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jan59

Fusion ON|QS

frankmalenfant

par Frank Malenfant – Illustration par Marilie Bilodeau

 

Accompagné de quelques amis militants, j’ai participé le 10 décembre dernier au congrès extraordinaire d’Option nationale. À l’ordre du jour : la fusion avec Québec solidaire afin qu’ Option nationale devienne un collectif au sein du parti de gauche, plus que jamais affirmé dans ses convictions indépendantistes après avoir accepté l’entente de principe à plus de 80 %.

L’ambiance qui régnait dans la salle était tendue. Un congrès politique est pour les militants une espèce de parc d’attraction où l’on peut rencontrer les personnes les plus inspirantes de son réseau social et se goinfrer de discussions politiques et stratégiques comme on peut rarement le faire ailleurs. Cependant, cette fois, c’était de la fin d’Option nationale en tant que parti politique dont il était question. De quoi animer les débats et les appréhensions. La table avait déjà été mise sur les médias sociaux, le camp du non mettait les militants en garde contre « l’annexion » du parti par un parti d’extrême gauche, les positions floues sur l’indépendance défendues auparavant par Québec solidaire et l’absence de garantie claire que Québec solidaire respectera l’entente de principe à long terme. De l’autre côté, il y avait l’espoir. La fierté pour un si petit parti politique d’avoir eu tant d’impact sur la politique depuis sa formation par Jean-Martin Aussant. Il y avait l’enthousiasme généré par un si fort appui des membres de Québec solidaire aux concessions incluses dans l’entente de principe, dont un renversement de position sur le controversé débat de la constituante avec ou sans mandat indépendantiste. Il y avait aussi la confiance, la confiance qu’une équipe aussi exceptionnelle que celle d’Option nationale sache bien tirer son épingle du jeu chez QS malgré qu’il n’y ait jamais rien de garanti en politique et en démocratie. On sentait aussi palpable l’angoisse du deuil à venir, et le constat réaliste qu’Option nationale pourrait ne pas survivre plusieurs élections. Le congrès a commencé tel qu’on pouvait s’y attendre, par un grand nombre de rappels au règlement et de point de privilèges soulevés par les gens s’opposant à la tenue du congrès. Avant le début des débats, qui se sont tenus à huis clos à la demande d’un membre opposé à la fusion, un peu plus d’une quarantaine de membres du parti ont claqué la porte, prétextant un possible noyautage du congrès rendu possible par une échéance tardive de la vente de cartes de membre en vue du congrès. Les moyens déployés étaient bien à la mesure de la taille de l’enjeu qui allait être débattu par les quelque 250 congressistes restants.

 

« 90,7 % en faveur de la fusion. »

jan59

Une greffe de coeur pour l’indépendance
Le résultat du vote secret a été sans équivoque : 90,7 % en faveur de la fusion. La foule, abasourdie par un résultat aussi clair, s’est levée pour applaudir, ressentant à la fois la fierté, la pression et le deuil. Se lancer ainsi dans une nouvelle aventure, malgré tout le potentiel en faveur de ce choix, est une décision angoissante qui pose sur les épaules de tous les indépendantistes progressistes du parti une nouvelle et importante responsabilité : assurer le succès de l’entreprise de fusion afin que la cause indépendantiste sorte gagnante de cette décision. En politique, surtout lorsqu’on n’est pas un parti multimillionnaire avec une base immuable, c’est l’énergie et le travail acharné des membres qui fait foi de tout. Et les militants onistes le savent, l’aventure ne fait que commencer et ce sont eux, ceux qui ont le courage de mettre leurs bottes sur le terrain pour leur cause, qui tiennent l’immense responsabilité de tirer le maximum de cette opportunité au bénéfice de la lutte indépendantiste. Aujourd’hui, Québec solidaire possède une plateforme politique alignée avec la feuille de route du OUI-Québec, initiative dans laquelle les onistes avaient investi beaucoup d’efforts. Ce n’est pas rien ! Québec solidaire, obligé au vote de ses membres qui souhaitaient laisser un maximum de liberté à son assemblée constituante avant qu’il en soit question à la table du OUI-Québec, n’avait pas pu avant cette fusion revoir sa position afin de se conformer aux conditions auxquelles s’était trop vite engagé Andrés Fontecilla. Il faut désormais espérer que les concessions de Québec solidaire et son affirmation indépendantiste sans équivoque permettent enfin aux indépendantistes de toutes formations de revenir à la feuille de route sur laquelle ils s’étaient entendus afin de faire enfin primer l’intérêt de la patrie avant celle du parti. Mais bon, assez de souhaits, assez de paroles, il est désormais venu le temps d’agir. Parce qu’on peut bien souhaiter, l’histoire ne se fait pas toute seule. Et nous devons aujourd’hui, à la suite de la fusion de deux partis indépendantistes, profiter de la lancée pour faire avancer le Québec vers son projet de pays démocratique, libre, et solidaire.

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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