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juin23

L’épeire diadème, imposante et ubiquiste

andréphilippedrapeau

par André-Philippe Drapeau Picard

 

Immobile au centre de sa toile, elle attend patiemment son prochain repas. Je vous rassure, ce ne sera pas vous !

 

 

L’épeire diadème, tout le monde l’a déjà vue. Cette araignée est l’une des plus communes en Europe, et maintenant en Amérique du Nord, où elle a été introduite. Araneus diadematus, de son nom latin, pointe le bout de son céphalothorax au printemps. Les oeufs, pondus par dizaines, éclosent et les jeunes araignées restent groupées dans la toile pendant quelques jours. Ensuite, les araignées se dispersent pour aller faire leur vie d’arachnide. Pour se nourrir, l’épeire diadème tisse une toile. Pour ce faire, elle choisira un jardin, une lisière de champ, un pont, une grange… Elle n’est pas difficile ! Elle se placera ensuite au centre de son oeuvre, arborant le motif en croix caractéristique sur son abdomen. Sa toile, de géométrie classique, filtre l’air pour retenir les insectes volants qui deviendront les proies de notre belle araignée. Et c’est ainsi que cette dernière occupera son été, faisant des réserves pour le moment de la reproduction.

 

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Comme la plupart des araignées, l’épeire diadème est un prédateur généraliste, c’està- dire qu’elle mange à peu près tout ce qui lui tombe sous la chélicère. À l’aide de sa soie robuste, elle peut immobiliser la plupart des insectes plus petits qu’elle. Elle leur injectera alors des enzymes qui liquéfieront les organes internes de la proie, en laissant l’exosquelette intact. La majorité des araignées ne prennent pas de bouchées ni ne mastiquent leur nourriture. Au contraire, elles digèrent leur proie à l’extérieur de leur corps, puis en aspirent le jus, ne laissant que la « peau ».

« Malgré son air menaçant, l’épeire diadème est inoffensive pour l’humain. »

 

À l’automne, l’épeire diadème a atteint une taille qui tient à distance plusieurs humains. La femelle est de loin la plus dodue. Après tout, c’est elle qui portera la progéniture ! Si ses réserves de graisse sont suffisantes, elle se laisse courtiser par un mâle, porte et pond ses oeufs, puis meurt. Si ses réserves sont insuffisantes, elle attendra l’été suivant pour procréer. Malgré son air menaçant, l’épeire diadème est inoffensive pour l’humain. Comme toutes les araignées qui vivent au Québec, elle peut mordre et injecter du venin si on la manipule avec rudesse. Toutefois, quoique désagréable, leur morsure est sans danger, à l’exception potentielle des bébés et des individus allergiques. La prochaine fois que vous croisez une araignée dans sa toile, admirez-la pour sa maitrise de la soie et pour la beauté de ses motifs; à long terme, ce sera plus satisfaisant que de la maudire d’avoir « trop » d’yeux ou pire encore, de l’écrabouiller !

 

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Petit lexique
Céphalothorax : Une des deux parties du corps des araignées, qui porte les pattes et les yeux. L’autre partie est l’abdomen.
Chélicère : Pièce buccale avec laquelle les araignées mordent et injectent leur venin. Elles en ont deux, qui rappellent des crocs.
Exosquelette : Les insectes, comme les crustacés ou tout autre arthropode, ont un squelette à l’extérieur de leur corps, un exosquelette. Il est fait de chitine et est très difficile à digérer.

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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