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La ville idéale du futur : Un laboratoire d’humanité et d’innovation

michellagace

par Michel Lagacé

 

Pas très originale, ma ville idéale du futur, c’est une petite ville à l’image de celle de Rivière-du-Loup, mais juste un peu plus populeuse : entre 30 000 et 35 000 citadins tout au plus, car l’ensemble de ses habitants ne chercheraient plus, dans ce futur pas si lointain, à faire de leur ville une cité toujours en expansion. Surtout ce type d’expansion qu’on ne contrôle pas vraiment par l’ajout considérable d’habitants que l’on attire le plus souvent pour de mauvaises raisons comme un abdomen qui gonfle par mauvaises habitudes alimentaires. Des choix d’expansions typiques de l’industrie de la surconsommation ou toutes autres industries polluantes ou découlant d’activités en tout genre font plus de tort que de bien à l’environnement et à la qualité de vie qu’offre une petite ville à ses habitants.

 

 

Comme dans le monde touristique : le touriste de masse à des effets pervers que n’a pas la régularité des voyageurs non regroupés et nettement plus appréciés. Cette petite ville idéale peut donc se passer dans le futur de cette expansion et de ces gros débordements sporadiques tel le déversement des passagers d’un paquebot sur l’environnement d’une ville durant l’escale de ces monstres du capitalisme de complaisance. On sait déjà que la ville de Venise se meut à cause de ce type de phénomène. Ici, pas de canaux avec des vaporettos, mais une géographie en plateaux avec vue sur le fleuve qu’il faut protéger. Dans cette ville idéale, les habitants vivraient dans des maisons ou des logements lumineux près d’un centre-ville offrant des espaces verts vitalisant, des jardins individuels et communautaires, des lieux dédiés à des activités culturelles, sportives ou récréatives et à des services de proximité incluant un marché central approvisionné par les jardiniers, éleveurs, boulangers, pâtissiers, poètes et autres intervenants de la région. Grâce à une relation privilégiée entre la ville et la campagne avoisinante et grâce à l’innovation, cette relation de proximité permettrait des échanges de produits et de services dans un marché intérieur et extérieur, ouvert à l’année, qui n’aurait rien à voir avec le côté bunker des centres d’achats ou grandes surfaces entourées de stationnements remplis de voitures comme dans la périphérie des villes actuelles. Dans le futur à la campagne et près de cette ville, des serres sous des éclairages reproduisant la lumière du soleil permettraient d’avoir des produits frais à l’année. C’est là que l’innovation comme celle de la firme québécoise Sollum prend tout son sens. Des fraises du Québec même en hiver, pourquoi pas ! « “La technologie brevetée de Sollum permet de reproduire à 99 % la lumière du soleil. La lampe unique en son genre peut recréer sur demande l’ensemble du spectre d’un éclairage naturel du lever au coucher du soleil. Utilisée dans une serre, cette lampe consomme moins d’énergie que les lampes à vapeur de sodium fréquemment utilisées, et permet surtout d’accroitre la productivité des récoltes de 35 %”, soutient l’entreprise. » (Karl Rettino-Parazelli, « Le soleil où vous le voulez, quand vous le voulez », Le Devoir, 17 juin 2017) Dans cette ville idéale, les plus démunis habitent des lieux tout aussi agréables que ceux habités par des citadins plus aisés. Les inégalités n’ont plus leur place dans ce périmètre urbanisé de la cité, où tout se passe à pied, à part un réseau de voiturettes électriques qui permet aux citadins qui ont des difficultés pour se déplacer de participer à l’effervescence d’un centre-ville adapté aux piétons, aux vélos et à ces voiturettes électriques qui servent de transports en commun sur de petites distances et facilitent ainsi la monté des dénivelés du quartier central comme l’exemple des dénivellations de la rue Lafontaine au centreville de Rivière-du-Loup. Ce qui ne veut pas dire que cette ville idéale est une ville fermée aux nouveaux venus, au contraire. Dans sa capacité à atteindre un équilibre viable d’au moins 30 000 à 35 000 habitants, la mixité culturelle est un apport important de sa dynamique future, car le vivre ensemble implique cette diversité de race, d’âge et de culture. La fierté identitaire des citadins de cette ville idéale est inclusive. Et J’espère en effet que dans une telle ville on aura éliminé depuis longtemps le racisme systémique, l’homophobie, la censure (pour toutes ces raisons non pertinentes facilement identifiables) et que tous les citoyens auront la liberté de leurs opinions dans le respect des autres et l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce qu’ils apportent comme différence et comme cultures variées. Il faut concevoir son identité en assumant sa propre diversité dans une unité de territoire et une langue comme on le fait pour le Québec tout entier. La mentalité de l’homme blanc stéréotypé qui a tous les pouvoirs devra disparaitre d’ici là… Cette ville idéale du futur est une ville à l’échelle humaine avant d’être une ville de verre, car sa forme et son urbanisme sont d’abord une affaire de contenu. Ce contenu est probablement déjà présent dans nos esprits. On n’a plus qu’à la penser selon ce cadre harmonieux autour d’une vision où les lotissements futurs sont proches du centre-ville et où tous les services sont offerts en son centre sans les automobiles. Il y a déjà en Europe de petites villes dont le centre historique est piétonnier et où les voitures restent en périphérie. Il ne manque plus à notre ville idéale que l’espoir d’y arriver. Elle devrait d’ailleurs déjà se développer et se penser à partir des services de proximité autant que de l’énergie propre (le solaire et l’électrique) que peut déjà lui apporter cette perspective. Dans cette vision du futur, il n’est pas si difficile de repousser les voitures à la périphérie (enfin tout ce qui restera de ce parc automobile fonctionnant encore au pétrole dans le futur, c’est devenu inévitable). L’énergie globale de la planète est maintenant au service de cette adaptation collective et à la mise en oeuvre de moyens permettant aux habitants de vivre une sorte de bonheur urbain dans un contexte de changement climatique perturbant qui demande des politiques alternatives « où l’on tient compte d’autres choses que des intérêts économiques » du court terme. Cette ville devra s’être adaptée à ces implications par son humanisme et par l’innovation afin d’éviter les tensions qui dégénèrent en exclusion ou en catastrophe environnementale. C’est ce que je souhaite aux habitants de cette petite ville idéale de demain.

 

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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