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La Rumeur en mission – Kamouraska, côté cool

fg

par FG – 28 juillet 2017, photos par Busque

On avait un sujet et un deal. Le sujet ? Un personnage folklorique du village de Kamouraska. Le deal ? Busque prend les photos, assume le transport et les faux frais, tandis que je torche un article de 800 mots. Belote ! Le sujet se désiste à 24 heures d’avis. Busque me relance : « T’aurais pas une autre idée de sujet trippant à Kamouraska ? » Il semble que le deal tient toujours.

 

« Depuis une couple d’années, lui dis-je, les échos du Fleuve rapportent l’émergence d’une nouvelle dynamique touristique à l’est du village emblématique » ; La Rumeur du Loup pourrait y faire une mission surprise pour voir ce qu’il en est. C’est vague comme départ, pas même le temps de faire du repérage, pas de contacts préliminaires, mais, à ma grande surprise, il acquiesce tout de go. Vendredi midi, on part en mission. Objectif : cerner le « côté cool » de Kamouraska. Méthode ? Deux gars, un char et improvisation pour le reste au gré de la visite de points cools répartis le long de la route 132, dans le corridor de collines zigzaguant magnifiquement entre Kamouraska et Saint-André. Journal de mission : le jour J est arrivé, Busque me cueille au lieu convenu. Pour assurer l’incognito, je me suis vêtu cool, mais comme il y a une génération entre nous, lui est fringué hyper cool.

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Premier arrêt à la microbrasserie Tête d’Allumette, il est précisément 13 h 57, heure Timex. Y’a foule en dedans comme en dehors. Élodie, une des propriétaires, est sur le plancher, mais elle n’aura pas le temps de nous rencontrer. Pas grave. Vautrés sur la terrasse ensoleillée en contemplant les iles d’en face et savourant l’un, une bière maison, l’autre un espresso bien tassé, on socialise avec les boumeurs de la table voisine. Partis de Montréal, ils ont choisi Kamouraska comme ils l’auraient fait pour Kennebunkport, si le huard avait été plus fort et Donald Trump un peu moins. Tendance bobo, ils découvrent eux-mêmes la bulle cool fleurissant sur le Chemin du Roy, au levant du pittoresque village. Leurs yeux brillent de plaisir comme lorsqu’un secret bien gardé se dévoile, comme un enfant devant un morceau de pyrite. Le paysage, le lieu et les produits qu’ils dégustent se conjuguent en une expérience de beauté, car c’est le mot qui revient sans cesse à leur bouche ravie.

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Second arrêt, Le Racoin, restaurant atypique : rebelote, les patrons sont absents ! S’ils y avaient été, peut-être n’aurions-nous pas connu Marie-Lou. Elle a grandi dans la capitale, puis elle est partie, en quête de la bonne vibration, de belles communautés de gens. Travaillant au Racoin depuis deux ans, elle s’y sent bien. La microbrasserie voisine leur fait-elle concurrence ? Nenni. C’est en apportant sa propre bouteille que le client du resto savoure des mets du terroir à la fois beaux dans l’assiette, bons pour le corps et pas trop chiants pour le portefeuille. Et où s’arrêtent ceux qui ont pris l’apéro sur la terrasse de tantôt ? Ensemble, les deux commerces s’échangent et multiplient les clients d’horizons variés. Le temps est beau, l’endroit aussi, on resterait bien un peu, mais il est déjà près de 15 h et la mission ne fait que débuter.

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Troisième arrêt, un peu plus loin, du même côté du chemin et toujours avec le Bas-du-Fleuve en pleine face, la discrète Rumeur-du-Loup-mobile se stationne devant les Jardins de la Mer. Claudie, son âme et elle-même à la source de bien des migrations réussies dans le coin, n’est pas là non plus. Bon, mettons qu’on la connait déjà un peu et que sa présence est palpable dans la jolie boutique ayant pris la relève de son vénérable autobus vert, aujourd’hui repaire et refuge de marginaux de passage. C’est Gabrielle qui nous reçoit. C’est plutôt vers l’ouest qu’elle montait, en partant du Bic, lorsqu’elle a posé son barda ici. Dans son sourire et dans sa voix, il y a encore plus de soleil qu’à l’extérieur, alors qu’elle parle de sa nouvelle patrie. Deux dames très dignes et d’un âge certain vont payer leurs herbes salées ; on reprend la route avec le gout de revenir. Busque s’est payé un truc végé, moi, je suis trop coincé pour oser y gouter.

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Quatrième arrêt à la SEBKA, où Pierre — le fondateur — s’engouffre dans un pick-up dès notre arrivée ; décidément ! On ne fera qu’un saut de puce, car le succès de ce centre de camping et de plein air n’est pas une nouvelle en soi. Avec un produit d’appel réputé comme les falaises d’escalade de parois rocheuses et les escapades en kayak de mer, la SEBKA est, avec la boulangerie Niemand, l’une des clés pour comprendre la vitalité touristique de Kamouraska dans le dernier quart de siècle. Il est déjà 16 h, le temps file à l’aveuglette.

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Lors du cinquième arrêt au restaurant Côté Est, la providence nous sourit enfin, car les deux associés — Perle et Kim — sont sur place et disponibles, quoiqu’à tour de rôle ; ici aussi, ça roule. Ils ne partagent pas que la même passion pour le beau, le bon, le vrai, ils partagent aussi leur vie. Tous deux ont travaillé à la boulangerie qui a remis Kamouraska sur la map et Denise, une des propriétaires, est la mère de Perle. Grâce à eux, on tient enfin le filon de la mission ! Souvent issus de secondes générations de précédents amoureux du beat de Kamouraska, ils ont vu naitre la bulle qui s’est développée autour du plein air, des paysages et des saveurs tirées des produits agricoles locaux. Eux et les potes de la Tête d’Allumette ont vécu ensemble la brève aventure de La Camarine, coopérative de table, d’artisanat et de culture emportée par les flammes, sans assurances adéquates. Ils ont beaucoup appris depuis. Il est passé 16 h 30 et Busque a d’autres engagements ce soir, alors la mission devrait en finir là. On a senti passer la bulle cool, pas de doute. On nous en a parlé aussi, de façon foutrement convaincante… séduisante, dirions-nous ? Mais il doit faire un stop à la nouvelle galerie d’art du carrefour, voisin de la poissonnerie où frétillent les clients. À nous d’être surpris par les oeuvres exposées dans l’attrayant parcours y menant, puis par les yeux de Camille, qui en a peint plusieurs et qui vient d’ouvrir boutique. Elle aussi est de cette génération qui semble s’être donné comme mission de réaliser à sa façon une partie des rêves de ses parents, dans l’esprit du rang Mississippi. Ils sont devenus producteurs de beauté, de gout et d’authenticité. Ça marche et attire plein de monde qui aime ça, des jeunes familles aux beatniks grisonnants. Vraiment cool. Au retour, on est tellement contaminés qu’on embarque Diane, de la première génération, puis Maxime et son gros chien noir Jimbo, dans une voiture déjà full pleine de caisses de revues et autres machins ; trop cool, le pitou !

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À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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