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Le Pain… au coeur de la vie… au coeur de l’histoire…

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par Denise Pelletier

 

Chaque fois que je vois entrer Busque dans notre échoppe, je me sens interpelée par le désir de communiquer des messages
utiles à notre société de consommation… Il me rappelle les années 1970 du temps du journal alternatif Mainmise pendant
lesquelles tout était permis : des dessins ésotériques, des écrits philosophiques, des chroniques sur l’alimentation saine, bref
on voulait changer le monde ! Merci à La Rumeur du Loup et à tous ceux qui y écrivent afin de contribuer à l’évolution de notre
coin de pays… Fourmi touche-à-tout, gestionnaire de la Boulangerie Niemand, jardinière, cuisinière, artiste-peintre avant
tout, j’ai été motivée par Busque pour écrire cette petite chronique enfarinée !

 

 

Après 22 ans de contact avec la clientèle, je constate que bien des gens ont perdu la manière de conserver leur pain, de le traiter, de le couper, même de le transformer une fois rassis… « Un pain rassis vaut mieux qu’un pain ranci. » Le pain au levain se conserve facilement de 7 à 10 jours… en fait, le temps qu’on le mange! Je m’étonne souvent de voir les gens fermer le sac de papier et demander un sac de plastique alors que ce pain vient à peine de sortir du four… il a le droit de respirer au moins de 6 à 12 heures. S’il est enfermé hermétiquement, il sera victime d’un phénomène d’osmose entre croute et mie, activant ainsi les moisissures. Imaginez-vous donc une journée dans un imperméable, votre peau deviendra vite comme un champignon… Déposer son pain consciencieusement dans un beau linge de coton ou de lin, dans un tiroir ciblé de sa cuisine, dans une bonne boite en bois ou dans une vieille jarre de grès recrée un rituel que nos ancêtres pratiquaient naturellement par respect du produit…

 

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« Après 22 ans de contact avec la clientèle, je constate que bien des gens ont perdu la manière de conserver leur pain, de le traiter, de le couper, même de le transformer une fois rassis… »

 

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« Il n’y a pas de cause perdue comme il n’y a pas de pain perdu. » Lorsque le pain devient rassis, nous le coupons en croutons pour nos bonnes soupes d’hiver ou nous le tranchons très mince et, une fois rôti, nous en faisons de la dentelle de pain pour agrémenter une salade, une verrine ou un plateau de divers fromages de chez nous… c’est fascinant de voir ces craquelins translucides! Nos préférés pour ce genre de craquelins demeurent le fameux seigle aux fruits séchés et noix, la baguette curcuma aux graines de citrouille ou blé intégral multigrains… Pour certains intolérants au gluten, chaque jeudi, notre boulanger Emmanuel fabrique un pain de riz brun, maïs et sarrasin à base d’un levain de sarrasin. Il était une fois… un bel allemand à vélo… Jochen Niemand a changé le cours de ma vie de femme peintre solitaire. L’Art du pain m’a ouverte sur le monde… le pain pouvait devenir un matériau d’expression artistique, un outil de communication, un baromètre social, voire politique à certains épisodes de notre histoire. Une source permanente d’informations et bien d’autres choses encore… que du bonheur à partager!

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