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Le café L’Innocent et son histoire

Par Jean-Pascal De La France

En 2007, l’Innocent ouvrait à Rivière-du-Loup. Au départ, le café accueillait des évènements, exposait des oeuvres artistiques, proposait un nouveau type de cuisine dans la petite ville côtière, mais proposait d’abord un type d’entreprise différent dans la communauté. Depuis, le café est devenu un restaurant, mais le mandat de départ est demeuré. Celui de devenir un lieu inspirateur et encourageant pour les projets novateurs.

Certains entrepreneurs se démarquent par leur vision plutôt que de se limiter à la gestion et à l’alignement de chiffres. Leur personnalité devient un moteur qui attire et séduit la clientèle et construit autour d’elle une communauté inspirée et originale.

Lorsque Martin installa sont restaurant dans la bâtisse qui abritait auparavant l’ancienne galerie d’art. Le Goéland, il avait le projet de faire de l’espace un lieu qui inspirerait les projets culturels régionaux. « J’étais venu en voyage à Rivière-du-Loup et je suis tombé en amour avec l’immeuble, la ville et la région. Alors j’ai décidé de m’installer dans cette bâtisse. Quand je disais aux gens que je voulais en faire un café culturel complètement pété, ils me disaient que j’étais un méchant innocent. Alors, je me suis dit que j’allais appeler ça l’Innocent. » Avant de s’implanter à Rivière-du-Loup, Martin avait été propriétaire avec son père du restaurant Ma-am-m Bolduc à Montréal. Ayant aidé à la conceptualisation des recettes de l’institution, il a utilisé son expérience pour construire le menu de l’Innocent et l’a axé sur des classiques de la cuisine montréalaise. À l’époque, les bagels de Montréal, l’épaule de jambon braisée ou le porc effiloché ne se retrouvaient pas sur les tables de la région.

Le café se démarquait aussi en tant que lieu accueillant des évènements culturels (dont les soirées Kino et des shows), vocation récemment abandonnée pour mieux se concentrer sur la cuisine régionale. « Ça demandait beaucoup d’organisation et je préfère me concentrer maintenant sur la restauration et à encourager les producteurs locaux et les artistes différemment. » Différemment, mais toujours aussi efficacement, puisque la plupart des serveurs et des cuisiniers, actuels ou anciens, du café sont encouragés moralement ou financièrement par Martin dans leurs projets artistiques ou agricoles.

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«Quand je disais aux gens que je voulais en faire un café culturel complètement pété, ils me disaient que j’étais un méchant innocent. Alors, je me suis dit que j’allais appeler ça l’Innocent.»

C’est le cas de Karianne Bastille, une jeune designer graphique qui travaillait en tant que cuisinière au café. « J’aimais beaucoup travailler à l’Innocent, mais j’avais le goût de faire autre chose. Martin m’a proposé de cultiver des fruits et des légumes dans mon jardin et d’acheter ma production pour le restaurant », dit-elle en revenant de son jardin situé sur la route de la station à Saint-Modeste.

C’est aussi le cas de Louis-Philippe Gélineau-Busque, anciennement cuisinier à l’Innocent et maintenant rédacteur en chef du petit magazine local Rumeur du Loup, fondé par Martin. Ou encore Louis-David Thériault, photographe et anciennement employé au café. Ou bien Sylvain Elfassy, jeune cinéaste et musicien nantais implanté à Rivière-du-Loup qui a été engagé pour écrire une chanson pour le restaurant.

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Une serveuse du café, surnommée Tofu, raconte : «Quand je suis arrivée de Québec pour étudier au cégep, je ne savais pas trop à quoi m’attendre de Rivière-du-Loup. J’ai commencé à travailler au café et Martin a remarqué ma voix. Il m’a encouragée à chanter. Puis ça m’a ouvert à d’autres vocations plus artistiques. Alors je veux me lancer en cinéma. C’est très encourageant.»

Ce n’est pas étonnant que l’Innocent soit devenu à la fois une des tables les plus attrayantes de Rivière-du-Loup. On n’y rencontre pas qu’un espace chaleureux, qu’une table originale et des produits locaux : on y rencontre aussi des humains intéressants.

La Rumeur du Loup, édition 72 Janvier – février 2015

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Un commentaire

  1. Le café « L’Innocent » à été une belle découverte gastronomique et artistique et aussi une belle rencontre avec le propriétaire et les serveuses lors de mon arrivée à Rivière-du-Loup le 14 juin dernier pour l’AGA du RRASMQ. L’équipe du Regroupement a tellement bien dîné qu’elle y est retournée pour le repas du soir, pour célébrer les dix ans de « L’Innocent « et en connaître beaucoup plus sur la vie culturelle de la ville d’adoption de plusieurs Montréalais d’origine qui s’y sont implantés et qui ne veulent plus retourner vivre dans la « Métropole ». Longue vie à ce sympathique café qui est devenu une véritable institution à Rivière-du-Loup!

    Louise Favreau
    Membre du C.A. du RRASMQ

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