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La course pour tous : Une chaussure pour tous ?

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par Richard Roy, pht spécialiste en course à pied, photos de Patric Nadeau

 

Le mois dernier, nous avons vu comment le coussin de la chaussure pouvait influencer l’efficacité du comportement de modération d’impact (CMI). Plus une semelle est épaisse et absorbante, plus le CMI est limité et augmente le stress articulaire aux articulations des jambes, à la hanche et au bas du dos. À l’inverse, plus la chaussure est mince, plus elle accentue le CMI et accroit ainsi le travail musculaire au quadrant inférieur. Mais comment reconnaitre l’influence de son CMI sur son patron de course ?

 

 

Les effets de la chaussure sur le patron de course

 

En résumant l’éventail des études publiées sur le sujet à ce jour, nous pouvons conclure, pour la grande majorité des gens, qu’une chaussure maximaliste très coussinée aura tendance à amener une attaque au talon et une cadence plus lente, donc une augmentation du stress mécanique articulaire au genou, à la hanche et à la région lombaire. En créant une interférence entre le pied et le sol, la semelle agit comme un filtre qui diminue le travail des propriocepteurs du pied, masque l’effet de douleur que ressentirait le talon non protégé au sol et altère les stimulus régissant le CMI. À l’autre bout du spectre, la course pieds nus ou en chaussures minimalistes mène dans la plupart des cas à une attaque mi-pied ou avant-pied associée à une flexion plus importante du genou et une cadence plus élevée, qui favorisent l’absorption par les muscles de l’impact au sol. En augmentant le travail des propriocepteurs du pied, la chaussure minimaliste permet ainsi de développer un meilleur CMI, ce qui mène davantage le corps à s’autoprotéger des impacts au sol.

 

Quelles chaussures protègent le plus contre les blessures ?

 

Qu’on porte une chaussure minimaliste ou maximaliste, les risques de blessure sont relativement les mêmes pour le coureur. Les sites de douleur sont toutefois dif férents : la chaussure minimaliste met plus à risque les os du pied, le fascia plantaire, le tendon d’Achille et le mollet, tandis que la chaussure maximaliste rime davantage avec douleur au tibia, au genou, à la hanche et au bas du dos. Les études tendent toutefois à montrer qu’un coureur habitué à ses chaussures minimalistes sera moins à risque de se blesser qu’un coureur habitué à ses maximalistes. La chaussure parfaite assurant une protection totale n’existe donc pas, mais l’association de la chaussure minimaliste et de son port progressif constituerait le meilleur combo.

 

« La chaussure parfaite assurant une protection totale n’existe donc pas, mais l’association de la chaussure minimaliste et de son port progressif constituerait le meilleur combo. »

 

Garder ou changer sa chaussure

 

Si vous courez depuis des années avec le même type de chaussures et que vous n’êtes ni blessé, ni désireux d’accroitre vos performances, il n’y a aucune raison de changer votre formule gagnante. Si toutefois vous êtes blessé, ou encore si la même douleur revient inlassablement vous hanter, il peut être intéressant de mettre dans l’équation votre chaussure de course. Comment affecte-t-elle votre patron de course ? Vos douleurs sont-elles typiques de la gamme de chaussures à laquelle elle appartient ? Si vous décidez de passer à une autre catégorie de chaussures, prévoyez une transition graduelle afin de permettre une bonne adaptation de votre corps aux stress mécaniques induits par le nouveau CMI. Chez le coureur débutant, tout indique qu’une chaussure légère, près du sol et offrant un « fit » anatomique du pied permettra de développer le meilleur CMI possible. La même formule s’applique à la très grande majorité des enfants. En plein développement moteur, ceux-ci devraient principalement marcher pieds nus ou avec des chaussures dont la semelle est la plus mince et malléable possible.

 

Et si ce n’était pas la chaussure le problème ?

 

N’oubliez pas que la chaussure ne représente qu’une variable dans l’équation d’une blessure. Qu’en est-il de votre programme d’entrainement ? Des autres activités sportives que vous pratiquez en parallèle ? D’une ancienne blessure ? De votre alimentation ? De votre niveau de fatigue ? De la surface sur laquelle vous vous entrainez ? Que de belles pistes pour de prochains articles…

 

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Un commentaire

  1. Les femmes ont tendance tre plus l g res que les hommes. Comme les coussinets des chaussures de course ont toujours t con us avec un poids d’homme en t te, les coussinets d’amorti sont souvent trop denses pour les femmes.

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