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dec45

La diversité

frankmalenfant

par Frank Malenfant

 

Ceci est un texte que j’ai livré le samedi 11 novembre dernier à Rimouski, lors du 2e Cabaret de la diversité, une initiative citoyenne tenue à bout de bras par l’entrepreneur social Lenine Nankassa Boucal et soutenue en bonne partie par des associations étudiantes, des organismes communautaires et Boucar Diouf. Ce’ st un événement haut en couleur auquel ja’ ime participer, et ja’ i écrit ce texte sur le coup de l’inspiration juste après m’être fait offrir une seconde participation.

 

J’ai envie que tu aimes mon pays comme je l’aime.
J’ai envie que tu te plaises à vivre au rythme de nos saisons.
J’ai envie de te montrer le fleuve qui colore mes étés.
J’ai envie que tu sentes la forêt quand les érables sont rouges.
Que la rigueur de l’hiver réchauffe ta chaumière.
Que tu vives la frénésie d’un été éphémère.
J’ai envie que tu aimes ma langue aux accents d’Amérique.
J’ai envie de partager notre histoire pour que tu te sentes ici chez toi.
J’ai envie que tu prennes le goût de notre culture, vivante et fière.
Qu’on se mange une poutine à la Saint-Jean-Baptiste,
Pour l’amour de notre pays trop souvent mis à mal.
Je n’ai pas peur de ta langue, car je suis fier de la mienne.
Apprends-moi en quelques mots.
Je n’ai pas peur de ta culture, car je connais bien la mienne.
Partage-moi un peu la tienne.
Je n’ai pas peur de ta foi, car elle n’a pas force de loi.
Dis-moi ce qu’elle t’apprend.
Je n’ai pas peur qu’on m’efface,
Parce que je ne veux pas qu’on t’efface.
Qu’on te fasse des faces pour mettre ta race à sa place.
J’ai besoin que tu puisses être qui tu es,
Pour que je puisse être qui je suis.
Personne n’effacera personne,
Tant que personne ne le pourra impunément.
Je ne t’assimilerai pas de force
Comme les colons l’ont fait aux Autochtones,
Comme les Anglais aux Français.
Je ne serai ni Colomb, ni Durham, ni Amherst, ni Macdonald.
Mon Québec, je le veux métissé serré.
Je veux ta couleur dans mon tissu social.
Mon pays est et restera libre.
Notre culture subsistera tant qu’on l’aimera assez pour la faire
aimer aux autres.
Et tu l’aimeras, parce que je l’aime et que je t’accueille chez moi.
Raconte-moi chez toi, fais-moi voir le monde à travers tes yeux.
Je ne veux pas que le prix pour entrer ici soit
d’oublier tes rêves, ta famille, tes racines.
Une nation fière est libre tant que son frère est libre.
Et si tu fuis l’horreur vers mon pays, soeur,
Je ne fais pas erreur, tu n’es pas l’envahisseur.
La haine nous entraîne dans les chaînes de la méfiance,
De la défiance qui gangrène notre existence et brise notre confiance.
Se garder à distance menace notre existence.
Que tes ancêtres soient venus à pied par Béring,
En galère pour la colonie,
En bateaux négriers ou en catastrophe pour fuir la guerre.
On ne va pas se boxer sur le ring,
Galérer pour des conneries,
Se battre et se dénigrer pour le compte d’une nostalgie
de naguère.
J’ai envie que tu aimes TON pays comme je l’aime.
J’ai envie qu’ON se plaise à vivre au rythme de nos saisons.
J’ai envie que tu t’attaches au fleuve qui colore mes étés.
J’ai envie que tu sentes la forêt quand les érables sont rouges.
J’ai besoin que tu puisses être qui tu es, pour que je puisse êter qui je suis.
Parce qu’ici, nous sommes libres d’être où nous sommes.
Parce qu’ici, nous sommes libres d’être comme nous sommes.

 

dec45

À propos Marie-Amélie Dubé

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