Accueil / Nos sens / La Vue / Les traversées, la rencontre photographique du Kamouraska 9e édition
juillet21

Les traversées, la rencontre photographique du Kamouraska 9e édition

alexandrarioux laurencebelzile

par Laurence Belzile & Alexandra Rioux-Richard

 

 

Les artistes réunis et réunies pour cette édition de la Rencontre photographique du Kamouraska, sous le commissariat de Franck Michel, nous proposent leurs perceptions des paysages qu’ils traversent et explorent. De par leur vision singulière, chacun des artistes présente un projet qui témoigne de son cheminement à travers différents territoires. En parcourant les expositions, notre regard se transporte de lieu en lieu, notamment du territoire kamouraskois jusqu’aux territoires dévastés du Japon, en passant par les paysages de l’Islande et de l’Amérique centrale. L’évènement regroupe neuf expositions extérieures au Kamouraska — il s’agit du parcours photographique Olivier Kamouraska Chrysler — et cinq expositions en salle présentées au Centre d’art de Kamouraska.

 

 

À travers Sur la ligne des montagnes, l’artiste Sara A. Tremblay nous amène avec elle dans la partie québécoise du sentier international des Appalaches. Cherchant un contact intimiste avec la nature, elle s’aventure, à la marche, à l’extérieur des sentiers touristiques pendant plus de quarante jours. Elle nous présente une nouvelle lecture du paysage gaspésien où l’investissement de son corps se mêle aux différentes variations naturelles imposées par son moyen de transport. Malgré l’étroitesse de la salle où son travail est exposé, ses photographies envahissent l’espace avec autant de sensibilité que d’ampleur. C’est sans aucun doute une exposition où le mode d’installation joue un rôle dominant dans l’interprétation des oeuvres. Les deux expositions de Jessica Auer explorent deux territoires distincts. January nous propose une traversée du paysage hivernal de l’Islande. Durant tout le mois de janvier 2015, l’artiste arpente Seyðisfjörður tout en cherchant à transmettre sa propre expérience du paysage. Les contrastes entre la lumière et l’obscurité deviennent naturellement un élément majeur dans l’exposition qu’elle nous propose. Une autre exposition de Jessica Auer, Chilkoot Portrait, prend part à la Rencontre photographique du Kamouraska. D’abord inspirée par des archives photographiques de la ruée vers l’or de 1898, Jessica Auer décide de parcourir la piste Chilkoot tout en y photographiant les voyageurs qu’elle croise sur son chemin. Sa série nous présente un aperçu de la traversée du paysage de ceux qui l’entourent durant son périple et nous permet de nous aventurer avec elle à travers la dimension sociale qui forme ses expéditions.

 

« Le résultat de son travail, La Lettre à Julien, est une série réunissant habilement portraits, paysages et écriture. »

 

En 2015, Baptiste Grison s’aventure dans les lots du rang 12 du canton de Whitworth auparavant concédé aux Autochtones par les gouvernements québécois et canadien. Considérant la pauvreté du sol et l’inaccessibilité à un cours d’eau, les Malécites s’y établiront durant un seul hiver. C’est au sein de ces terres forestières inhabitées que l’artiste produit la série photographique Barricades mystérieuses. L’exposition extérieure nous transporte sur ce territoire qui semble à la fois familier et inaccessible. Une tout autre exposition de Baptiste Grison est également exposée à l’extérieur du Centre d’art. Durant une résidence de création réalisée en mai dernier à Kamouraska, l’artiste parcourut le village, cherchant à découvrir l’histoire de l’ilot Julien, petit ilot rocheux situé près des berges de Kamouraska. Le résultat de son travail, La Lettre à Julien, est une série réunissant habilement portraits, paysages et écriture.

 

juillet21

 

Post Tohoku, réalisé par Michel Huneault, est le résultat d’une exploration et de démarches documentaires à Tohoku, au Japon, un an après la tragédie de 2011. Durant plusieurs semaines, il y explore les paysages dévastés à la suite de la triple catastrophe naturelle, tout en y rencontrant ses habitants. Il y retourne également quatre ans plus tard pour témoigner de la reconstruction du territoire et pour documenter le passage du temps à la suite de ces catastrophes humaines et géographiques. L’artiste réussit sans équivoque à allier l’approche documentaire et son propre regard dans ses photographies. Attentif depuis 20 ans aux transformations qui modèlent le territoire d’un boisé sauvage proche du mont Mégantic, Normand Rajotte a constitué au fil des ans un remarquable corpus photographique. Témoignant des changements naturels, des variations du temps et des conséquences visuelles sur le paysage de la venue des castors, l’artiste produit la série Le Chantier. En favorisant une approche intimiste avec le paysage, l’artiste nous offre, à travers ses photographies, de courts moments de rencontre avec ce territoire qu’il connait si bien. Volcán, une série de Louis Perreault, relate sa traversée du Mexique et de l’Amérique centrale, où il se laisse guider par la mouvance des paysages. L’artiste nous propose des oeuvres photographiques où il est impossible de reconnaitre la géographie des lieux visités. Le regard de l’artiste s’attarde à la culture qu’il rencontre ainsi qu’au territoire sur lequel elle se déploie. La contemplation du paysage est une partie prenante de l’exposition Le Sentier informe de Martin Schop. Cette exposition rend compte de son lent cheminement sur la Pacific Trail, où il témoigne des paysages qu’il traverse à l’aide d’un sténopé grand format, qui nécessite un long temps d’exposition. La lenteur du procédé va de pair avec la posture méditative qu’il développe face au paysage qu’il contemple. D’ailleurs, c’est un peu de cet état d’esprit que l’artiste réussit à nous transmettre à travers son exposition extérieure. Pour plus d’informations concernant la Rencontre photographique du Kamouraska, visitez le www.kamouraska.org.

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

Voir aussi

aout06

Rimouski au rythme de la mer et du jazz à la fête du travail

par l’équipe du Festi Jazz Du 29 aout au 3 septembre, ce seront pas moins ...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *