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Donner de son temps pour apprendre aux autres à s’aider !

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par Marc Larouche

 

Rivière-du-Loup — C’était en 1991. Constatant les besoins grandissants des personnes à faible revenu, Béatrice Michaud s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. Plutôt que de simplement leur donner, elle a eu l’idée de les faire récolter. De là est né le jardin communautaire de Rivière-du-Loup, il y a 25 ans.

 

« Je travaillais pour la paroisse. Il y avait de plus en plus de demandes d’aide. Donner, c’est une chose, mais apprendre aux gens à subvenir à leurs besoins, c’est encore mieux. Nous avons convenu de lancer cette grande aventure », dit-elle. Son frère Léopold explique avoir immédiatement entamé les démarches avec la ville afin de pouvoir utiliser le terrain. « Ça n’a pas été long. Ils ont accepté tout de suite », se souvient-il. Le premier jardin communautaire a été installé sur le site de la rue L.-P. Lebrun. Avec l’expansion de la ville, il a fallu le reculer. « La dernière fois, le maire d’alors, Jean D’Amour, a dit qu’il allait faire en sorte que nous n’ayons plus à déménager. Il a entrepris de nous donner les terres sur lesquelles nous sommes encore aujourd’hui, qui sont des zones tampons, alors nous serons ici pour très longtemps », note M. Michaud qui, au départ, a préparé les terrains, les a drainés afin qu’on puisse les cultiver. De sept personnes alors, le jardin loue aujourd’hui 135 terrains à autant de familles. « Au départ, les gens semaient beaucoup de patates à même les jardins. Ça prenait trop d’espace. Alors, nous les avons déménagées. Aujourd’hui, nous semons annuellement trois arpents et demi de pommes de terre. »

 

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Éducation populaire

Le jardin communautaire joue aussi un rôle d’éducation populaire. Chaque espace est dédié à un individu ou une famille qui doit le semer, le cultiver, en prendre soin, l’entretenir et récolter les légumes. Il en coute 30 $ pour être membre. Chacun reçoit pour 15 $ de semences au printemps. La fréquentation grandit continuellement. Mais pour ce qui est de l’entretien, il y a encore du travail à faire. « Certains terrains sont rapidement envahis par les mauvaises herbes. Nous tentons de sensibiliser les gens, mais ce n’est pas toujours facile », ajoute Mme Michaud. Tomates, carottes, haricots, laitues, et j’en passe, poussent ainsi à l’ombre des entreprises du parc industriel de Rivière-du-Loup.

 

Pas de relève

Malheureusement, il y a peu de relève. Mme Michaud, qui a atteint un âge vénérable, confirme que le nombre de bénévoles n’est pas très élevé. Son frère et elle sont fiers du travail accompli bénévolement. « Jamais nous ne pensions que ces jardins feraient 25 ans. Nous l’avons vécu une année à la fois et c’est de cette manière que nous nous retrouvons ici avec cette belle oeuvre qui fait beaucoup de bien. » Le frère et la soeur entrevoient un bel avenir pour le jardin communautaire. Signe des temps, les terrains peuvent maintenant être loués à des retraités. « L’avenir s’annonce prometteur puisque nous commençons aussi à avoir de jeunes familles qui viennent profiter du jardin », conclut Mme Michaud. Le jardin communautaire de Rivière-du-Loup est une belle réussite que tout le Québec a reconnue. Récemment, l’organisme s’est mérité le Prix d’excellence du Réseau québécois de Villes et Village en santé. « C’est très valorisant. Nous sommes vraiment fiers. »

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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