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La semaine mondiale de l’accouchement respecté du 16 au 22 mai 2016

par Elisabeth Boucher, accompagnante à la naissance, elisabethdoula@gmail.com, illustration de Laura Danière

 

Chaque année, depuis 2004, se tient la Semaine mondiale de l’accouchement respecté pendant la troisième semaine de mai. Qu’est-ce que c’est qu’un accouchement respecté? Pourquoi lui réserver une semaine complète? C’est ce que je tenterai d’expliquer dans les prochaines lignes.

 

Un accouchement respecté est un accouchement où la femme est maitresse d’oeuvre de son propre corps et non prise en charge par une équipe médicale. Cette femme aura été au préalable informée des avantages et des risques de chaque intervention potentielle qui lui est proposée et prendra elle-même, avec son conjoint, la décision qui semble être le plus en accord avec ses valeurs. Le processus naturel et physiologique de l’accouchement est respecté en intervenant que si nécessaire. Accoucher ou se faire accoucher est la grande question fondamentale débattue depuis des années dans le milieu de la périnatalité. En effet, le mouvement d’humanisation des naissances s’est instauré pendant le colloque tenu par l’Association pour la santé publique du Québec en 1981. Tranquillement, il évolue, ce milieu. À la suite de demandes provenant des femmes, de plus en plus de choix s’offrent à elles aujourd’hui. L’officialisation de la pratique de sagefemme au Québec en 1998 a entre autres ajouté un nouveau professionnel de la santé dans les options et permet une approche alternative centrée sur le processus normal et naturel de la mise au monde des bébés. Puis, en 2004, le droit d’accoucher à domicile avec une sagefemme offre l’occasion aux femmes de remettre la naissance au coeur de la vie familiale, comme il a longtemps été.

 

« Encore aujourd’hui, trop de femmes se font imposer des interventions sans en connaitre réellement les conséquences. »

 

Malgré ces avancées, l’établissement d’une Semaine mondiale de l’accouchement respecté demeure pertinent dans la plupart des pays industrialisés. Ces différentes options ne sont pas accessibles dans toutes les régions. Encore aujourd’hui, trop de femmes se font imposer des interventions sans en connaitre réellement les conséquences. Dans le milieu de la périnatalité, un acte simple et routinier peut s’avérer une entrave à la dignité de la femme, sans même que cela ne soit prémédité ou conscient. On parle alors de violences obstétricales, un concept défini par l’obstétricien vénézuélien Gregorio Rogelio Pérez comme étant l’appropriation du corps et des fonctions reproductives de la femme par le personnel médical, et qui se traduit par des traitements déshumanisés, la surutilisation de médicaments et la transformation d’un acte naturel en pathologie. Le danger est la banalisation de ces actes et le silence des femmes. C’est pour cette raison qu’il est important de parler d’accouchement respecté : pour que les femmes puissent reconnaitre ce qu’elles ont vécu et en parler avec d’autres femmes ; pour leur donner l’occasion de s’informer, de poser des questions et d’apporter des changements à leur prochain accouchement ; pour qu’elles reprennent le pouvoir qui leur est dû ; pour qu’elles reprennent confiance en leur corps et en leurs capacités de mettre au monde un enfant, de l’allaiter et d’en prendre soin. Et comme le dit si bien Ina May Gaskin, sagefemme pionnière aux États-Unis : « Peu importe où et comment vous avez l’intention de mettre au monde votre enfant, votre expérience aura des répercussions sur vos émotions, sur votre esprit, sur votre corps et sur votre âme pour le restant de vos jours. »

 

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Alors, parlons-en ! Cette année, le thème de la Semaine mondiale de l’accouchement respecté est « Ma décision, mon corps, mon bébé ». Au Québec, le regroupement Naissance-Renaissance met beaucoup d’efforts pour diffuser l’information et sensibiliser les femmes, principalement dans la région montréalaise, mais aussi en gardant des liens avec les régions via les différents médias sociaux. Vous pourrez suivre les activités de la semaine sur leur blogue Maternité et dignité et sur l’évènement Facebook La SMAR au Québec. Dans la région, mes consoeurs accompagnantes à la naissance et moi-même organiserons des soirées témoignages au Kamouraska et à Rivière-du-Loup. Consultez la page Facebook Groupe MAMAN – Communauté Bas-Saint-Laurent pour connaitre tous les détails. Je termine avec une citation du réputé Dr Michel Odent, chirurgien et obstétricien français, auteur de plusieurs livres et reconnu mondialement pour ses recherches sur l’amélioration des conditions d’accouchement des femmes : « Changer le monde, c’est d’abord changer la façon de naitre. »

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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