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Entrevue avec Jean-François Morin de l’AVÉQ

busque

par Busque, photos de Busque

 

Le plus grand passionné de voitures électriques et moi avons discuté autour d’une borne électrique de sa vision et de l’évènement qu’il prépare. Si vous avez des questions sur le sujet, je suis sûr que Jean-François se fera un plaisir de vous rencontrer !

 

 

Busque : Pourrais-tu te présenter, nous dire qui tu es ?

Jean-François Morin : Je m’appelle Jean-François Morin, j’approche 40 ans, je suis estimateur-vendeur dans le domaine de l’asphalte, en construction. Je suis propriétaire d’un véhicule électrique depuis huit mois environ. Je rêve depuis plus de 20 ans de conduire un véhicule électrique et voilà que je conduis maintenant mon rêve ! Je suis aussi directeur adjoint de l’AVÉQ pour le Bas-Saint-Laurent. Je suis délégué pour Rivière-du-Loup et les environs.

 

B. : Pourrais-tu m’expliquer ce qu’est l’AVÉQ ?

J.-F.M. : L’AVÉQ est l’Association des véhicules électriques du Québec. C’est une association qui comprend 6600 membres en 2017, dont 1500 bénévoles. Les membres bénévoles participent à un ou deux évènements par année. Certains s’impliquent plus aussi. Ma fonction dans l’AVÉQ à Rivière-du-Loup est de faire la promotion des véhicules électriques, de les faire connaitre et de normaliser le fait d’en avoir un.

 

B. : Peux-tu me donner trois bonnes raisons d’acheter un véhicule électrique au lieu d’un véhicule à essence ?

J.-F.M. : Oui. La première bonne raison : ce véhicule n’utilise pas d’essence ! Une personne qui consomme 50 $ d’essence par semaine pendant 52 semaines — et ce n’est pas difficile à trouver — paie 2600 $ d’essence par année. C’est donc 2600 $ d’essence par année qui seront remplacés par environ 300 $ d’électricité par année. C’est plus de 2000 $ d’économies par année. La deuxième bonne raison : aucun monoxyde de carbone n’est émis par cette voiture lorsqu’on appuie sur l’accélérateur. C’est bon pour la planète, c’est bon pour les voisins, c’est bon pour l’environnement. C’est une voiture intelligente, une voiture consciente. La troisième bonne raison : c’est une voiture que l’on peut rentabiliser dans le temps parce qu’elle ne nécessite que peu d’entretien. Par exemple, ma voiture a 60 000 km et les freins à disque sont encore neufs. Aussi, il n’y a pas de changement d’huile, donc nous n’avons pas à faire les deux à trois changements d’huile par année habituels. Les économies à long terme sont appréciables et majeures.

 

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B.: Si je veux m’acheter une voiture électrique demain matin, qu’est-ce que je dois faire ?

J.-F.M. : Ce que les gens peuvent faire pour se renseigner, c’est d’aller voir leur concessionnaire directement. Il y a plusieurs concessionnaires qui vendent des véhicules électriques maintenant à Rivière-du-Loup. Groupe Grand-Portage a commencé à vendre des véhicules électriques usagés. Il y a Chevrolet qui a des véhicules électriques aussi, la Volt est la plus populaire. Sur environ 15 000 véhicules électriques en ce moment au Québec, 7500 environ sont des Volt, soit la moitié, grâce à son prolongateur d’autonomie, une génératrice à essence qui sécurise les gens, car ils n’ont plus la peur de la panne. Pour avoir plus de renseignements, les gens peuvent visiter le site Web de l’AVÉQ [www.aveq.ca/], c’est la référence, c’est la plus grande association de ce genre au Canada. Il y a sur le site Web une description de chaque véhicule, des informations sur les subventions du gouvernement, etc.

 

B. : Est-ce que tu conseillerais d’acheter un véhicule électrique même dans un pays froid comme le Québec ?

J.-F.M. : Oui, parce que la plupart des gens exagèrent leurs besoins. Ils veulent une voiture VUS 4X4 qui a 500 km d’autonomie. En vrai, ils ne vont jamais dans le bois avec leur VUS, ils ne font jamais 500 km par jour. La grande majorité des gens roulent moins de 60 km par jour. Ils vont au travail, ils reviennent chez eux, ils vont à l’épicerie, à la bibliothèque, etc. C’est un point vraiment important. Tous les véhicules actuellement en vente répondent à ce besoin, et ce, même à -30 °C.

 

B. : Et si quelqu’un a besoin d’aller un peu plus loin, comment s’assurer de ne pas manquer d’électricité ?

J.-F.M. : La Volt est très populaire grâce au prolongateur d’autonomie à essence. La BMW i3 a le même prolongateur d’autonomie. Il s’agit d’une voiture qui a 200 km d’autonomie électrique et, quand la batterie est vide, la génératrice prend la relève et continue d’alimenter le système électrique. Alors, les roues sont toujours propulsées par l’électricité. C’est une très bonne solution pour faire de longues distances. Il y a aussi un modèle de Chevrolet qui vient de sortir, la Bolt EV, qui a 400 km d’autonomie. On peut partir de Gaspé et aller jusqu’à Rimouski avec cette voiture. Ce véhicule est relativement accessible aussi, on parle d’entre 40 000 et 50 000 $.

 

B. : Est-ce qu’il y a des désavantages à avoir un véhicule électrique ?

J.-F.M. : O ui, j ’ai p erdu b eaucoup d ’amis, surtout des garagistes, on se voit moins ! Pour vrai, non, je ne vois pas d’inconvénients. Le seul désavantage que je peux voir en ce moment, c’est que nous n’avons qu’un seul véhicule électrique à la maison. Alors, notre VUS, qu’on aimait bien l’année passée, a perdu la cote quand nous avons eu notre voiture électrique. Maintenant, c’est le combat chaque matin entre ma femme et moi, nous tirons à pile ou face et nous nous trouvons toutes sortes de tactiques pour avoir la voiture ! Nous avons hâte de vendre le VUS et d’avoir un deuxième véhicule électrique.

 

B. : J’ai lu que les batteries sont un problème avec les voitures électriques. Premièrement, est-ce qu’il faut les changer pendant la vie d’une voiture électrique et deuxièmement, que fait-on avec les batteries qui ne sont plus bonnes ?

J.-F.M. : Les batteries ne sont pas vraiment un problème. En ce moment, nous sommes au Supercharger de Tesla à Rivière-du-Loup. Tesla garantit ses batteries à vie. La voiture dans laquelle nous sommes assis est une Nissan Leaf. Quand le véhicule va avoir fait son temps et que la batterie va avoir perdu trop de son efficacité, elle pourra être rangée à l’arrière de la maison dans un cabanon avec des panneaux solaires; elle peut être recyclée comme batterie qui emmagasine de l’énergie pour alimenter la maison. La deuxième vie des batteries est déjà calculée. Nissan vend déjà des batteries neuves pour les maisons et a déjà un programme pour recycler et revendre les batteries de voiture usagées.

 

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B. : Tu organises aussi un évènement à Rivière-du-Loup. Peux-tu m’en parler ?

J.-F.M. : Oui, je participe à l’organisation du Méga weekend électrique pour la deuxième fois. Cette année, les personnes du Centre commercial attendaient mon appel et ils m’ont demandé de trouver autant de gens que possible pour y participer. Je les ai pris au sérieux et nous avons jusqu’à maintenant 35 véhicules, une trentaine de vélos électriques, quatre scooteurs électriques et même un ponton avec des moteurs électriques. Il y aura des kiosques avec des gens de programmes comme le programme SAUVéR, qui est un programme d’autopartage dans six villes du Québec, dont la ville de Rivière-du-Loup, qui a acquis un véhicule 100 % électrique pour ses employés. La Ville de Témiscouata-sur-le-Lac en fait aussi partie et elle sera présente pour venir parler de ce programme qui est en demande partout. Il y aura aussi des conférenciers le samedi matin. Pendant le Méga weekend, nous voulons montrer aux gens que les voitures électriques ne sont pas le futur. Les véhicules électriques sont le présent et sont accessibles maintenant. Les visiteurs pourront avoir toute l’information, parler à des propriétaires qui ont des véhicules électriques, parler à des gens qui en conduisent tous les jours, pas seulement à des vendeurs. Ils pourront avoir des témoignages sans la pression de la vente.

 

B. : À qui s’adresse cet évènement ?

J.-F.M. : Cet évènement s’adresse à tout le monde, de 7 à 87 ans. C’est important qu’il y ait des enfants aussi. Je m’inquiète pour ma santé, mais pour celle des autres aussi. L’environnement, pour moi, c’est important. La voiture électrique est un pas de plus dans cette direction.

 

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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