLEZ VOTER (ou pas 😀 ).

Bernard Généreux, candidat conservateur

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Élections

Sachant qu’en 2008, le taux de participation aux élections fédérales n’était que de 61,1 %, quel sens donnez-vous à l’abstention et à partir de quel taux peut-on parler d’un problème démocratique?

Bernard Généreux : Dans une démocratie comme celle dans laquelle on vit, inévitablement, c’est un devoir et un droit fondamental de l’électeur d’aller voter. Ça appartient à chaque personne de décider ou si oui ou non elle juge nécessaire d’y aller. Évidemment, on n’a pas forcé les gens à aller voter. Donc, ça devient un choix ou une perception de leur part. C’est drôle que tu me poses cette question parce que j’ai justement rencontré des gens hier en faisant du porte-à-porte qui me disaient qu’ils n’iraient pas voter parce que, pour eux, ça ne fait pas de différence. Ce n’est ni noir ni blanc que l’on change pour l’un ou pour l’autre, ça revient au même. Je ne crois pas qu’il y ait nécessairement un pourcentage minimal d’expression du vote pour juger si c’est ou ce n’est pas démocratique ou légitime. Je pense qu’il n’y a ni un plancher ni un plafond. Évidemment, en tant que politicien, on espère que les gens exerceront leur droit de vote parce qu’on sait dans quelle démocratie on vit; dans certaines autres, il y a des gens qui se font couper des jambes et des bras pour ne pas qu’ils aillent voter. Je pense qu’on doit faire une prise de conscience importante à ce sujet. Si 40 % des gens n’ont pas voté, il faudrait leur demander pourquoi ils ne l’ont pas fait.

Pourquoi, selon vous, est-ce que le taux de participation des jeunes est beaucoup plus bas?

Bernard Généreux : Parce qu’il y a beaucoup d’éducation à faire et l’éducation politique est peu présente dans nos écoles. Je pense que c’est une lacune que nous avons en démocratie canadienne et québécoise aussi. Je me rappelle quand j’avais 18 ans, on était à l’époque du référendum en 1980. Il y avait une conscientisation à cause de cet événement particulier, on en entendait parler, mais ça ne m’intéressait pas nécessairement plus d’aller voter en tant que jeune. Quand on fait quelque chose ou qu’on pose des gestes dans la vie, on les pose parce qu’on se sent concerné par un élément ou un autre. Le taux d’abstention est élevé chez les jeunes en particulier à cause qu’ils ne se sentent pas concernés par la politique et les élections. On a vu quand même certaines époques où on avait le sentiment qu’il y avait un peu d’intérêt chez les jeunes, mais ce n’est pas facile. Encore là, ça demande de l’éducation politique, mais en très bas âge. Il faut conscientiser les jeunes à l’importance de ce qu’est la politique dans leur vie de tous les jours. Ce n’est pas nécessairement fait seulement par les partis politiques.

Quelle réforme du système politique votre parti et vous-même avez-vous à proposer (mode de scrutin, sénat, etc.)?

Bernard Généreux : Pour ce qui est du système démocratique dans lequel on vit, on ne propose pas de changements fondamentaux. On considère que le système britannique dans lequel nous évoluons est très adapté pour le Canada et fonctionne très bien depuis 150 ans. Pour ce qui est du sénat, nous avons dit que si nous n’étions pas en mesure de le réformer, nous serions en faveur de l’abolir. On sait très bien ce que ça nécessite pour l’abolir, c’est plus de 50 % des provinces, si je ne m’abuse. C’est sept provinces qui équivalent à 50 % de la population canadienne, je me trompe peut-être dans les chiffres, mais inévitablement, ce n’est pas demain la veille parce qu’on sait que le Québec et l’Ontario s’y opposent déjà. La réforme que nous avons proposée, c’est que les sénateurs soient nommés et élus au sein des provinces. À mon avis, la chambre haute est nécessaire dans la mesure où elle est fonctionnelle et qu’elle est très représentative de l’électorat qui pourrait l’avoir élue dans un sénat élu.

Que pensez-vous du principe de la ligne de parti? Par exemple, si votre parti est pour une mesure et la majorité des électeurs de votre comté est contre, que feriez-vous?

Bernard Généreux : J’ai déjà fait de la politique municipale et de la politique fédérale. En tant que leader, en tant que maire, je m’étais formé une équipe qui avait la même vision que la mienne du développement de la municipalité. C’est la même chose pour un pays. À partir du moment où on adhère à une vision de politique générale en fonction du développement de son pays, de quelque nature de développement que ce soit, que ce soit social, économique ou autre, à partir du moment où on adhère à ces principes, on peut avoir certaines divergences, mais la ligne de parti, inévitablement, est un guide avec lequel on a à traverser le temps et les enjeux. Donc, je pense que les lignes de parti ne sont pas près de disparaître, c’est sûr qu’elles sont là pour rester. Il faut comprendre aussi qu’en politique, il y a toujours des marges de manoeuvre à l’intérieur d’un parti politique. Je l’ai vécu de façon importante à Ottawa. Malgré une ligne de parti, nous avons des tribunes pour nous exprimer à l’intérieur même des partis. C’est inévitable, ça prend une unité à l’intérieur d’un parti. Parallèlement, au Parti conservateur, quand on a des enjeux fondamentaux qui touchent par exemple l’avortement, le droit de mourir, ou tout ce qui est une question morale, une question personnelle, on est libres de voter comme on veut. On est appelés à voter non pas selon une ligne de parti, mais selon nos propres valeurs à nous ou selon les valeurs des électeurs qu’on représente. Il y a un respect qui est important.

Pour bien représenter votre comté, comment prenez-vous le pouls des enjeux importants de la population?

Bernard Généreux : La campagne est commencée depuis le 3 août et, depuis cette date, au moment où on se parle, j’ai près de 9000 km de faits et j’ai rencontré plus des deux tiers des municipalités. J’entends les maires, les clubs de l’Âge d’Or, toute sorte d’organismes et d’entreprises. Je fais 5 heures de porte à porte par jour, minimum. Je peux vous dire que ma liste est prête et elle va sortir dans les médias ça ne sera pas trop long. Ayant déjà été maire, je comprends l’importance des enjeux municipaux et ayant été bénévole dans de multiples organisation, je comprends aussi les organismes bénévoles qui ont besoin d’argent pour faire tel ou tel projet. Je suis à l’écoute de ces gens et j’ai prouvé en 2009-2011 que je pouvais être capable de livrer la marchandise. Pour moi, c’est fondamental. Pour moi, les enjeux régionaux ou locaux dépassent largement l’importance des enjeux nationaux. Je suis un gars du Bas-Saint-Laurent, de La Pocatière, et mon ambition est de faire grandir ma région, de la faire se développer, d’amener de nouvelles familles pour venir y travailler. L’essence même comprendre ce qui se passe sur le terrain, il faut être sur le terrain. Il n’y a pas d’autre solution.

« Ça fait partie du monde politique que d’influencer la masse avec des campagnes de peur, mais il faut bien se rendre compte que ça ne marche pas.. » -Bernard Généreux

Quels sont les valeurs et les enjeux importants de votre comté?

Bernard Généreux : Actuellement, il y a des enjeux locaux et régionaux par rapport aux infrastructures municipales, entre autres. Il y en a aussi par rapport à l’employabilité. Quand on parle par exemple de l’assurance-emploi, on ne me parle pas des problématiques générées potentiellement avec l’assurance-emploi. Ce dont on me parle, c’est que les gens veulent du travail en région et les entreprises me disent qu’ils ont du travail à offrir, mais ça prend des gens compétents. Ce qu’on a qualifié de réforme de l’assurance-emploi n’est en fait qu’une application de la loi. Certaines mesures ont changé à l’intérieur de cette réforme. Le principe fondamental de ces changements était d’être en mesure de faciliter l’association entre les employeurs qui cherchent des employés pour des postes et des employés qui se cherchent de l’ouvrage. De les marier ensemble. Actuellement, je visite des entreprises et je peux facilement évaluer à mille le nombre de postes disponibles dans Montmagny — L’Islet – Kamouraska — Rivière-du- Loup au moment où on se parle. Comment se fait-il qu’actuellement on ait 1000 postes disponibles, mais personne pour les remplir? Il y a même des entreprises du milieu — et je parle d’endroits pas loin d’ici — qui sont obligées de baisser la cadence de production parce qu’elles ne sont pas capables de trouver d’employés. L’assurance-emploi, ça le dit, c’est une assurance. C’est une assurance au cas où on perdrait son emploi pour telle ou telle raison. Elle doit être utilisée à cette fin. À partir du moment où il y a des emplois disponibles et qu’il y a des travailleurs de disponibles, il n’y a pas de raison pour qu’on ne les associe pas ensemble. La vitalité régionale en dépend. C’est extrêmement important.

Démocratie

Que pensez-vous du droit de manifester?

Bernard Généreux : Je suis totalement ouvert à ça, je n’ai aucun problème. C’est un droit fondamental collectif et individuel de manifester. Je n’ai aucun problème avec ça. C’est une expression populaire collective. Dans la mesure où c’est fait dans le respect de l’ordre et des biens qui nous entourent, je n’ai aucun problème. Dans la mesure où ça vire à l’envers et qu’on abuse ou qu’on brise le bien d’autrui, là ça ne marche plus. « Zéro pis une barre. »

Pensez-vous que le projet de loi C-51 peut contrevenir au droit de manifester de la charte des droits et libertés (chapitre 1)?

Bernard Généreux : Non, pas du tout. Il n’en est pas question. Encore une fois, les campagnes de peur font partie de la politique. Ça fait partie de l’expression politique d’être capable de dire aux gens : « Ils vont faire ceci ou ils font faire cela; ils vont se servir de ceci ou ils vont se servir de cela ». Ça fait partie du monde politique que d’influencer la masse avec des campagnes de peur, mais il faut bien se rendre compte que ça ne marche pas. Le fait de manifester et d’exprimer des positions que les uns et les autres peuvent avoir par rapport à des enjeux qui les concernent, je n’ai aucun problème avec ça. C-51, je n’ai pas enlevé ça, mais pas du tout.

 

Il y a eu durant les dernières années beaucoup de situations de « portes tournantes ». Par exemple, l’ex-ministre Jim Prentice, ancien ministre de l’Environnement, rendu chez CIB C; l’ex-ministre Michael Fortier rendu à la Banque Royale; l’ex-ministre Chuck Strahl qui devient président du comité de surveillance du SCRS et lobbyiste pour le pipeline Northern Gateway; l’ex-ministre John Baird qui devient administrateur au Canadien Pacifique. Que pensez-vous des « portes tournantes » entre le privé et le public? Comment percevez-vous ce genre de situation?

Bernard Généreux : Je ne vois pas nécessairement de problème avec ça. La preuve, c’est que j’ai été nommé au conseil d’administration du port de Québec six mois après avoir perdu mes élections. J’ai été nommé par le gouvernement conservateur et je suis allé servir mon pays. Les banques canadiennes font partie du Canada, tout comme les ports, les aéroports, Poste Canada, tout ce qui est géré par des conseils d’administration ou des organisations paragouvernementales. Pourquoi est-ce que j’ai été nommé là? Parce que j’avais les compétences pour y aller. Les grandes banques n’engagent pas des gens qui n’ont pas de compétences. Ils engagent des gens qui ont des compétences. Le réseau de contact que j’ai établi depuis trois ans m’amène à penser que je pourrais avoir une incidence très intéressante par rapport à cet enjeu parce que je sais à qui m’adresser. Donc, j’ai acquis de l’expérience qui aujourd’hui me sert pour aller servir ma population. Je n’ai aucun problème avec le fait que les gens vont aller au privé et vont revenir au gouvernement puis vont retourner au privé ou dans des organismes gouvernementaux, paragouvernementaux. L’expérience ne s’acquiert pas en restant à la maison à regarder la télé. Ça s’acquiert en travaillant. Concernant le retour d’ascenseur que ces portes tournantes pourraient engendrer, je dirais que, où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie. Je pense qu’il faut apprendre à faire confiance aux individus et aux gens de bonne foi qui font ce qu’ils font dans les mesures où ils veulent développer l’organisation dans laquelle ils sont et le faire le plus honnêtement possible. Sincèrement, je suis un gars honnête. Je suis quelqu’un qui fait confiance aux autres. Je suis peut-être naïf, mais j’aime mieux être naïf que d’accuser à tort et à raison des gens sans savoir quels sont leurs véritables intérêts ou intentions. Je pense que les gens qui partent du gouvernement et qui se retrouvent dans une grande banque, c’est qu’ils ont les compétences.

Nous avons vu au Québec avec la commission Charbonneau le phénomène de retour d’ascenseur entre des entreprises, des contrats et des partis politiques et leur financement. Au Québec, on a baissé la contribution individuelle à un parti de 1000 $ à 100 $ par personne. Que propose votre parti à ce sujet, sachant qu’au fédéral, la contribution maximum par personne est très élevée (1500 $) et que le financement est exclusivement privé?

Bernard Généreux : On a aboli la loi qui permet aux partis politiques de recevoir 2 $ par vote d’Élections Canada, ce qui est applicable maintenant à partir de l’élection actuelle. Ça veut dire que, si on reçoit 2 millions de votes, on aurait eu droit à 4 millions de dollars de la part d’Élections Canada. En soi, cette mesure va faire économiser à Élections Canada et au gouvernement 225 millions de dollars. On pense que les partis politiques doivent être financés par leurs partisans et non pas par les électeurs ou même par les 40 % de gens qui ne votent pas. Les gens qui ne votaient pas, leur 2 $ n’allait nulle part. Les gens peuvent faire des dons. On croit que les partis politiques doivent être autonomes dans leur financement. C’est pour ça qu’on a modifié la loi. On va voir quels sont les résultats aux prochaines élections. Les libéraux, les néo-démocrates, les verts, les conservateurs et même les bloquistes vont encore avoir des montants d’argent qui leur sont donnés. Pour ce qui est des retours d’ascenseur, je vais essayer de faire un résumé de ce que je pense par rapport à ce qui s’est passé à la commission Charbonneau. Il y a des étapes dans la vie d’une société qu’elle traverse à un certain moment. Ça fait partie de l’évolution de la société que ce genre de choses se produise. J’ai été maire et on en a donné, des contrats. On a fait un aréna de 12 millions à La Pocatière. On l’a fait dans les règles de l’art. Quand les gens de bonne volonté et de bonne foi sont là, ça se passe comme il faut. Les gens honnêtes, ça existe. Je crois que les gens, en très grande majorité, sont honnêtes. Pour ma part, qu’un ingénieur m’invite pour aller dîner ne viendra pas changer ma décision. Il y a des règlements, il y a des façons de faire. Un dîner de vingt dollars ne vient absolument pas influencer ma perception. Je n’ai absolument aucun problème avec le 1500 $ de contribution à un parti politique au fédéral. D’ailleurs, ils sont très rares ceux qui donnent 1500 $ dans les campagnes.

Environnement

Pour terminer, parlons d’environnement. Comment décrivez-vous le phénomène des changements climatiques?

Bernard Généreux : [rire] Ma perception des changements climatiques… Je vais peut-être te surprendre, mais c’est que la planète Terre a je ne sais pas combien de millions d’années, certainement 5 ou 6, et l’endroit où on est assis aujourd’hui était recouvert de 15 km de glace. Je ne me souviens plus en quelle année c’était, je pense que c’est plus en milliers d’années qu’en millions d’années. Donc, inévitablement, il a fallu qu’il fasse chaud pour que ça fonde, toute cette glace. Je dirais que l’ère industrielle mondiale a sensiblement contribué au réchauffement de la planète et contribue actuellement sensiblement au réchauffement de la planète. C’est à peu près inévitable que ça y contribue. Dans quelle proportion est-ce que ça y contribue? Je ne le sais pas, je ne suis pas sûr que tu le sais, je ne suis pas sûr que grand monde le sait véritablement. La planète en soi est un univers qui s’autorégule en grande partie. Dans l’histoire, on est ici depuis 400 ans, on peut lire dans les livres d’histoire que quand les premiers colons sont arrivés ici, ils avaient le scorbut et d’autres sortes de maladies, et ils avaient froid l’hiver. On a encore froid l’hiver. L’hiver est comme décalé; on est à l’automne et on a l’impression qu’il fait beau l’été. Ce que je veux dire, essentiellement, c’est que la période sur laquelle on a des informations sur les changements de la planète et les changements du climat de la planète sont très courts par rapport à la planète elle-même. Que les humains, à cause de l’ère industrielle depuis 125 ans, aient chamboulé le climat de la Terre, je ne crois pas à ça. Je crois par contre que nous avons un impact, c’est inévitable. Il n’y avait pas 8 milliards d’habitants sur la Terre il y a 150 ans ni 300 ans non plus. Donc, inévitablement, on a un impact sur l’environnement, mais à quel point est-il si important? Je suis un grand adepte de Découverte, j’écoute des émissions et je lis des articles scientifiques. Je ne suis pas un climatosceptique, très loin de là d’ailleurs, mais je ne suis pas non plus complètement l’inverse. J’ai une tendance à avoir un équilibre dans ma façon de juger et de porter un jugement sur toute l’information qui nous est envoyée. Je suis pour tout ce qu’on peut faire pour améliorer l’environnement. D’ailleurs, j’ai été le maire qui a introduit les bacs bruns il y a 10 ans. On a voulu le faire cette année à Rivière-du-Loup, ça fait 10 ans à La Pocatière que c’est fait. J’ai une imprimerie qui a été reconnue par RECYCQUÉBEC comme la plus performante au Québec. La
première la plus performante au Québec en termes de recyclage. On recyclait 98 % de nos intrants. J’ai un chalet avec une éolienne, des batteries et des panneaux solaires. Je n’ai pas personnellement à recevoir de leçon sur la question environnementale ou sur la façon dont se comporte l’environnement. Si les gens copiaient ce que je fais dans ma vie personnelle en fonction de l’environnement, il y aurait probablement un meilleur environnement au Québec. Ça, je peux te le dire. Tout est dans l’équilibre. Actuellement, il y a un déséquilibre dans l’information et un déséquilibre dans la façon dont les gens perçoivent cette information.

« Je pense qu’il faut apprendre à faire confiance aux individus et aux gens de bonne foi qui font ce qu’ils font dans les mesures où ils veulent développer l’organisation dans laquelle ils sont et le faire le plus honnêtement possible. » -Bernard Généreux

Quant aux consensus scientifiques qui nous informent que nous devons laisser le tiers des ressources d’hydrocarbure dans le sol, que comptez-vous faire, votre parti et vous, pour sortir l’économie canadienne du pétrole?

Bernard Généreux : L’économie canadienne et le Canada auront encore besoin de pétrole pendant plusieurs dizaines d’années et c’est malheureusement inévitable à cause de la vitesse à laquelle on peut faire ces changements malgré une intention politique potentielle de vouloir véritablement faire tous ces changements. Je pense que l’environnement, c’est aussi beaucoup aussi une responsabilité individuelle, dans le type de consommation qu’on fait. Inévitablement, actuellement, il y a 20 % de l’économie qui repose sur les énergies fossiles, entre autres. Il y a différents types d’énergie qui sont actuellement dans un creux historique ou qui s’en vont vers un creux historique. À côté de cela, 80 % de l’économie canadienne fonctionne très bien, mais elle fonctionne bien avec du pétrole. Je n’ai pas de problème à ce qu’on électrifie tout ce qui est « électrifiable », mais encore faut-il être capable de se le payer. Les Québécois, sincèrement, en environnement, on aurait des leçons à recevoir de bien d’autres places dans le monde et même d’autres provinces canadiennes. Quelqu’un qui a voyagé un tant soit peu est capable de réaliser qu’on n’est pas si environnementalistes que ça, au Québec, contrairement à ce qu’on se dit. Il y a des actions personnelles et individuelles qu’on doit faire pour aider le maintien de la planète dans l’état où elle est et même l’améliorer. Je vais te donner un autre exemple de mon intérêt pour l’environnement. Contrairement à ce que certains pensent, quand j’étais député, j’avais été mis au courant qu’il y avait une « route bleue » qui était en train de s’installer au Canada à partir de Vancouver. Il y avait espoir qu’elle puisse se rendre jusque dans les Maritimes. Dans la carte que j’avais eue, elle s’arrêtait à Québec. La Route bleue, c’est la route des camionnages au gaz naturel. Quand j’ai vu que la carte arrêtait à Québec, je me suis dit que nous, les conservateurs, venions de financer une usine de biométhanisation à Rivière-du-Loup en janvier 2010. On allait y produire du gaz et on espérait pouvoir avoir une station-service. J’ai demandé à ce que l’on continue la Route bleue pour aller jusqu’aux Maritimes. On a donc changé la carte et ce n’est pas une affaire locale, c’est une affaire nationale. Le gaz biométhanisé qui sera produit à l’usine va éventuellement y être transporté pour charger des camions. Quand je dis que, en tant que député, notre responsabilité c’est de voir comment nous sommes capables de positionner nos régions pour faire partie des enjeux nationaux et de faire en sorte de moins utiliser du pétrole, bien ça en est un exemple. Je continue à croire et à penser, peut-être avec tort, que l’environnement est une responsabilité personnelle et individuelle avant qu’elle ne soit collective. Si demain matin les Québécois arrêtaient de consommer du transport, si on arrêtait d’acheter du gaz, inévitablement, ça aurait un impact. C’est impossible qu’il n’y ait pas d’impact. Ça serait un impact positif. On aurait moins de gaz à effet de serre.

La croissance économique est un incontournable dans le programme d’un gouvernement. Comment, dans le futur, accorderez-vous la croissance avec le principe que nos ressources sur Terre sont non renouvelables et limitées?

Bernard Généreux: Encore une fois, je nous rapporte dans l’ère industrielle nord-américaine il y a 108 ans. Ça ne fait pas 3000 ans. Donc, pour l’expansion économique d’un pays, il faut qu’elle soit dans une certaine mesure encadrée. Elle est modulée, contrairement à ce qu’on pense, particulièrement pour les sables bitumineux. On ne les a jamais nommés encore, mais c’est aussi de ça qu’on parle. Il y a des technologies maintenant qui permettent d’avoir une empreinte technologique beaucoup moins grande que ce qu’il y avait avant. Encore une fois, notre technologie évolue et notre façon de faire évolue. Je pense qu’il y a inévitablement un transfert socioéconomique vers d’autres choses. Je dois l’avouer, les environnementalistes, les partis verts de ce monde, tous les gens qui mettent une pression depuis 25 ans ou 30 ans, depuis qu’on entend parler d’environnement de façon beaucoup plus précise et concise, favorisent d’une certaine manière la réflexion et l’avancement. Tout ce que je dis, c’est que les énergies fossiles, on les exploite, on va continuer de les exploiter et un jour, peutêtre qu’elles n’existeront plus. À ce moment-là, inévitablement, nous nous serons forcés de faire les choses différemment pour nous améliorer dans la façon dont nous consommons les biens sur la Terre. Ma mère me disait : « Rien ne se perd, rien ne se crée. » Jette ça dans l’univers et il s’en va quelque part dans le fond, dans la terre. Il y a des alternatives, encore faut-il que quelqu’un ait la volonté de le faire et de le faire correctement pour qu’il y ait un impact réel. On va évoluer en tant que société, j’ai confiance.

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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