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Madame B : chronique de bibliothèque / Événement BD : comment se porte la BD québécoise jeunesse ?

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par Brigitte Sirois, avec la collaboration de Sylvie Michaud

 

Dans le cadre de l’Évènement BD qui se tiendra les 14 et 15 novembre 2015 à la Bibliothèque municipale Françoise-Bédard, la bibliothèque de l’École secondaire de Rivière-du-Loup se joint au mouvement et fait le point sur la BD jeunesse au Québec.

 

« À l’instar de nos fromages du Québec, la BD de notre province a conquis le marché international grâce à la qualité de ses oeuvres et au long murissement de sa création. »

 

Mais d’abord, qu’en est-il de la bande dessinée québécoise en général ? Bonne nouvelle, elle se porte très bien, si nous nous basons sur le lectorat jeunesse de la bibliothèque municipale et scolaire. À l’instar de nos fromages du Québec, la BD de notre province a conquis le marché international grâce à la qualité de ses oeuvres et au long murissement de sa création. Longtemps, nous avons cru que seule l’Europe, et tout particulièrement la Belgique, pouvait prétendre au titre de producteur, d’éditeur et d’organisateur d’activités gravitant autour du neuvième art. À présent, le Québec a ses festivals, dont le Rendez-vous BD de Gatineau, le Festival cartouche d’encre et BD de Cowansville et le Festival de la BD francophone à Québec et Montréal. Des prix sont rattachés aux créations, notamment le Bédélys, qui récompense la meilleure bande dessinée professionnelle publiée au Québec, et le Bedeis Causa, prix décerné au meilleur album de langue française publié au Québec. Une part du marché de l’édition québécoise se consacre à la bande dessinée. Toutes connaissent la notoriété et voient leurs produits exportés outre-Atlantique. Citons les maisons La Pastèque, Les 400 Coups (avec Mécanique générale), Pow Pow et Glénat Québec, toutes lauréates d’un prix. L’âge d’or de la période Croc1 des années 1980 a vu se dresser une pépinière de bédéistes dans le paysage québécois. Cette génération a élargi les contrées de nos artistes actuels ; une récolte diversifiée, éclectique et qui rejoint ses publics respectifs. La bande dessinée québécoise, connue pour avoir développé son créneau dans l’humour et la satire, cible désormais l’histoire et le sociopolitique, le légendaire ou la fantasy, la science-fiction et la romance. Référons-nous aux Chroniques de Guy Delisle, aux Chevaliers d’Émeraude d’Anne Robillard, à Hiver nucléaire de Cab et à C’est pas facile d’être une fille de Bach. Plusieurs auteurs auraient le mérite d’être cités dans mon article. Nous retenons ceux dont la publication séduit notre public adolescent grâce à notre indice de consultation.

 

Alex A. : L’Agent Jean. 

Visant de prime abord les jeunes, cette série a conquis tous les publics. Jean est un orignal, travaillant pour l’Agence. Farceur, gaffeur, crédule et insouciant, l’Agent Jean réussit toutes ses missions (impossibles) le coeur léger et content. Qualités : univers totalement déjanté, personnages attachants. – 8 tomes.

 

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Delaf et Dubuc : Les Nombrils.

Contestée dans certaines écoles au début de sa parution, Les Nombrils a su contredire ses détracteurs. Les valeurs véhiculées sont en effet l’amitié, l’amour et l’authenticité. Non, Karine ne sera pas toujours le souffre-douleur des vilaines et superficielles Jenny et Vicky. Au fil des albums, les personnages évoluent et une intrigue à suspens se développe. Qualités : traits d’esprit, intelligence du scénario, évolution des personnages. – 7 tomes.

 

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India Desjardins : La célibataire.

Goûtant le bonheur d’être redevenue seule, la célibataire éprouve encore quelques vicissitudes du genre : comment démontrer à son ex que tout va mieux sans lui, comment dénicher le mâle célibataire en scrutant son panier d’épicerie ou comment saisir les occasions de la drague ? Qualités : Situations possibles et réalistes, autodérision, humour spontané. – 2 tomes.

 

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Sampar : Guiby.

Petit garçon de 3 ans et demi, la suce à la bouche, Guiby pourfend les monstres de la nuit, aidé
de Gruffus le monstre et de Ramirez le rat. Adepte de parkour, il franchit les toits et circule dans les basfonds de la ville, à la recherche de l’Ombre, effroyable créature qui persécute l’enfant. Qualités : ambiance glauque grâce au magnifique graphisme (certaines cases sont pleine page), dialogues savoureux. Véhicule les valeurs de l’amitié et de la persévérance. – 2 tomes plus une nouvelle parution sous peu.

 

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Marc Beaudet et Luc Boily : Gangs de rue.

L’ambiance paisible d’une ba n l ieue de Montréal est boulever sée par l’arrivée d’une équipe rivale de hockey de rue. Les Rouges et les Bleus s’affrontent sans se douter qu’ils devront s’associer pour faire face à un adversaire plus redoutable… Qualités : rythme alerte, caractère joliment irrévérencieux, bonnes références à propos du hockey et de son histoire. – 3 tomes.

 

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Guy Delisle : Le guide du mauvais père.

Est-on mauvais père lorsqu’on gagne en trichant, qu’on raconte une histoire terrifiante à l’heure du coucher ou qu’on fait tout pour gagner une partie de jeu vidéo contre son fils ? À nous d’y répondre. Par contre, nous confirmons que l’auteur a un humour imparable. Qualités : courts récits avec une chute désopilante, traits épurés où l’accent se situe sur les personnages, humour irrésistible. – 3 tomes.

 

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Catherine Girard-Audet : Effet secondaire.
Les aventures et les tribulations d’Annie et Catherine, qui font leur entrée au secondaire. Elles font la connaissance de Gretchen, une étudiante germanophone, de Sam (amoureux d’Annie), Ké-Vun (dont Annie est amoureuse, au grand désarroi de son amie) et bien d’autres ! Qualités : situations réalistes, univers significatif pour les adolescents, comique léger. – 2 tomes.

 

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Élise Gravel :

Exceptionnellement, nous partageons avec vous un ouvrage qui navigue entre le roman et la bande dessinée, soit Jessie a peur de son ombre. Ce livre adorable met en vedette Jessie Elliot, jeune adolescente qui compile dans son journal ses pensées, ses rêves, ses craintes et ses savoureux croquis. Qualités : le délire d’Élise Gravel est au rendez-vous avec son texte et ses figures extravagantes. Protagoniste attachante, auteure expérimentée pour joindre son public. — 1 tome. Récipiendaire du Prix jeunesse des libraires du Québec 2015, catégorie 12-17 ans.

 

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Mentionnons les bandes dessinées inspirées de romans à succès :
Les Chevaliers d’Émeraude (Anne Robillard), La vie compliquée de Léa Olivier (Catherine Girard-Audet), Bine (Daniel Brouillette).

 
Voici d’autres excellentes parutions à faire découvrir à vos ados :
12-15 ans :
Biodôme (Frédéric Antoine), Boni (Ian Fortin), La Lettre A (Alex A.), Kalamazoo (Alain Bergeron), Victor et Igor (Maxime Cyr).
15-17 ans :
Asymptote (Simon Banville), La Bête du Lac (François Lapierre), Colis 22 (Marsi), La Fille invisible (Émilie Villeneuve), Le Fond du trou (Jean-Paul Eid) et Zik & BD, la chanson québécoise en bande dessinée (Paul Laberge).

 
Nouvelle de dernière heure : Le Journal d’Aurélie Laflamme est enfin en bande dessinée !

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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