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mars22

Harcèlement psychologique au travail… Ça se peut-tu que ça soit ça ?

mars23

Par Marie-Claude Joannis – Travailleuse sociale

FORMATION :
Le harcèlement psychologique en milieu de travail
3 avril 2018
9 h à 16 h 30 à Rivière-du-Loup
CONFÉRENCE :
Le harcèlement psychologique en milieu de travail
5 avril 2018
19 h à 21 h à Rivière-du-Loup
INFORMATIONS ET INSCRIPTIONS
mcjoannis@renaitre.ca
Facebook : Marie-Claude Joannis, TS

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Mettre des mots sur l’intangible, c’est ça porter plainte pour harcèlement psychologique. Ça commence sournoisement : des remarques blessantes, des farces plates qui laissent un goût amer, on omet de vous inviter à un dîner entre collègues, la conversation change quand vous arrivez, ou encore, vos conditions de travail changent continuellement et on vous reproche de ne pas vous adapter. Vous vous faites une carapace et vous vous dites qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, que des conflits au travail, c’est normal. Erreur. Le harcèlement psychologique, ce n’est pas un conflit, c’est une prise de pouvoir sur l’autre, un dénigrement qui vise à l’écraser psychologiquement. Et malheureusement, ce phénomène fait des ravages au Québec : 14,8 % de la population en serait affectée (IRSST, 2011). Pourtant, en moyenne, seulement 2 300 plaintes par année sont déposées à la Commission des normes du travail du Québec. Ce n’est évidemment que la pointe de l’iceberg. Dans les faits, la majorité des employés malmenés psychologiquement résistent sans en parler à leur supérieur jusqu’à s’en rendre malade : 36,5 % vivent de la détresse psychologique, 19,6 % font une dépression, 31,9 % développent d’importants problèmes musculo-squelettiques (IRSST, 2011). Conséquemment, plusieurs travailleurs harcelés cumulent les congés de maladie et finissent par donner leur démission afin de sauver leur peau.

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Il est grand temps de sortir ce phénomène de l’ombre pour redonner de la lumière aux victimes et rendre plus sains nos milieux de travail. Parce que bien qu’insidieux, le harcèlement psychologique est une problématique qui se prévient, s’observe, se documente, se dénonce et se règle. Heureusement, depuis 2004, le Québec a modifié la Loi sur les normes du travail, non seulement pour s’assurer que les victimes de harcèlement psychologique aient un recours, mais en établissant clairement le droit pour tous les salariés à un milieu de travail sans violence psychologique. Concrètement, l’employeur doit prendre toutes les mesures raisonnables pour prévenir le harcèlement moral de ses employés et faire cesser l’intimidation qui est portée à sa connaissance. La même législation s’applique pour les employés syndiqués, mais ils doivent passer par voie de grief syndical pour porter plainte. Alors, maintenant qu’on peut en parler ouvertement avec son employeur et qu’il a l’obligation d’agir, pourquoi y a-t-il encore autant de ce climat toxique dans les milieux de travail ? Force est de constater qu’il reste beaucoup d’éducation à faire pour que les employés, syndicats et responsables des ressources humaines soient mieux outillés pour y faire face, et pour cause ! Détecter, comprendre les situations de harcèlement psychologique et intervenir dans celles-ci est complexe, car cela demande de saisir tous les mécanismes de violence psychologique, demande beaucoup de rigueur et une bonne expertise en gestion des ressources humaines lors des situations de crise. Concrètement, le harcèlement psychologique prend plusieurs formes : propos et gestes vexatoires, atteintes aux conditions de travail, menaces de congédiement, mise en échec de la personne, isolement, accusations, dénigrements, intimidation, surveillance excessive, refus de communiquer, atteinte à la réputation ou à la dignité, injonctions contradictoires, discrimination et même atteinte à la vie, menace à l’intégrité physique et propos à caractère sexuel (Brun, 2006). Et attention, qu’on ne vous serve pas le discours de la saine gestion et du droit de gérance si vous faites face à de tels comportements de la part de votre supérieur. Un patron exigeant (mais juste) critiquera de façon concrète votre performance au travail, mais ne s’en prendra jamais à votre personne en essayant de vous déstabiliser ou de vous discréditer.

Que vous soyez employeur, victime ou témoin de harcèlement psychologique, commencez dès maintenant à noter chaque élément de violence psychologique observé en écrivant la date, le lieu, les gestes ou propos exacts qui ont été commis, de même que les personnes présentes au moment des faits. Surtout, ne restez pas seul. Votre silence, votre isolement et votre inaction sont les meilleures armes du harceleur, et le pire ennemi de votre santé mentale. Parlez-en à vos amis, à votre syndicat, à un professionnel de la santé, utilisez votre programme d’aide aux employés ou appelez le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC). Surtout, ayez toujours en tête que ce n’est pas votre faute, que de tels comportements ne sont pas acceptables et que de l’aide professionnelle existe.

 

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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