Accueil / Nos sens / La Réflexion / Marché Public des Basques, baromètre économique régional ?
sept40

Marché Public des Basques, baromètre économique régional ?

ameliemarsot

par Amélie Marsot et René Cimon

 

La saison touristique est à son paroxysme au moment d’écrire ces lignes. Les médias traditionnels nous confirment que tout va bien dans l’industrie en répétant que les touristes sont beaucoup plus nombreux que les dernières années et que le flux de la manne régionale n’est pas terminé !

 

De plus en plus de gens sont sensibilisés à l’achat local, aux produits du terroir, à l’agriculture biologique et de proximité. Cela se sent, cela se chiffre de plus en plus au Marché public des Basques. Les touristes sont nombreux à rechercher la fraîcheur et les perles locales tant du point de vue agroalimentaire que des produits d’artisanat. Bien que de plus en plus de résidents soient adeptes de l’achat direct sans intermédiaire, le conseil d’administration du Marché public des Basques use d’ingéniosité pour attirer la clientèle qui permettra à ses exposants de retirer les bénéfices nécessaires à la survie de leur entreprise. Il est en effet laborieux ou souvent trop coûteux d’avoir accès aux tribunes qui donnent la visibilité médiatique permettant d’espérer toucher la clientèle cible en nombre assez important pour contenter passants et exposants. Pourtant, dans une MRC dynamique comme la nôtre, l’écosociété des Basques est loin de rehausser la moyenne d’achat local par habitant.

 

« De plus en plus de gens sont sensibilisés à l’achat local, aux produits du terroir, à l’agriculture biologique et de proximité. »

 

Prenons une MRC de 8700 habitants. Considérons qu’il y a des gens autosuffisants, d’autres plus ou moins mobiles, d’autres qui n’ont pas la chance d’avoir le dimanche pour faire des emplettes et enfin ceux qui ne considèrent pas l’importance d’encourager l’achat local et ceux dont la tronche des responsables de l’OBNL rappelle un mauvais souvenir. Ce 10 $ par semaine peut faire toute la différence dans une région où l’élan économique tarde. Une population de 8 700 habitants, des familles de 2,8 personnes en moyenne (Statistiques Canada), cela fait 3 107 chefs de famille qui décident de dépenser 10 $ par semaine dans un marché local; 3 107 chefs de famille à 10 $ par semaine pendant 16 semaines, cela représente près d’un demi-million de dollars pour le marché saisonnier (497 k$). Cet argent entièrement local essentiellement réinvesti dans de multiples secteurs de la région signifie beaucoup pour les PME qui triment dur pour chaque dollar gagné.

 

sept40

 

Si nous prenons la peine de pousser la réflexion plus loin qu’« on sait bien, les entrepreneurs s’en mettent plein les poches et se moquent bien de la région ! », il y a une masse d’avantages pour tout le monde à encourager ces microentreprises qui, à leur façon, développent leur paroisse. Ces visionnaires croient en leur produit suffisamment pour sacrifier toutes les fins de semaine de l’été pour vanter leurs propriétés, leurs avantages et leurs vertus. Derrière ce produit, généralement dans la catégorie des besoins élémentaires (se nourrir, se laver et se vêtir), il y a beaucoup de travail et d’investissements. Que ces investissements soient en temps, en équipement ou en infrastructures, cela rapporte à la localité. Prenons l’exemple d’une entreprise agricole biologique. Cette entreprise soucieuse de l’environnement améliore les terres cultivées tout en se dotant d’infrastructures nécessaires à la production. Chacun de ces points joue un rôle sur la valeur foncière des bâtiments et des terres. Ainsi, au lieu de voir des immobilisations perdre de la valeur, ces dernières en gagnent et stimulent ainsi l’économie. La présence ou l’absence de telles entreprises dans votre entourage influencera donc la valeur de vos propriétés en diminuant les superficies agricoles inutilisées ou en friches qui reflètent la vitalité de votre village. Bref, ne sous-estimons pas le pouvoir de l’achat local dans notre équation et développons le réflexe de prioriser les produits de proximité avant de tomber dans le moule de la consommation déconnectée en espérant que tout ira pour le mieux et que les grandes chaînes finiront bien par encourager nos artisans… Il faut aussi éviter d’attirer les jeunes avec l’argumentaire des maisons pas chères. Plus cet argument est utilisé, plus les jeunes entrepreneurs comprendront que leur investissement sera difficile à rentabiliser. Trêve de beaux discours, nous avons une région à vitaliser, nous cherchons une équipe pour y parvenir ! Nos gestes ont plus d’impact que nos paroles, à nous tous d’agir.

 

 

 

 

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

Voir aussi

oct01

Éditorial : Les oies blanches

par Marie-amélie dubé Ensemble. Coordonnées. À l’écoute. Suspendues. Liées. Audibles. Visibles. Déterminées. Investies d’une mission ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *