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Espace-Bois, faire du beau avec du vieux

par Marie-Amélie, collaboration de Geneviève Malenfant-Robichaud

 

Située à Saint-Pascal sur la rue l’Amitié, Espace-Bois est une entreprise de création, construction et rénovation. Son objectif, et sa marque de commerce, est de valoriser les matériaux anciens (portes, poutres et bois de grange gris, noir et doré, brun naturel) afin de les intégrer à votre environnement pour vivifier et enjoliver votre quotidien.

 

 

« En fait, ça a commencé à Saint-Germain, sur le rang 2 Est. Je te dirais même que ça a commencé au tout début sur la galerie chez nous en train de faire des meubles, sabler et préparer des petites commandes. Après, on a été locataires. Puis, on est rendu à Saint-Pascal, on a acheté une bâtisse là-bas. On a développé cet intérêt-là en construisant nous-mêmes nos projets personnels puis, on s’est dit : “C’est beau, il y a de quoi à faire avec ça, on pourrait essayer d’en faire une entreprise.” », nous raconte en entrevue Guillaume Ouellet, copropriétaire avec Vincent Bouchard, respectivement travailleur social et géographe de formation. En deux ans seulement, ils ont développé une offre variée allant de la création de cuisines et de salles de bain sur mesure, à la rénovation et construction d’escaliers, et à la vente de matériaux. Un partenariat avec Miralis, une entreprise de Rimouski spécialisée en cuisines haut de gamme, les distingue d’ailleurs. Bien qu’il s’agisse d’une niche marginale, accessible financièrement qu’à une petite portion de la population, la demande est grandissante auprès d’Espace-Bois. Sa clientèle est constituée à 80 % de jeunes professionnels ou de retraités de Québec et Montréal.

 

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La Rumeur du Loup : Vous réutilisez du bois de grange. Est-ce que vous réutilisez aussi d’autres matériaux ou exclusivement du bois de grange ?

 

Espace-Bois : Non, pas seulement du bois de grange. Il faut aussi mentionner que, dans le bois de grange, il n’y a pas juste le bois de grange, mais aussi tout ce qu’on trouve dans une grange. Il y a de la planche grise, de la planche brune, du madrier, du pièce-sur-pièce, des poutres, des racines (il y avait des équerres pour solidifier la charpente qui étaient faites avec des racines d’arbres), de la planche de bois, même de la tôle qui était sur le toit. On fait différents projets avec tous ces types de matériaux. Il y a aussi les allées de quilles, entre autres, parce qu’on a acheté une ancienne salle de quilles.

 

R.L. : Oui, l’ancienne salle de quilles de Saint-Pascal, c’est exact ?

 

E.B. : Oui, c’est ça. Avec ces matériaux, on peut faire des comptoirs, des vanités, différents types de meubles qui nécessitent d’avoir du bois franc.

 

R.L. : Est-ce que vos productions sont exclusivement faites à partir de matériaux recyclés ?

 

E.B. : Non, on travaille aussi le bois neuf. On a fait différents projets. On peut faire ce que n’importe quel ébéniste ferait en bois neuf. C’est sûr que notre signature à nous, c’est le bois récupéré, mais on peut faire aussi des escaliers en bois neuf, des vanités, des tables, etc. On travaille beaucoup avec l’érable, le noyer, le merisier… Des essences principalement québécoises. On ne veut pas importer du bois qui provient de la déforestation massive dans d’autres pays.

 

R.L. : Comment fonctionne votre approvisionnement ? Est-ce que les gens vous appellent pour vous dire qu’ils ont une grange à défaire ?

 

E.B. : On a commencé en nous approvisionnant nous-mêmes, en allant déconstruire des granges, en se montant un inventaire dans un local pour pouvoir le travailler par la suite. Maintenant, on achète de gens qui ont démonté eux-mêmes les granges. On a différents fournisseurs. Ça peut être autant un homme dans le fond de la Beauce qui a démonté sa grange qu’un fournisseur sérieux avec un entrepôt plus commercial. En gros, on a différents fournisseurs et on ne démonte plus, on achète.

 

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R.L. : Comme les matériaux sont recyclés, est-ce qu’on paie moins cher parce que vous achetez en gros ou est-ce que c’est équivalent parce qu’il vous faut transformer ou traiter les matériaux ?

 

E.B. : Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça revient effectivement plus cher de travailler avec des matériaux recyclés parce qu’ils sont plus rares, plus difficiles à trouver et qu’ils demandent plus de manipulations. Le vieux bois n’est pas toujours droit, il peut y avoir des clous, il faut le nettoyer, le traiter. Il demande plus de travail de manipulation, de machines, ce qui finit par coûter plus cher que le bois neuf, à moins de parler d’espèces de bois neuf extrêmement rares. Sinon, pour donner un comparatif, on va s’approvisionner en bois neuf entre 2 et 6 $ le pied carré. Nous vendons notre bois de grange brute à 4 $ le pied carré et 6 $ pour le bois travaillé.

 

R.L. : Donc, vous vendez aussi le bois, vous ne faites pas seulement des rénovations, des projets ou des meubles, c’est exact ?

 

E.B. : On le vend aussi au pied carré, soit brut ou travaillé.

 

R.L. : Quelles sont les modifications ou les transformations que vous devez faire à ce bois quand il arrive pour le rendre utilisable ?

 

E.B. : Ça dépend du bois. Celui qui a été en contact avec les animaux va être lavé au boyau à pression avec un peu d’eau de Javel pour le nettoyer. Les planches grises de l’extérieur n’auront pas nécessairement besoin de ce traitement.

 

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R.L. : Qu’en est-il des insectes ?

 

E.B. : On est en train de développer quelque chose pour traiter l’ensemble du bois de la manière la plus naturelle possible, parce que c’est un peu embêtant de vendre un produit naturel, mais de mettre de l’insecticide dessus. Ça me dérange un peu d’avoir à mettre des produits chimiques dessus. On développe quelque chose soit par ignifugation ou en chauffant à très haute température ou autre chose de très naturel, mais qui va offrir une garantie contre les insectes.

 

R.L. : Au point de vue de la durabilité de ces matériaux, est-ce qu’on peut penser, comme ils ont déjà une vie de plusieurs années, qu’ils sont moins durables ou est-ce qu’avec les traitements que vous faites, vous leur assurez une longue vie ?

 

E.B. : Il y a une sélection vraiment méticuleuse très importante à la base pour que les matériaux qu’on utilise soient des matériaux beaux et très sains aussi. Il n’y a pas du tout de problème en ce qui concerne la durabilité de nos meubles, en raison de cette sélection, mais aussi parce qu’on applique un produit de finition qui va très bien les protéger. Par exemple, avec du bois de grange, on peut faire une vanité de salle de bain sur laquelle il y aura seulement des produits naturels, des huiles, et qui sera aussi durable qu’une autre vanité qui aurait été faite avec du bois neuf.

 

R.L. : Quelles sortes d’huiles utilisez-vous ?

 

E.B. : On a plusieurs fournisseurs. On travaille avec Tracoverde, Libose, Écosélection. On travaille à l’occasion avec certains vernis pour certains projets. On travaille avec des laques. On travaille avec de l’époxy un peu. Des fois, avec certaines peintures aussi. Ça dépend beaucoup des projets.

 

R.L. : Pensez-vous qu’à moyen terme, il pourrait y avoir une rareté de ces matériaux ?

 

E.B. : Oui, mais cette fin risque d’arriver un peu plus tard qu’on le pense parce qu’il y a quand même beaucoup de bâtiments. C’est un peu pour cette raison qu’on diversifie notre offre aussi. Si demain matin le bois de grange tombe, Esbace-Bois va rester debout. On développe de plus en plus d’autres choses. Le bois va toujours rester là et a toujours été là. Oui, éventuellement, le bois de grange va être de plus en plus rare, de plus en plus cher, mais, d’ici ce temps-là, nous allons avoir développé de nouveaux produits. Nous allons pouvoir poursuivre nos activités parce que nous nous serons adaptés.

 

Pour plus d’information sur Espace-Bois, consultez le site Web : www.espace-bois.ca

 

 

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À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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