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Entrevue avec Richard Forget : Un maire qui innove – la Rumeur du Loup
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Entrevue avec Richard Forget : Un maire qui innove

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par Busque

 

Busque : Monsieur Forget, vous êtes le maire de la municipalité de Lantier. Pourriez-vous nous dire depuis combien de temps vous préparez le Festival des minimaisons ?

 
Richard Forget : Il s’agit du premier festival de minimaisons à Lantier. Cet hiver, tranquillement, nous avons commencé à nous faire parler de faire un festival et je pense que c’est une réussite à ce jour.

 
B. : Est-ce que des gens vous ont approché pour faire ce festival ou bien est-ce une initiative de la municipalité ?

 
R.F. : Ce sont les promoteurs du site Les Hameaux de la source qui ont eu l’idée de faire ce festival des minimaisons pour promouvoir le développement des petites maisons écologiques.

 
B. : Dans bien des endroits du Québec, les règlements ne sont, pour le moment, pas adaptés pour que les gens puissent s’installer avec des minimaisons. Ici, à Lantier, avez-vous apporté des changements à vos règlements d’urbanisme ?

 
R.F. : Nous étions dans notre changement quinquennal des règlementations. Monsieur Stewart s’est présenté avec le projet, puis nous avons embarqué. Nous trouvions que, pour une municipalité de 850 habitants comme la nôtre, c’était le meilleur moyen de grossir la population résidente. Nous avons changé nos règlements de lotissement et de zonage, nous avons fait une zone de maisons écologiques et, de fil en aiguille, le projet a pris forme. Nous sommes très fiers des résultats.

 

 

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B. : Où avez-vous pris vos règlements ?

 
R.F. : Il a fallu faire nos propres règlements avec une firme d’urbanisme et expliquer notre vision des choses pour pouvoir adapter les règlements précis pour les minimaisons.

 
B. : Donc, quelqu’un qui voudrait s’installer à Lantier avec une minimaison paierait des taxes municipales, c’est exact ?

 
R.F. : Exactement, mais beaucoup moins qu’avec une maison traditionnelle.

 
B. : Où peuvent-ils acheter un terrain ?

 
R.F. : Il y a environ 200 terrains disponibles sur Les Hameaux de la source, en hameaux de six maisons. Il y a un puits communautaire pour six maisons et une fosse septique avec champ d’épuration pour chaque maison. Si les gens veulent de l’électricité avec Hydro-Québec, ils y auront accès par câblage sous-terrain. Pour les autres, il y a la possibilité des panneaux solaires avec accumulateurs. Tout est possible !

 
B. : Pourquoi invitez-vous les gens à venir dans des minimaisons dans votre village ?

 
R.F. : Au départ, le concept de la minimaison, c’est l’accessibilité, la possibilité pour les jeunes d’être propriétaires de leur maison. Aujourd’hui, les maisons n’ont plus de prix. Quand on parle d’une maison unifamiliale ordinaire, ça tourne autour de 225 000 ou 250 000 $. Il n’y a pas un jeune couple qui peut se permettre ça. Même les jeunes retraités veulent réduire leurs dépenses. C’est le meilleur moyen de garder son argent pour vivre, pas juste pour subsister. Je trouvais que c’était la meilleure façon d’aider nos jeunes à bien partir dans la vie.

 
B. : Qu’est-ce que nos maires peuvent faire pour rendre nos municipalités accessibles aux minimaisons ?

 
R.F. : Ils peuvent adapter une partie de leur territoire aux minimaisons, comme on l’a fait. Créer un genre de quartier. C’est le conseil municipal qui va lancer le projet et qui va demander aussi les changements de règlementation. Au départ, il y a plusieurs municipalités qui regardent ça de loin. Ils se disent que c’est des minimaisons, donc moins de revenus des taxes. Entre vous et moi, j’aime mieux avoir 200 minimaisons que d’avoir cinq maisons à 400 000 ou 500 000 $. Cinq maisons, c’est douze à quinze personnes, tandis que 200 minimaisons, c’est 400 personnes qui viennent donner de la vie au village. Pour un village comme le nôtre, nous avons besoin de gens, des jeunes personnes, des travailleurs autonomes, des travailleurs qualifiés. Nous sommes l’une des premières municipalités dans les Laurentides à donner l’accès à Internet haute vitesse à l’ensemble de la municipalité. Nous avons attiré des travailleurs autonomes grâce à cela, parce qu’ils peuvent travailler à partir de chez eux. Aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui travaillent à partir de la maison. Notre territoire est axé sur le plein air et sur l’environnement. En 2009, nous avons remporté le Phénix de l’environnement pour notre règlementation concernant les berges. Aussitôt que nous avons passé la règlementation, toutes les autres municipalités nous ont appelés pour avoir notre règlement.

 
B. : Est-ce possible d’obtenir une copie de votre règlement concernant les minimaisons ?

 
R.F. : Oui, si vous passez au bureau municipal, vous pourrez en obtenir une copie.

 
B. : En tant que citoyens, pouvons-nous mettre de la pression pour accélérer le processus dans les autres municipalités ?

 
R.F. : Je croirais que oui. C’est un peu logique. Nous sommes 850 personnes résidentes à l’année, même si le chiffre triple en saison estivale. À 850 résidents, les investisseurs ne sont pas intéressés d’ouvrir un dépanneur ni une boucherie. Si l’on augmente notre nombre à 1200, même si ces citoyens habitent une minimaison, il faut qu’ils consomment. Oui, il y aura des jardins communautaires, mais ils ont besoin d’autres choses. C’est à ce moment que les investisseurs voudront venir ouvrir un magasin général ou une boucherie.

 
B. : Dans le village où j’habite, je sens que certains acteurs ne sont pas intéressés par ces petites maisons et qu’ils vont bloquer les projets ou bien les remettre en question pour les ralentir. Qu’auriez-vous à leur dire ?

 
R.F. : On recule dans les années 1970. Ils ont l’impression que ça va être une commune, que ça va être à part comme une sorte de ghetto. Non, l’engouement pour les minimaisons, ce n’est pas qu’une classe de personnes, c’est dans toutes les classes de personnes, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes. Les gens sont tannés d’être à la cenne près. Ils veulent vivre.

 
B. : À voir le nombre de personnes qu’il y a ici, les gens souhaitent certainement en savoir plus.

 
R.F. : Certainement. Ça nous donne un élan. Les gens connaissent Lantier maintenant. Nous travaillons actuellement sur un projet commercial en face de l’église. Nous avons acheté un terrain et nous sommes en train de le préparer. Grâce à cet engouement, nous aurons de la viande pour attirer des investisseurs. Nous sommes en train de travailler pour nous créer un nouveau noyau. Ici, il y a 20 ou 25 ans, il y avait une boucherie, un marché, deux garages, deux bars. Il n’y a plus rien de tout cela maintenant. C’est la même chose dans tous les autres villages. À un moment donné, tout est tombé. Tout est rendu dans les grands centres. Maintenant, on sent que les gens veulent revenir aux sources. Comme je vous le disais, ici, nous sommes beaucoup axés sur l’environnement. Nous venons de développer un petit parc au lac Arpin, avec accès à l’eau pour les gens en canot ou kayak, avec des tables de piquenique et un petit barbecue fixe. Nous en ferons un autre au lac de la montagne. Nous voulons ouvrir le plein air et la nature aux gens, par exemple avec l’accès gratuit aux pistes de ski de fond et de raquette.

 
B : Merci Richard.

À propos Marie-Amélie Dubé

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3 commentaires

  1. Bravo, enfin des gens qui pensent aux jeunes et aux écologistes. Ils auront une place où il fera bon vivre

  2. Si les commerces à venir, sont eux aussi dans le naturel, sa serai trop super ! enfin une ville qui serait écologique, et naturel, pour la santé de tous !

  3. Très intéressant! Voilà une vision qui fera avancer une petite communauté, qui la rendra plus vivante, et qui permettra de favoriser l’économie d’un petit village comme celui de Lantier!

    Bravo!

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