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Dossier spécial : Les églises

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Par Marie-Amélie Dubé, collaboration de la MRC de Rivière-du-Loup, photos de Nicolas Gagnon

Premier volet

La situation des églises : portrait d’un paysage religieux en mutation

La baisse marquée de la fréquentation des lieux de culte, le manque de relève pour administrer les cérémonies religieuses et la diminution de la quête et de la capitation amènent les conseils de fabrique, les diocèses, les municipalités et les populations à travers le Québec à se questionner sur l’avenir de nos églises. Comment peut-on conserver les joyaux du patrimoine religieux et historique de notre territoire, véritables oeuvres d’art d’une valeur inestimable ? La vocation de ces hauts lieux de rencontre est en mutation et des décisions difficiles sont à prendre.

Types de mutation

Actuellement, quatre catégories d’avenues sont envisageables :
1. — La fermeture de l’église, qui n’est pas sans conséquence pour les municipalités ;
2. — La démolition de l’église, dont les couts élevés peuvent varier selon l’envergure du bâtiment ;
3. — La vente à un promoteur privé ou à une municipalité pour recréer un lieu dédié à des projets divers (deux types de vente faisant majoritairement appel à une mise à niveau ou à une transformation physique de la bâtisse) ;
4. — La location des lieux par la fabrique.

Statistiques

En 2003, le Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), dont la mission est de soutenir et de promouvoir la conservation et la mise en valeur du patrimoine religieux au Québec, inventoriait 2751 lieux de culte construits avant 1945 dans la province. Dans un communiqué émis en novembre 2014, le CPRQ annonçait que « […] près de 200 édifices n’ont pas trouvé de nouvelle fonction pour assurer leur avenir1 », bien que la tendance démontre tout de même que le nombre de mutations réalisées depuis 2014 est en augmentation. En 2014, soixantequatorze mutations d’églises ont été répertoriées respectivement à une moyenne de quarante-cinq annuellement de 2011 à 2013.

Projets novateurs réalisés au Québec

Parmi les églises réinventées, on dénombre une majorité de lieux d’usages polyvalents, communautaires, culturels et résidentiels qui sont principalement acquis par les municipalités ; projets vecteurs de développement à la fois social, communautaire, culturel et économique. En voici quelques exemples. À Sherbrooke, la spatialité de l’église Christ-Roi a été exploitée par une entreprise pour créer Vertige Escalade, véritable temple de l’escalade ouvert à l’année (500 000 $). À Baie-Comeau, l’aspect récréotouristique et éducationnel a été mis de l’avant par la conversion de l’église Saint-Georges en station d’exploration glaciaire, le Jardin des glaciers, un site d’interprétation en plein coeur de la réserve mondiale de la biosphère Manicouagan-Uapishka (12 000 000 $). À Gatineau, l’église Saint-Benoît-Abbé est devenue la Maison Mathieu-Froment-Savoie, un centre de soins palliatifs dont la vocation est bien ancrée dans l’esprit de l’ancien lieu de culte (3 200 000 $). Finalement, Drummondville développe un modèle de cohabitation inspirant en rassemblant sous un même toit des activités de culte, un columbarium, des organismes communautaires et des logements pour personnes âgées. La Fondation Yves Houle,
créée par des propriétaires de centres funéraires, ont acheté l’église et assureront des investissements de 50 000 $ à 100 000 $ par année pour entretenir le bâtiment. Pour connaitre davantage de projets de transformation, veuillez consulter le www.patrimoine-religieux.qc.ca, section « Publications », sous l’onglet « Églises réinventées ».

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Élaboration du projet

Les agents de développement ruraux sont des ressources non négligeables pour les populations locales dans la concertation et l’élaboration des dossiers de mutation d’église. Ils servent de guide en soutenant la population dans l’organisation de consultations publiques, de rencontres, et participent à la formation d’un comité de réflexion sur l’avenir de l’église. Ce processus de consultation est une étape déterminante, puisqu’il permet de cibler les besoins des divers intervenants du milieu et de trouver un projet rassembleur et viable. Une fois que le projet est élaboré et qu’il correspond aux attentes de la population, la phase liée au financement peut s’enclencher.

Financement

L’évaluation des coûts de transformation par un architecte est la première étape à envisager pour la gestion de la stratégie de financement. Les gouvernements provinciaux et fédéraux possèdent des enveloppes pouvant soutenir la mise à niveau ainsi que la transformation des églises. Des projets incluant l’intégration de bibliothèques et de projets spéciaux de collaboration communautaire sont aussi admissibles à certains montants. Cela dit, chaque projet doit être en mesure de démontrer sa viabilité à long terme et une partie des budgets doit provenir du milieu. La volonté de la population est donc un facteur non négligeable dans l’équation du financement attribuable. Par ailleurs, la cote accordée par le CPRQ peut être une avenue de financement. Les églises ayant la cote d’intérêt patrimonial A (incontournable), B (remarquable) ou C (supérieure) sont les seules pouvant bénéficier d’une aide couvrant 70 % de leur montage financier. De 1995 à 2012, « le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine a investi 257 millions dans le financement de plus de 2500 projets de restauration du patrimoine religieux par le biais de l’octroi de l’aide financière administrée par le Conseil du patrimoine religieux du Québec ». Dans tous les cas, la mobilisation de différents acteurs pour l’organisation d’activités de financement et la recherche de partenariats privés locaux s’avèrent primordiales pour assurer le succès de ces projets d’envergure.

Au Bas-Saint-Laurent

D’après l’inventaire des lieux de culte du Québec, le Bas-Saint-Laurent compte actuellement 155 églises, dont vingt-deux dans la MRC de Kamouraska, vingt dans la MRC de Rivière-du-Loup, douze dans la MRC des Basques et vingt-quatre dans la MRC de Témiscouata. La journée de réflexion sur l’avenir des églises, mise en place par la table de concertation régionale du patrimoine religieux et le Conseil de la culture du Bas-Saint-Laurent en avril 2009, a été un véritable déclencheur pour passer à l’action dans ce dossier. Par conséquent, des tournées régionales réalisées par les diocèses ont influencé la formation de comités de sauvegarde et engendré la réflexion sur le rôle que pourrait jouer l’église dans chacune des collectivités. De plus, plusieurs initiatives des MRC, des CLD, des municipalités et des diocèses s’inscrivent dans cette démarche d’accompagnement des populations pour l’avenir des églises. Par exemple, un outil d’accompagnement pour la transformation des bâtiments religieux a été créé par la MRC du Kamouraska. Cependant, aucun plan de fermeture, à moyen et long terme, n’est présentement en branle dans les diocèses du Bas-Saint-Laurent. À qui revient la responsabilité d’assurer l’avenir de nos églises? Poursuivez la lecture de ce dossier spécial sur l’avenir des églises, en lisant les cinq portraits de municipalités qui ont fait un pas pour assurer un nouvel avenir à leur lieu de culte. Ces projets dynamisent et interpellent les communautés qui ont un fort sentiment d’appartenance à leur église ancrée depuis longtemps au coeur du noyau villageois.

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Cote d’intérêt patrimonial du CPRQ

Critères d’évaluation :
1. — La valeur patrimoniale et historique
2. — La valeur d’art et d’architecture de l’intérieur comme de l’extérieur
A : Valeur incontournable
B : Valeur exceptionnelle
C : Valeur supérieure
D : Valeur moyenne
E : Valeur faible

La mémoire d’un rang

En 2014, M. Jean‐Paul Gagnon et son frère Réal décident de prendre le relai de leurs ancêtres pour restaurer la croix de chemin du chemin des Raymond afin qu’elle soit conservée pour les générations futures. Ils mènent ce projet en collaboration avec MM. Denis Gagnon, Gilles Michaud, Jean Michaud, Ghislain Michaud et André Côté, qui contribueront tous au projet afin de rendre hommage au savoir‐faire des artisans de cette époque. Sur le terrain partagé par MM. Denis Gagnon et Jean‐ François Gagnon, cette croix deviendra la fierté des gens des « P’tites Côtes » pour encore plusieurs générations. Avec l’aide financière des Chevaliers de Colomb et de la Ville de Rivière‐du‐Loup, la croix de chemin est complètement restaurée à l’image de celle qui s’y trouvait autrefois. Un panneau d’interprétation sera installé à l’automne 2015 afin de faire connaitre l’histoire de cette croix de chemin qui rappelle la colonisation du chemin des Raymond au milieu du 19e siècle. Fait intéressant, d’autres Chevaliers de Colomb font leur part dans la sauvergarde de croix de chemin. Ceux de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup et de L’Isle-Verte ont respectivement été honorés, lors des Prix du patrimoine du Bas-Saint-Laurent en 2006, pour leur travail qui a permis de maintenir ce type de patrimoine dans le paysage.

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Historique des évènements liés à la sauvegarde du patrimoine religieux à Rivière-du-Loup

2008 : Le Conseil du patrimoine religieux du Québec accorde la valeur B (exceptionnelle) à l’église Saint-François-Xavier en raison de la finesse de sa monumentalité, de son architecture éclectique et de la beauté de ses vitraux, la valeur B (exceptionnelle) à l’église Saint-Patrice et la valeur A (incontournable) à l’église Saint-Bartholomew. À la suite de cette classification, la Ville de Rivière-du-Loup crée un site du patrimoine religieux pour protéger les édifices et leurs noyaux religieux sur son territoire.
2009 : Les fabriques des trois paroisses de Rivière-du-Loup (Saint-Ludger, Saint-François, Saint-Patrice) fusionnent et se penchent sur l’avenir de ses lieux de culte par des consultations populaires. Création du comité de sauvegarde de l’église Saint-François-Xavier et début des activités de financement afin de préparer l’éventuelle conversion du lieu.
2012 : Une table de concertation sur le patrimoine religieux est créée avec l’aide du Conseil du patrimoine religieux du Québec afin de consulter le milieu des affaires et les milieux communautaires et culturels pour une occupation potentielle de l’église Saint-François-Xavier. Au bout de cet exercice : le milieu culturel louperivois est pressenti pour occuper les espaces de l’église et du presbytère.
2013 : La Corporation du patrimoine religieux de Rivière-du-Loup voit le jour et se penche sur le dossier de l’église afin d’orchestrer la définition d’un projet de conversion ainsi que ses moyens de financement potentiels.
2014 : Le projet de conversion de l’église Saint- François-Xavier en un espace muséal et une antenne spécialisée réunissant des services documentaires et des archives régionales est en cours d’analyse.

 

Deuxième volet

Portrait d’une mutation à venir : d’église à musée-bibliothèque à l’église Saint-François-Xavier

Le projet de recyclage de l’église Saint-François-Xavier consiste à doter la région d’une antenne spécialisée dédiée à la conservation et la mise en valeur de l’histoire, du patrimoine régional (y compris le patrimoine religieux) et des arts (art moderne, contemporain et arts sacrés) sur le site de l’église Saint-François-Xavier.

C’est ainsi que se retrouveront réunis sous une même nef le Musée du Bas-Saint-Laurent, une antenne de la bibliothèque Françoise-Bédard, le Centre d’archives de la région de Rivière-du-Loup et la Société d’histoire et de généalogie de Rivière-du-Loup. Ce projet de concertation permettra de créer un véritable pôle culturel et patrimonial, un projet d’envergure à la mesure de l’église Saint-François-Xavier dont la valeur patrimoniale est exceptionnelle. L’église sera entièrement consacrée à la population. En effet, le projet prévoit le réaménagement de la nef de l’église pour y accueillir des salles d’expositions, des espaces de consultation (livres, documents d’archives), un lieu dédié spécifiquement au service éducatif puis un espace pour les conférences. L’administration sera logée dans le presbytère qui sera réaménagé à cette fin. Enfin, la conservation des collections (musée, centre d’archives et société d’histoire) sera assurée dans une nouvelle construction en sous-oeuvre qui réunira les réserves et les salles de travail liées aux différentes collections. Ce projet est mené par la Corporation du patrimoine religieux de Rivière-du-Loup, laquelle est composée de neuf administrateurs, dont deux représentants de la Ville, des représentants de chacun des organismes culturels liés au projet et deux représentants de la communauté en provenance du comité de sauvegarde de l’église Saint-François-Xavier. Le projet de l’église Saint-François-Xavier est complexe, notamment en raison des importants travaux de réfection de la toiture qui sont préalables. En outre, son développement oblige la Corporation à franchir plusieurs étapes en collaboration avec différents intervenants et instances gouvernementales. Elle travaille actuellement à monter le dossier et à rassembler toutes les pièces du puzzle qui lui permettront de déposer une demande au ministère de la Culture et des Communications en vue d’une aide aux immobilisations. De plus, un financement pourra être obtenu auprès du Conseil du patrimoine religieux du Québec pour le remplacement de la tôle du toit, des clochers et de la sacristie. La transformation de l’église Saint-Denys-du- Plateau en la bibliothèque Monique-Corriveau, dans l’arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge à Québec, est un exemple qui démontre à quel point les lieux de culte sont des édifices qui se prêtent parfaitement à ce type de recyclage architectural. La présence remarquable de l’église Saint-François- Xavier, juchée sur un cran rocheux, mérite qu’on lui accorde une importance au sein du paysage urbain de notre localité.

Avec la collaboration de Mélanie Girard et de Julie Martin

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Église Saint-François-Xavier

Érigée au sommet d’un cran rocheux, l’église de la paroisse Saint-François-Xavier domine le paysage de la ville de Rivière-du-Loup depuis 1905. La ville vit alors une période de croissance sans précédent à la suite de la construction des différents chemins de fer et de l’ouverture d’ateliers ferroviaires. Les architectes David Ouellet et Pierre Lévesque signent les plans de cette majestueuse église de style éclectique. Typique de son époque, son décor puise à diverses sources architecturales. Le transept et les tourelles sont surmontés de clochetons et de flèches élancées qui donnent une impression de légèreté à l’ensemble monumental en pierre de taille. Guido Nincheri, un immigrant d’origine italienne établi à Montréal, a signé ses vitraux remarquables.

Une église à vocation muséale et touristique à l’église Saint-Bartholomew

L’église Saint-Bartholomew appartient au diocèse anglican de Québec et est le plus ancien lieu de culte non catholique dans l’Est du-Québec. Aucune cérémonie n’a été célébrée à l’intérieur depuis 2009, à l’occasion d’une célébration des vêpres.

Depuis 2011, la Société de sauvegarde du patrimoine du Grand-Portage, qui gère le Manoir Fraser, s’est vu confier l’animation et l’interprétation du lieu et l’intègre dans ses activités à vocation muséale et touristique. Ainsi, les visites au Manoir Fraser vous permettent de « […] découvrir comment les seigneurs Fraser ont su bâtir une ville pittoresque et architecturalement bien agencée, en parcourant le circuit guidé À la découverte du Vieux Rivière-du- Loup et de ses églises qui inclut : la visite du quartier patrimonial du Vieux Rivière-du-Loup, une visite commentée du Manoir seigneurial Fraser, de l’église Saint-Bartholomew et de l’église Saint-Patrice. » Lors de cette visite guidée, il est question de la construction de l’église Saint-Bartholomew sur le domaine seigneurial, de la présence anglophone à Rivière-du-Loup, du style architectural néogothique de l’église et du cimetière. De plus, une programmation d’activités diverses gratuites se déroule à l’intérieur et à l’extérieur de l’église durant l’été. Par exemple, à l’été 2015, a eu lieu une table ronde sur Sir John A. Macdonald et son temps, suivie d’une dégustation de thé et de scones, d’un vernissage et d’une exposition en partenariat avec l’Atelier des arts du Grand-Portage, de démonstrations de métiers traditionnels liés à la forge et au bois et d’une projection de l’exposition virtuelle sur l’histoire ferroviaire « Rivière-du-Loup à fond de train », à même le mur du choeur de l’église. « Cette programmation estivale a su attirer son lot de visiteurs. C’est près de 650 personnes qui ont fréquenté l’église Saint-Bartholomew du 21 juin au 30 août 2015 », rapporte Marie-Soleil Jean, la responsable du Manoir Fraser. Il est dorénavant trop tard pour profiter de cette incursion historique offerte par le Manoir Fraser, dont les activités ont cessé depuis le 15 septembre 2015; rendez-vous en juin 2016. L’exemple de mutation dans la vocation de l’église Saint-Bartholomew démontre à quel point la concertation d’organismes peut être un vecteur de visibilité et de sauvegarde d’un patrimoine culturel matériel et immatériel.

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Église Saint-Bartholomew

Construite dès 1841, l’Église anglicane Saint-Bartholomew est l’un des plus vieux édifices de la ville et l’un des plus anciens temples anglicans de la région. Érigée par Malcolm Fraser, l’église s’élève sur un terrain à proximité du Manoir seigneurial Fraser. De petite dimension, le temple en bois adopte les formes du néogothique en vogue dans les communautés anglicanes à cette époque. L’église est revêtue de planches à clin et la tour du clocher se termine par une élégante frise découpée. Elle est fréquentée par des immigrants venus travailler aux ateliers ferroviaires de l’Intercolonial et par des villégiateurs anglophones. Le premier ministre du Canada, John A. Macdonald s’y est déjà recueilli à maintes reprises. Témoin privilégié d’une époque, son cimetière dissimulé sous de grands arbres abrite encore les tombeaux des familles fondatrices. Ouverte aux visiteurs en saison estivale.

Église Saint-Patrice

Édifiée pour la première fois sur ce site en 1855, l’église Saint-Patrice remplace l’ancienne église de la paroisse construite plus à l’ouest. Située sur un terrain donné par les seigneurs Fraser, elle consacre l’importance du village qui s’est développé depuis une vingtaine d’années sur le domaine seigneurial. Conçue à l’origine par Charles Baillargé, l’église sera reconstruite après l’incendie de 1883. À partir des ruines des murs, l’architecte David Ouellet modifie les plans de la façade, mais conserve l’inspiration néogothique de l’édifice avec ses grandes fenêtres à arc brisé, les contreforts de la nef et les pinacles du clocher. Les douze statues en bois du sculpteur Louis Jobin et les peintures de Charles Huot sont les oeuvres magistrales du décor intérieur.

 

Troisième volet

La bibliothèque Émile-Nelligan de Cacouna : un foyer communautaire d’histoire, de culture et d’éducation

En décembre 2012, la municipalité de Cacouna signait une entente de principe avec le ministère de la Culture et des Communications (MCC), entérinée par la fabrique, pour reloger dans la sacristie de l’église la bibliothèque municipale située auparavant dans l’édifice municipal. Trois problèmes influencèrent la réalisation de ce projet. Le premier venait de l’urgence d’assurer un avenir à l’église, tout en respectant sa vocation communautaire. Le deuxième s’articulait autour de la nécessité de déménager la bibliothèque municipale dans un espace de qualité répondant aux besoins actuels des citoyens (accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, les commodités, le mobilier, l’accès aux technologies de l’information et les espaces de stationnement) et le troisième concernait le réaménagement des locaux du bureau municipal pour pallier le manque d’espace et répondre aux usages multiples qu’en font les élus, les employés et les groupes communautaires tels que les Fermières. Ainsi, la MRC, par le Pacte rural, le MCC, la Caisse Desjardins, les élus, le conseil de fabrique, les entreprises et les citoyens sont devenus partenaires afin d’offrir une solution viable pour maintenir des services de proximité et assurer la pérennité d’un monument patrimonial religieux classé A ; la plus haute valeur reçue en raison de la qualité et de la conservation de son architecture. La proposition de Carl Charron, architecte, respecte la grande qualité patrimoniale et architecturale du monument. Sur le côté nord-est de l’église est adossée une structure vitrée contemporaine, alors qu’une mosaïque de visages transparents crée un oeil sur la façade. À l’intérieur, un escalier ainsi qu’un appareil élévateur pour les personnes à mobilité réduite mènent à la porte d’entrée de la bibliothèque, située à l’emplacement d’une ancienne fenêtre de la sacristie, suffisamment grande pour servir de porte d’entrée à la nouvelle annexe. Ainsi, le cachet de la sacristie est conservé en ne modifiant pas les murs intérieurs et en gardant les armoires réservées au culte ainsi que les confessionnaux auxquels ont été ajoutées des tablettes. Les bancs, qui n’étaient pas cloués au sol, ont pu être retirés sans endommager le plancher, ce qui a libéré l’espace pour installer des étagères sur roulettes, des chaises et tables de la nouvelle bibliothèque. L’aménagement a été pensé afin que la configuration des lieux puisse être à géométrie variable et ainsi permettre la tenue de diverses
rencontres ou réunions. « Les gens qui viennent dans la bibliothèque apprécient le beau contraste entre le moderne et l’ancien et sont bien satisfaits des nouveaux lieux », nous rapporte la mairesse, Ghislaine Daris.

Activités complémentaires

L’Espace Émile-Nelligan, situé dans le choeur de la chapelle, est aussi dédié à de nouvelles fonctions. L’ajout de postes informatiques permet maintenant la tenue d’ateliers pédagogiques et l’achat de livres numériques. Le lieu peut également tenir des évènements culturels et prévoit des expositions dédiées à la mise en valeur de l’histoire locale et des différentes publications de Nelligan. La réalisation de projets issus d’initiatives populaires, dont des projets scolaires de l’école Vents-et Marées située juste à côté, « encouragera de nouvelles habitudes de fréquentation qui permettront de dynamiser la vie communautaire toute l’année durant », souhaite la mairesse Ghislaine Daris.

Horaires de la bibliothèque

Lundi et mercredi de 19 h à 21 h 30
Jeudi de 15 h 30 à 16 h 30
Samedi de 10 h à 11 h

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Petite histoire du projet de salle multifonctionnelle de Saint-Cyprien

Au cours des dernières années, la municipalité de Saint-Cyprien s’est démarquée en investissant dans le développement des infrastructures culturelles et communautaires de son milieu. Les réalisations de la glace AMT du complexe Louis-Santerre, de l’Auberge la Clé des Champs, du CHSLD, du Centre culturel et l’acquisition municipale de l’ancien presbytère pour y loger la bibliothèque Alphonse Desjardins, témoignent de la profonde concertation qui unit les 1200 citoyens de Saint-Cyprien.

Concertation nécessaire

Le projet de salle multifonctionnelle de l’église est un autre grand projet qui fait son chemin depuis 2009. À l’initiative de la fabrique et avec l’aide de la municipalité, des consultations auprès des ainés, des gens d’affaires, des milieux sportif, culturel et communautaire ont permis de dresser un inventaire des besoins auxquels pourrait répondre l’église. Un comité formé de représentants de la fabrique et de la municipalité ainsi que de plusieurs citoyens s’est rapidement mis en place et toutes ces démarches ont permis de saisir assez clairement, dès l’automne 2010, la nature de la nouvelle fonction de l’église à vocation culturelle, communautaire et religieuse. Un évènement inattendu survint le 31 janvier 2012. La salle communautaire le Toupikois fut complètement rasée par un feu d’origine électrique. Cet évènement tragique a rallié la population derrière le projet de transformation de l’église en salle multifonctionnelle ; alternative logique à la disparition du Toupikois. Le carnet de santé de l’état physique du bâtiment, des plans préliminaires et des évaluations furent proposés à la population dès février 2012. Clairement manifesté lors des consultations publiques, le maintien de la vocation religieuse a toujours été au coeur des préoccupations du comité. La grande transparence du comité et les nombreuses communications à la population sur l’évolution du projet ont favorisé l’acceptabilité sociale au sein de la communauté. Pour que le projet ait lieu, une partie des sommes devait provenir du milieu. Ainsi, en juin 2012, un comité de financement fut formé pour chapeauter une campagne de financement comprenant la vente des bancs de l’église, la réalisation d’un plan de commandite et l’organisation d’évènements et d’activités de financement. De 2012 à 2014, des épluchettes de blé d’Inde, des bingos, des vins et fromages, un gala folklorique, un concert de Georges Hamel, une activité de Fort Boyard et un concert de l’Orchestre national d’accordéon de France ont permis d’amasser près de 340 000 $. L’implication financière du milieu est une condition d’admissibilité intrinsèque au financement octroyé par les diverses instances gouvernementales. Actuellement, les demandes de subventions pour ce projet évalué à près de 2,5 millions ont été envoyées aux divers paliers gouvernementaux et la municipalité est en attente de réponses. Certains partenariats avec des entreprises locales sont aussi en négociation. D’après Marie-Ève Ouellet, l’agente de développement rural impliquée à toutes les étapes du projet, « d’ici 18 mois, tout le financement nécessaire devrait être attaché et l’aménagement intérieur devrait commencer. » Maintenant que tous les bancs d’église sont enlevés, les citoyens ont appris à voir et à utiliser ce bâtiment autrement. Le grand nombre d’activités sociales, culturelles et communautaires qui s’y déroulent (symposium des Amis de l’art cyprianais, concert, conférence, consultation publique et célébration religieuse) est un autre exemple inspirant de concertation pour la MRC de Rivière-du-Loup.

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L’église de Saint-Modeste : portrait d’un écosystème sain(t)

Depuis 2014, la municipalité de Saint-Modeste évalue la possibilité de faire l’acquisition de l’église de son village. À partir de 2012, des séances de consultation auprès de la population, des rencontres avec le Réseau BIBLIO et des visites dans des églises ayant connu une mutation ont permis de tracer les jalons qui allaient déterminer la nouvelle fonction de l’église du village. Après vérification de la viabilité d’un tel projet, la solution envisagée fut de créer un OBNL dédié à la gestion d’une salle multifonctionnelle. La concertation et la mobilisation de plusieurs acteurs du milieu tels que le conseil de fabrique, la municipalité, le comité des loisirs, le comité de l’âge d’or et les citoyens, ont permis de revaloriser l’action communautaire et l’appartenance de la population à son église.

 

Deux phases à développer

Actuellement, le projet comporte deux phases d’aménagement évaluées à près d’un million en investissement. Une partie de ce montant devra être assurée par le milieu au moyen de la participation de la municipalité, d’ententes de partenariats privés, d’organisation d’activités de financement et des revenus de location. La première phase consiste à aménager la bibliothèque municipale dans la sacristie. Puis, la deuxième phase vise à modifier le lieu de culte au minimum pour en faire une salle multifonctionnelle. Cette dernière pourra servir à la tenue de réunions diverses (âge d’or, mariage, funérailles, assemblée municipale), au bureau de la fabrique, aux activités de la bibliothèque, aux entreprises et à l’école primaire du village qui a été pressentie pour être un important utilisateur. Saint-Modeste a connu depuis quelques années une augmentation de près de 40% de sa population. La proximité de plusieurs entreprises fait de Saint-Modeste un lieu prisé par les jeunes familles à la recherche d’un lieu stratégique et paisible, propice à la conciliation travail-famille. L’école est rendue trop petite pour répondre au volume de la clientèle à desservir. Vu la proximité de l’établissement, le comité de la salle multifonctionnelle envisage actuellement la possibilité de transformer son lieu afin de combler divers besoins de l’école pour ses activités sportives, culturelles et quotidiennes. Les demandes de financement pour la réalisation de la phase 1 sont déposées. Il ne reste plus qu’à attendre. Les discussions auprès de la commission scolaire vont bon train et augurent bien. Surveillez les activités de financement à venir, vous pourriez vous même encourager ce projet. Finalement, Saint-Modeste a réussi à rassembler tous les acteurs de son milieu dans un projet qui dynamisera certainement la vie communautaire de ce village de 1200 habitants ; la preuve que des exploits peuvent être réalisés grâce à la concertation !

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Reportage réalisé grâce à

entendeculturel
Marie-Amélie Dubé — Rédaction
Mélanie Milot, Mélanie Girard et Julie Martin — Collaboration
Nicolas Gagnon — Photographie
Marjolaine Gle Gielly — Conception graphique

 

 

 

 

 

 

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Un commentaire

  1. Bon contenu, un avis vraiment sympa.

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