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Entrevue avec Thomas Mulcair – la Rumeur du Loup
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Entrevue avec Thomas Mulcair

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Par Mathieu Dumulon-Lauzière, photos par Busque

Il y a quelques semaines, la Rumeur du Loup a eu l’opportunité de discuter avec le chef du NPD. Thomas Mulcair était de passage à Rivière-du-Loup et nous en avons profité afin de lui poser quelques questions à propos des élections qui arrivent à grands pas et de ce que sa formation politique peut offrir à la région.

Mathieu Dumulon-Lauzière : En 2012, vous avez commencé un changement au niveau des racines du NPD, vous avez tranquillement commencé à le diriger vers le centre. Trois ans plus tard, est-ce que la manœuvre a porté ses fruits ?

T. M. : Je ne pense pas que qui que ce soit qui regarde ce qu’on fait objectivement depuis trois ans dirait cela. Moi, ce que je voulais qu’on devienne, c’est un parti qui peut aspirer à former un gouvernement. Ma plus récente proposition, par exemple, de nous attaquer aux privilèges des gens qui détiennent des options pour acheter des actions dans les sociétés, ce qui est une astuce qui permet aux PDG des grandes compagnies de toucher des millions de dollars sans payer leur juste part d’impôt, en est une qui nous amène vers le centre.

Je suis le seul chef de parti à Ottawa qui parle d’augmenter aussi l’impôt des compagnies. Les compagnies majeures au Canada ont bénéficié de 50 milliards de dollars de réduction d’impôt, et messieurs Harper et Trudeau garderaient cela exactement comme c’est. Je suis en train de proposer un salaire minimum à 15 $ l’heure, ce qui est tout sauf une mesure qui nous amène vers le centre. Nous sommes en train d’expliquer aux gens que nous pouvons être résolument sociaux-démocrates, que nous pouvons avoir des idées très progressistes, mais que nous pouvons espérer former un gouvernement parce que les Canadiens sont progressistes.

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M. D-L. : En 2011, le NPD a été propulsé à l’opposition officielle pour la première fois de son histoire avec une équipe majoritairement néophyte. On a eu tendance à croire à l’effet Jack Layton. Est-ce que le NPD a réellement réussi à connecter au cours des quatre dernières années avec la réalité progressiste du peuple québécois ?

T. M. : C’est très bien posé comme question et je crois sincèrement que oui. Je voyage souvent à travers la province. Hier, j’étais à Rimouski avec Guy Caron, qui est très solidement enraciné dans sa circonscription. Rappelons les trois exemples locaux que nous avons ici : Philip Toone en Gaspésie, Guy Caron à Rimouski et François Lapointe ici, à Montmagny-L’Islet-Kamouraska- Rivière-du-Loup, sont trois personnes qui s’étaient déjà présentées avec nous avant l’élection de 2011. Nous avons appris, nous avons sollicité, nous avons recruté. Philip Toone était dans le parti depuis une vingtaine d’années et il s’agissait des cinquièmes élections pour Guy Caron en 2011. Il était connu.

Hier soir, j’étais avec lui à Rimouski. Il y avait des gens qui l’aidaient dans une soirée similaire à celle- ci, des gens de mouvements syndicaux, de groupes communautaires, du milieu de l’éducation. Il a un fort appui du milieu. Ce sont trois exemples locaux qui ne sont pas des exemples de gens qui ont été portés par une vague.

Par contre oui, il y a beaucoup de gens qui ont été portés par la vague orange en 2011. Si on regarde les cas classiques comme Ruth Ellen Brosseau qui était souvent pointée du doigt pour un dorénavant célèbre voyage qu’elle avait fait. C’est une mère monoparentale qui avait payé un voyage qui tombe à cette date, que personne ne pouvait connaître à l’avance. Aujourd’hui, vous allez dans son comté de Berthier — Maskinongé et vous demandez aux groupes communautaires, vous demandez aux élus municipaux, vous demandez aux gens de l’éducation ce qu’ils pensent de Ruth Ellen. Elle va être réélue haut la main. C’est l’exemple d’une personne qui a travaillé fort depuis quatre ans pour bien s’enraciner, faire tout ce qu’il faut pour être très présente dans son milieu, faire le financement qu’il faut pour faire une vraie campagne électorale, faire le travail, de bâtir une équipe locale avec des membres. Tout cela est en train d’être réalisé à travers le Québec.

Regardez les autres vagues qui ont eu lieu, la vague de Mulroney qui a commencé en 1984 et dont le gouvernement a été réélu en 1988, la vague de Chrétien, élu et réélu, et la vague du Bloc, qui a fait ses deux mandats avec une très forte proportion de sièges au Québec. Dans tous ces cas, le modèle avait tendance à se répéter parce que les gens avaient eu le temps de connecter avec leur député et c’est précisément ce que nous ressentons sur le terrain ici au Québec et dans le reste du Canada. Nous sommes en train de faire ce qu’il faut.

M. D-L. : Les mesures que vous avez mentionnées plus tôt font peut-être écho un peu plus au Québec où les mesures d’austérité du gouvernement Couillard sont présentement contestées, mais est-ce que cette approche est aussi valide pour le reste du Canada ?

T. M. : Je vais retourner en Colombie- Britannique pour la troisième fois en quatre semaines ce week-end. Nos chiffres sont extrêmement solides et nous recrutons des candidats solides en Colombie-Britannique. En Alberta, il y a une élection provinciale en cours, attendez de voir. Sondage après sondage, on disait que nous étions en première place dans toute la région d’Edmonton, la ville la plus importante. En Saskatchewan, avec la nouvelle découpure de la carte, c’est de bon augure pour nous et nous avons encore recruté des candidats de très haut niveau, de très bons profils. Au Manitoba, ça va être un défi, mais nous avons deux très bons députés et nous espérons ajouter d’autres candidats de qualité. Le Nouveau Parti démocratique du Manitoba est au pouvoir au provincial depuis quatre mandats majoritaires de suite, ça rend peut-être les choses un peu plus complexes, mais je compte quand même beaucoup sur les bons députés que nous avons : Niki Ashton, qui est responsable des affaires autochtones, et Pat Martin, qui est un extraordinaire ancien président du syndicat des menuisiers dans cette province, un gars super solide. On va essayer d’en ajouter à cette équipe.

Pour ce qui est de l’Ontario, une vraie grosse bataille en Ontario, 120 sièges ! Pensez à cela une seconde, 120 sièges ! Le Québec en a 78. 120 sièges, c’est énorme. La grande région de Toronto a presque 55 sièges. Alors, vous pouvez vous imaginer le poids. J’y vais très régulièrement. Depuis le début de l’année, j’y suis déjà allé une dizaine de fois. On travaille fort. On a déjà une vingtaine de députés très compétents.

La région de l’Atlantique est compliquée, mais on a des députés dans chaque province : un au Nouveau-Brunswick, trois en Nouvelle-Écosse et deux à Terre- Neuve-et-Labrador. C’est une bonne base sur laquelle on va travailler très fort. Tout ça pour dire qu’avec trois fois plus de sièges que les libéraux, nous sommes les seuls qui peuvent battre Stephen Harper. On va porter ce message aussi parce que les gens veulent qu’on se débarrasse de Stephen Harper et c’est ma toute première préoccupation, c’est de le sortir de là.

M. D-L. : Vous venez de mentionner le poids politique de l’Ontario, celui du Québec, même celui de l’Ouest canadien. Comment un électeur de Rivière-du-Loup peut-il faire pour ne pas avoir l’impression d’être oublié lorsqu’il ira dans l’isoloir en octobre prochain ?

T. M. : Il faut que cette personne qui ne veut pas être oubliée ne s’oublie pas elle-même. Ce que je veux dire par là, c’est qu’en 2011, la campagne électorale des conservateurs au Québec se résumait à une phrase : « Notre région au pouvoir ».

La réalité, c’est que c’est devenu « Notre région oubliée ». Le Bas-du- Fleuve n’est qu’un exemple de plus de cette lassitude, de cette négligence complètement téméraire pour l’avenir de toute une région. Nous avons des gens solides comme François Lapointe qui vont se retrousser les manches et, le 20 octobre, après avoir formé un gouvernement, vont se mettre au travail sans relâche pour leur région et pour les gens de leur région. Il y a des richesses insoupçonnées ici. Quand j’étais le ministre du Développement durable et de l’Environnement, beaucoup des idées maîtresses venaient de cette région. Cet après-midi, j’ai visité une usine absolument extraordinaire de biométhanisation qui est la plus avant-gardiste en Amérique

du Nord. Ça, c’est votre région, c’est ici à Rivière-du-Loup. Ça prend des gens avec du courage et de la détermination pour monter une usine de la sorte, et vous pouvez en être très fiers. Je peux vous garantir, avec ce que je connais en environnement et en gestion des matières résiduelles, que ce service, qui est à la fois public et privé, va être vendu partout en Amérique du Nord. Ce sont des précurseurs. C’est incroyable ce qu’ils sont en train de réussir.

Moi, je pense qu’il y a tout ce qu’il faut dans cette région pour bien réussir. Tout ce que ça prend, c’est un partenaire fiable au gouvernement fédéral, et le NPD souhaite être ce partenaire fiable.

M. D-L. : Donc, Rivière-du-Loup a peut- être besoin du NPD, mais est-ce que le NPD a besoin de Rivière-du-Loup ?

T. M. : Le NPD a besoin d’appuis de partout au Québec et de l’ensemble du Canada. C’est pour cela que nous travaillons à ce que les gens réalisent qu’ils peuvent réellement regarder le NPD comme un partenaire et savoir que nous allons être là. J’ai la réputation de me tenir debout et de ne jamais dire une chose avant les élections puis de faire autre chose après.

L’historique des libéraux, c’est de « flasher » à gauche et de tourner à droite une fois élu. Les conservateurs, ils ne s’en cachent même pas, le Canada est le seul pays au monde à s’être retiré du protocole de Kyoto. Je n’aimerais rien de mieux, au mois de décembre, comme premier ministre du Canada, que mon premier geste à l’international soit d’assister à la Conférence des parties pour le protocole de Kyoto et de remettre le Canada en place pour travailler avec le monde et qu’on arrête de travailler contre la planète. Grâce à Rivière-du-Loup, grâce à l’ensemble du Québec et grâce à nos appuis dans le centre du Canada, je suis persuadé que nous y arriverons.

 

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