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La course pour tous : Une chaussure pour tous ?

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par Richard Roy. Pht, spécialiste en course à pied

 

Au cours de la dernière décennie, le retour de la chaussure minimaliste a fait couler beaucoup d’encre dans les blogues, les magazines et les livres de course. Toutefois, au cours des derniers mois, on dirait que le thème de la chaussure est devenu un peu tabou. Plus personne n’ose se mouiller sur la question de la « bonne » chaussure de course. En magasin, la chaussure minimaliste disparait sous le prétexte d’un trop grand nombre de blessures, et l’offre de chaussures ultra-maximalistes prend de l’ampleur. Est-ce le fruit de nouvelles découvertes scientifiques, ou le résultat du markéting?

 

Une chaussure pour tous?

 

Bien entendu, il n’existe aucune chaussure qui puisse plaire à tous les coureurs. C’est pour ça que sur la même ligne de départ, on pourra voir des Hoka One One ( épaisseur de semelle de plus de 35 mm ) côtoyer des Vibram Five Fingers ( 4 à 8 mm ). Chaque coureur jurera que sa chaussure est la meilleure et la plus confortable. Ici, chacun a droit à son opinion et à ses préférences, qui varieront selon les habitudes.

 

Que protège la chaussure?

 

Revenons à la base. La chaussure se porte sur le pied, mais dans quel but? Le protéger. Et c’est ce qu’elle fait, si et seulement si elle offre suffisamment d’espace pour tout le pied. Par exemple, une chaussure trop serrée à l’avant risquera de comprimer les orteils et de mener à leur déformation, ou encore aux ongles noirs. Chez une chaussure bien anatomiquement adaptée, le coussinage protègera sans doute les os du pied des impacts au sol. La semelle, peu importe son épaisseur, protègera la peau du pied contre l’abrasion, les cailloux et le verre brisé. L’élévation du talon contribuera à décharger un tendon d’Achille en tendinite aigüe, tandis que les supports pourraient potentiellement soutenir une arche plantaire affaissée suite à un changement aigu (blessure, fracture ou traumatisme), ou encore décharger un fascia plantaire enflammé. Ainsi, en cas de blessure aiguë au pied, la chaussure pourra jouer un rôle protecteur bénéfique. Mais qu’en est-il de la protection du reste du quadrant inférieur?

 

« Autrement dit, plus la chaussure est absorbante, plus l’impact articulaire sera grand. »

 

La protection totale

 

Il serait utopique de croire qu’une simple chaussure puisse protéger l’ensemble du membre inférieur. Comment cela pourrait-il être possible? Depuis quelques années, de nombreuses études s’accumulent à l’appui d’un effet directement proportionnel entre l’épaisseur du coussinage d’une chaussure et l’intensité de l’impact articulaire au genou, à la hanche et à la région lombaire. Autrement dit, plus la chaussure est absorbante, plus l’impact articulaire sera grand. Comment expliquer ce phénomène? Tout passe par le pied. Celui-ci est rempli de propriocepteurs, des petits organes qui envoient des signaux au reste du corps à propos de ce qui se passe entre le pied et le sol. Ainsi, moins il y aura d’interférence entre le pied et le sol, plus les propriocepteurs seront stimulés rapidement à transmettre les données en provenance du sol (dureté de la surface, cailloux, etc.) à l’ensemble du corps afin de lui permettre de développer ce qu’on appelle le comportement de modération d’impact (CMI). Le CMI permet aux membres inférieurs de modifier leur façon de travailler afin de diminuer le stress mécanique articulaire qui leur est imposé. En résumé, lorsqu’on pose le pied au sol en courant, le corps augmente la flexion du genou pour activer le « ressort » de la jambe, soit la chaine musculaire, le tout afin de protéger les articulations des membres inférieurs. Le mollet, le quadriceps et les fessiers se contractent pour leur part davantage pour absorber l’impact. À l’inverse, en présence d’un CMI déficient, souvent causé par une grande interférence entre le pied et le sol, on observe une diminution du travail musculaire dans l’absorption et, ainsi, un accroissement du stress mécanique au genou, à la hanche et à la région lombaire. Mais comment cela affecte-t-il le patron de course? À suivre le mois prochain…

 

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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