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Dossier Musique Émergeante – J’entends le loup…

baptiste

par Baptiste, photo du haut : Busque, photos de la page suivante : Maxime Varenne

 

NO 1 – ARIANE VAILLANCOURT ET LAURA BABIN AU CAFÉ DU CLOCHER LE MARDI 18 JUILLET 2017 – TOURNÉE AURORES BUFFALO – SPARAGES MUSICAUX

 

Le mardi 18 juillet a laissé place, sur les coups de 20 h, à la plus belle proximité intimiste de ce début d’été. C’est un duo féminin qui est mis à l’honneur lors de cette première édition estivale des Sparages musicaux. Après Bonaventure, la tournée Aurores Buffalo fait escale à Rivière-du-Loup, au Café du Clocher, avant de repartir vers le Saguenay et l’Abitibi.

 

Ce n’est pas un hasard si Ariane Vaillancourt et Laura Babin se connaissent aussi bien. Les deux protagonistes sont toutes les deux passées par la prestigieuse École nationale de la chanson de Granby, qui plus est, au sein de la même promotion qu’une certaine Marilie Bilodeau. Nos invitées ont beau évoluer toutes les deux sur la scène de Montréal, nous assistons ce soir à une toute première (et surement pas la dernière) collaboration. Puisant leurs influences chez des Jean Leloup ou encore Patrick Watson, nos deux protagonistes se révèlent sous un jour résolument folk rock.

 

« Vu qu’une tournée seule en auto c’est un peu plate, on a préféré la faire à deux. »

 

C’est Ariane qui ouvre le bal de sa majestueuse voix et qui donne le ton de la soirée en toute humilité. La seconde tune du duo s’avère être une composition de Laura qui ne tarde pas à nous révéler l’ADN de cette dernière : on a affaire à une tune qui est née d’un roadtrip en autobus sur la route de Gaspé à Montréal. « Parfois c’est long, mais parfois c’est le fun », déclare-t-elle. Laura enchaine avec un morceau aux horizons voyageurs, rappelant les balades des Texans de Balmorhea ou encore celles des Anglais de Mumford & Sons. Accompagnée de sa guitare électrique et d’Ariane au piano, Laura plonge le public, réuni en petit comité, dans une mélancolie aux couleurs froides à la manière des Français d’Indochine ou encore de Requin Chagrin. Après un voyage à destination de Montréal et une escale musicale, Laura nous fait voyager de nouveau avec la troisième composition de la soirée. Aéroport de Montréal, direction le Vietnam et ses water buffalo. Des aller-retour entre les rythmes lents et rapides de l’alliage guitare-percussions tendent à traduire un voyage musical ponctué d’étapes. De surcroit, la présence sonore des cymbales et du tambour ne tarde pas à donner une dimension orientale et ancestrale à cette tune délicieuse.

 

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« Quand il y en a une qui chante plus que l’autre sur une tune, c’est qu’il s’agit de sa composition. »

 

S’en vient Ariane pour une quatrième chanson qui semble décidément ravir les oreilles curieuses de ce soir. C’est avec un très beau timbre de voix qu’Ariane nous fait prendre de la hauteur en imposant ses vocalises d’une justesse détonante. Par la suite, le duo nous plonge dans un morceau faisant honneur au genre du rock alternatif. Porté par des notes de guitare électrique et sublimé par un refrain en anglais sonnant comme un râle, le public semble avoir été capté par les deux performeuses. Après un court interlude, c’est Laura qui « prend le lead » avec un titre hypnotique et des bribes de paroles profondes de sens : « rassure ton coeur, rassure la peur ». Ariane décidera ensuite de poursuivre la seconde partie de la soirée avec un hommage à un artiste qu’elle respecte pour son « grain de folie ». En reprenant « Paradis City » au piano, c’est un clin d’oeil à Jean Leloup tout en mélancolie qui nous est offert, nous laissant bouche bée devant la puissance vocale et émotionnelle délivrée par Ariane sur ce septième titre d’une nuit prolifique. La performance passionnée de la chanteuse l’incite même à s’adonner à un jeu scénique original. Avant de laisser place à l’entracte de cette charmante soirée, Laura ne tarde pas à se joindre à sa partenaire et à se prêter, elle aussi, au jeu de la chanson hommage. C’est Patrick Watson qui est l’heureux élu. « L’homme de leur vie » est notamment connu pour ses chansons indie folk touchantes d’une technicité complexe. Le public reprendra en choeur le refrain des filles, qu’elles viendront personnaliser avec une pointe d’humour : « You taste so sweet Patrick Watson ».

 

« You taste so sweet Patrick Watson »

 

L’entracte fut l’occasion de se réapprovisionner en bières et en petits encas, avant de retourner sur la petite scène du Café du Clocher, spécialement arrangée pour l’occasion. Lors de la reprise, c’est Laura qui nous replonge dans les tons qu’elle affectionne tant : le froid et les notes de bleu de la nuit pour une chanson qui traite de l’insomnie. Sur des champs musicaux parallèles, Ariane rebondit en se livrant au public : « Je suis une femme d’hiver ». Ce qui semble de prime abord un hommage aux saisons comme ont pu le faire dans le passé des artistes comme Tété dans « À la faveur de l’automne », Ariane semble nous peindre ici, avec sa sensibilité, le contexte d’un froid dans une relation amoureuse. Cette performance fut chargée d’émotions pour la choriste, qui en viendra à être émue aux larmes. Décidément, la thématique du voyage ne manque pas d’être traitée ce soir et c’est Ariane qui confirme la règle en nous invitant à voyager dans un Québec historique. Après un voyage en Belgique afin d’en apprendre plus sur les chants traditionnels arméniens liturgiques, nait en Ariane un désir audacieux. Comment pourrions-nous mettre en lumière les chants traditionnels du Québec qui ont tant marqué son histoire patrimoniale ? Ariane ose et le fait bien. C’est un chant qu’elle a glané au cours de ses recherches qu’elle suggère au public du Café du Clocher. Nous partons donc pour la pêche au crabe avec un chant auquel Ariane ne manque pas de faire participer le public. Après une composition d’un ami commun aux deux performeuses et une dernière production de Laura tout en psychédélisme, le set du duo de ce soir s’arrête. Cette soirée propulsée par les deux belles voix d’Ariane et de Laura s’achève après deux rappels respectifs des deux chanteuses (éventuellement dans un souci d’équité). Les Sparages musicaux ne manquent pas leur premier coup d’essai, le public de ce soir s’en trouvant bousculé et ébahi devant la qualité du show. Aficionados de découvertes musicales, prenez note du 15 aout prochain pour la prochaine édition des Sparages musicaux avec le show de Bascaille à l’École de musique Alain-Caron.

 

 

 

NO 2 – PRINCE MYCHKINE AU RAINBOW SUBMARINE LE SAMEDI 22 JUILLET 2017

Le Rainbow Submarine semble avoir fait du chemin depuis ses débuts voilà sept mois. Pour son sixième Show de cuisine, le charmant équipage à l’arc-en-ciel n’a pas hésité à voir grand en accueillant un band constitué de sept musiciens. De surcroit, parmi les invités de ce soir, on comptabilise la Fabrique culturelle, venue réaliser une captation vidéo du show. Ça commence à faire du beau monde, sans compter les fidèles abonnés de ce désormais haut lieu culturel louperivois.

 

Il est près de 21 h lorsque de premières notes de musique se font entendre en provenance de l’énigmatique maison jaune. Sur le patio patientaient alors des visiteurs de tous horizons et de tous âges : amis, connaissances, gens de passage, citoyens locaux, touristes, expatriés français… tous assis confortablement dans des assises issues de récupération ou encore de fabrication artisanale. Toutefois, l’assistance ne tarde pas à s’empresser de pénétrer dans la cuisine afin de ne pas perdre une miette de la performance musicale qui s’en vient. Mazette ! On peine à se trouver une place tant le monde est présent lors de cet évènement d’envergure. Au fond de la cuisine, la mise en scène relève du jamais vu au Rainbow Submarine : un bassiste, un batteur, un tromboniste, une violoniste, un guitariste, un chanteur et un claviériste, soit sept musiciens qui ont pris possession de l’espace ! Ils s’appellent Prince Mychkine, ils viennent de Montréal et ils ne vont pas tarder à prendre possession de nos yeux et de nos oreilles pour notre plus grand plaisir. Une jeune demoiselle du public lance le mouvement puis ça y est, tout le monde s’assoit religieusement face à nos sept musiciens. Pis c’est parti ! La première composition de la soirée semble sonner telle une symphonie tant chacun des instruments trouve sa place. La voix du chanteur, Marc- André Labonté, pourrait éventuellement être étouffée par une présence instrumentale aussi riche, mais c’est mal connaitre les qualités vocales de l’intéressé. Ce dernier parvient à percer la bulle instrumentaliste de manière progressive, en harmonie avec ses camarades de chanson.

 

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« La poésie semble être au beau fixe ce soir. »

 

Malgré un faux départ sur le second titre de son set, la formation musicale ne rougit pas et redémarre en trombe. L’occasion pour elle de nous emmener dans une symphonie voyageuse, rythmée par les percussions enjouées du batteur. Le groupe ayant fait ses débuts avec une série de titres intitulés « Brume », il ne tarde pas à nous les dévoiler peu à peu. La troisième balade sonore de la soirée s’intéresse justement à mettre en lumière « Brume #6 ». L’accompagnement du violonsur ce morceau donne une dimension vraiment intéressante à la musique de Prince Mychkine, le propulsant sur des tons folks résolument bucoliques à la manière d’orchestres comme les Texans de Balmorhea.

 

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Si la poésie semble être au beau fixe ce soir, cela risque de s’intensifier. Nos musiciens enchainent avec une composition chargée en émotions, ponctuée de notes aigües de guitare électrique. Cette mélancolie rappelle les sonorités intenses de bands comme Harfang ou encore Samba de la Muerte. Pour sa cinquième chanson, le groupe s’adonne à un jeu de mains avec le public célébrant ainsi « Brume #3 ». Le show gagne ainsi en intensité et en rythme lors du titre suivant, où le trombone est mis à l’honneur et donne ainsi de la profondeur d’âme à la musique de Prince Mychkine. Après avoir joué « Brume #2 », les musiciens nous proposent une composition plus récente. Intitulé « Quatorze », ce titre trouve son essence dans un solo de guitare progressif et planant qui résonne à la façon de ceux du groupe Foals. L’approbation du public semble être totale ce soir, si bien que des « C’est ma préférée, cette tune-là ! » ne tardent pas à être scandés dans l’assistance. Le set des Montréalais se terminera par les « Brume #9 » et « Brume #1 » laissant un souvenir mémorable dans les esprits aventureux de ce soir. Le Rainbow Submarine réussit à nouveau un coup de maitre en ravissant à la fois des artistes ayant fait la route depuis Montréal et des spectateurs qui grossissent les rangs à chaque édition des désormais cultes Shows de cuisine. Amis mélomanes avides de découvertes expérientielles, restez à l’affut d’une programmation riche ! Cette dernière est confectionnée par les trois adorables sous-mariniers du Rainbow Submarine, définitivement animés d’une passion intarissable pour la musique, sous toutes ses coutures.

 

 

 

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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