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Discussion avec une libellule inspirante – la Rumeur du Loup
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Discussion avec une libellule inspirante

par Busque et Karianne Bastille, photos de Busque

 

Karianne et moi sommes allés interviewer une entrepreneure de Saint-Jean-Port-Joli qui fait beaucoup de bruit dans son milieu, peut-être par le battement hyper rapide de ses ailes. Eh oui, nous avons rencontré une libellule du nom de Diane Guillemette, propriétaire du restaurant La Libellule. Nous y avons découvert une femme qui fait son chemin et qui le fait avec passion et détermination. Bonne lecture.

 

 

Busque : Peux-tu me parler de toi, me dire ton nom, ton âge et ta profession ?

Diane Guillemette : Je m’appelle Diane Guillemette, j’ai 44 ans, je suis restauratrice et je commence ma 19e année dans ce domaine.

 

B. : Félicitations ! Que faisais-tu avant le resto ?

D.G. : Jusqu’à 26 ans, j’ai été à l’école, j’ai voyagé et j’ai monté un restaurant. J’ai appris « sur le tas » à Québec. J’ai eu une occasion et puis j’ai monté un restaurant dans un resto-bar qui allait mal. Je l’ai remis sur pied et j’ai vraiment appris « sur le tas ».

 

B. : Ensuite, tu as décidé de démarrer un restaurant à Saint-Jean-Port-Joli. C’est exact ?

D.G. : Je ne l’ai pas démarré. Depuis que je suis toute petite, je suis très critique quand je vais dans les restaurants. Je remarque tout : le service, la bouffe. Ça m’a toujours bien intriguée. Puis, en voyageant aussi, j’ai vu bien des choses qui m’ont plu et dont j’avais toujours le gout. Le gout d’avoir un resto m’est venu de bonne heure. J’ai été inspirée et j’en voulais un. Quand je suis arrivée dans le coin, je voulais acheter un petit casse-croute, mais la caisse m’a refusée et j’en suis bien contente parce que, finalement, c’est ce qui m’a amenée ici à La Libellule. Quand je suis arrivée, La Libellule avait déjà 14 ans. Mon associée de l’époque l’avait démarré 14 ans auparavant. Elle avait fait 14 ans avec son associé, un an toute seule. Elle cherchait quelqu’un et c’est une amie commune qui nous a liées. On s’est essayées. Si ça marchait, on était des associées tout de suite et, si ça ne marchait pas, tant pis, mais je suis restée. Après, on a fait 10 ans ensemble et c’est déjà la 9e année qu’elle n’est plus là.

 

« On dit ‘‘ soupe faite avec amour ‘‘ et ce n’est pas des blagues. »

 

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B. : Pourquoi voulais-tu un restaurant ?

D.G. : J’aime beaucoup le public, j’aime le service à la clientèle, j’aime la bouffe.

 

B. : Tu aimes donner des sourires !

D.G. : Oui, j’aime aussi ça ! J’ai toujours été marquée par les filles qui n’avaient pas l’air heureuses à faire ce qu’elles faisaient, quand on allait au restaurant quand j’étais petite. C’est venu aussi un peu par hasard.

 

B. : Savais-tu que tu voulais être entrepreneure ?

D.G. : Oui, je sais que je veux être entrepreneure depuis longtemps. Quand j’étais au secondaire, on faisait des projets pour lesquels il fallait trouver des moyens de financement. J’ai toujours été leadeure et j’aimais ce genre de défi. Je me suis toujours impliquée dans différents secteurs d’activité à l’école et lors d’activités parascolaires. Le monde m’intéresse beaucoup. Ici, je suis bien servie, car j’ai une clientèle très diversifiée et ce métier me permet d’avoir un contact avec les gens. Puisque c’est ouvert 6 mois par année, ce n’est jamais trop, je ne suis pas blasée et, quand je reviens, j’ai le gout de voir mes clients. Quand on arrête, c’est bien aussi.

 

B. : Qu’est-ce qui différencie ton resto des autres ?

D.G. : Beaucoup de choses ! L’amour, premièrement. Ma philosophie d’entreprise aussi, c’est-à-dire comment je vois mes employés, comment ils sont traités, comment je veux qu’ils soient heureux, comment je crois que des employés heureux rendent les clients heureux. Pour moi, l’esprit d’équipe est archi important. Ici, on partage tout le pourboire avec les cuisinières aussi, ce qui implique que je paie mes employés le salaire minimum sans pourboire. Ça me fait plaisir, mais ça implique quand même au minimum 20 000 $ de plus de salaire par année, mais je participe à l’esprit d’équipe. C’est très important parce que quand le client part d’ici, c’est grâce à l’équipe au complet s’il est content ou ne l’est pas. On dit beaucoup de mon restaurant que l’accueil y est chaleureux et convivial. J’ai des serveuses heureuses, des cuisinières heureuses qui font que les clients le ressentent. On fait tout maison. J’ai une boulangère qui fait mon pain, mes desserts. Je n’achète pas de desserts déjà faits, je n’achète pas de soupes déjà faites, j’achète des légumes ! Je fais de la soupe avec de vrais légumes. On dit « soupe faite avec amour » et ce n’est pas des blagues. Ici, il n’y a pas de friture. C’est de la restauration rapide sans friture. Beaucoup de fraicheur. J’utilise beaucoup de produits locaux, j’essaie d’encourager les entrepreneurs locaux. Mes tomates viennent toutes du Cap-Saint-Ignace, de Productions 4 saisons, et c’est une femme qui tient l’entreprise. Pour le fromage, jesuis la plus grande cliente de la fromagerie Port-Joli, qui fait des efforts, qui grossit. On fait des affaires ensemble depuis 17 ans, je crois. Ensuite, tous mes fruits viennent du coin et je fais mes confitures maison le matin. Le boucher fait ma saucisse maison. On a aussi beaucoup de mets végétariens, je pense que les végétariens l’apprécient beaucoup. On peut s’adapter aux végétaliens. De plus en plus, je veux mettre des efforts là-dessus parce qu’il y en a beaucoup et c’est heureux qu’ils aient plus de choix. J’ai aussi des options pour les personnes qui ne mangent pas de gluten. On a du pain sans gluten, des pitas et des pizzas sur pita sans gluten.

 

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B. : Tu as rénové récemment ton restaurant et tu as engagé beaucoup d’artistes et artisans locaux. Pourquoi ?

D.G. : Parce que c’est une valeur personnelle. L’économie locale, il faut que ça tourne. J’ai une communauté qui vient ici, dont ces artistes. Tant qu’à réaménager mon intérieur, j’ai décidé de doubler mon budget pour engager des gens pour faire des oeuvres au lieu d’acheter du tout fait, du prêt à utiliser. En fait, chaque année, je fais de gros projets. Avant, La Libellule, c’était tout petit, ce n’était qu’un local. En 2009, j’ai acheté la bâtisse et c’est à ce moment que j’ai agrandi. Je n’avais pas beaucoup de moyens, alors j’ai aménagé avec les moyens du bord, avec ce que j’avais, avec mon imagination. On a vraiment été imaginatives au début. Puis, chaque année, j’ai réinvesti plusieurs milliers de dollars dans mon équipement surtout. Cette année, j’ai retouché à mon ameublement, à l’aménagement de ma salle. Je suis quand même assez prospère, mais ça vient juste d’éclore, parce que j’ai eu besoin de beaucoup de temps avant que l’entreprise devienne plus rentable qu’à la base. L’année passée, j’avais déjà commencé à investir dans mon toit de terrasse, mais j’ai décidé de mettre plus que les petits chevrons et le petit toit de tôle, j’ai décidé d’investir dans la compagnie locale Art Massif qui fait des structures de bois et d’y aller avec la courbe. C’était original et je voulais être originale. En même temps, j’adore le bois, je suis une amoureuse du bois. On a commencé ainsi, ce qui nous a un peu donné l’élan pour continuer dans le bois cette année. Le projet a vraiment pris de l’ampleur, comme tous les projets que je fais ; ils prennent toujours 2 à 3 fois plus d’ampleur que ce que je prévois. Maintenant, je commence à le savoir !

 

« Il y a beaucoup de gens qui ont plein de richesses et mon but secret, c’est de réunir tout ce beau monde-là. »

 

B. : Allons-y maintenant avec quelques questions plus personnelles. Quelle est ta philosophie de vie ?

D.G. : L’esprit d’équipe et la complicité, c’est ce que je recherche, soit dans un futur associé, soit dans mes relations. Je recherche beaucoup la complicité.

 

B. : Quels sont les trois mots qui te représentent ?

D.G. : Simplicité, authenticité, convivialité. On me dit aussi souvent que je suis très généreuse. Le nom de mon resto, « resto convivial », me représente bien parce que j’aime vraiment beaucoup les gens de toutes les sortes. Je dirais que j’essaie de ne pas avoir trop de préjugés !

 

B. : Qui t’inspire dans la vie ?

D.G. : Les entrepreneurs, parce que ce n’est vraiment pas facile, en région surtout. Le fleuve m’inspire beaucoup. Ma communauté m’inspire. Je viens de Québec et je suis à Saint-Jean-Port-Joli depuis 20 ans. Ma communauté m’inspire depuis que je suis arrivée. Il y a beaucoup de gens qui ont plein de richesses et mon but secret, c’est de réunir tout ce beau monde-là. Je viens de démarrer une autre compagnie aussi avec tout plein de beaux idéaux. Ce sera le sujet d’une autre entrevue !

 

B. : Est-ce que ça t’arrive d’aller au Dollarama ou au Wal-Mart ?

D.G. : Ça peut m’arriver, oui. Je ne suis pas une puriste. J’ai bien voulu quand j’étais jeune. Ma vie personnelle et ma vie professionnelle, c’est deux choses. Dans ma vie personnelle, je n’irais pas dans ces endroits. Je ne vais jamais au Wal-Mart d’ailleurs. Je suis allée quelques fois au Dollarama pour aller chercher des petits outils qui seraient venus de Chine aussi si je les avais pris ailleurs, mais qui m’auraient couté plus cher. Mais c’est à peu près tout. Il ne faut pas oublier que je dépense beaucoup chez les producteurs locaux. C’est surtout ce qui compte. La majorité de mes dépenses sont ici, localement. C’est sûr que je prends mes produits aussi de Colabor, qui vient du Québec, parce je suis dans l’alimentation et que ce n’est pas évident. Je ne peux pas prendre ma laitue du jardin du coin, ça ne marche pas, on ne réussirait pas à me fournir, car je prends énormément de laitue en six mois.

 

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B. : Avec tes nouveaux projets, crois-tu te détacher un peu de La Libellule ?

D.G. : La Libellule a beaucoup de projets. Cette année, j’ai un nouveau volet, c’est-àdire La Libellule prêt-à-manger. J’ai décidé de mettre l’accent là-dessus parce que j’avais déjà des mets cuisinés, mais j’en avais quelquesuns seulement. Cette année, j’en ai rajouté d’autres. En réaménageant, j’ai mis l’accent beaucoup là-dessus. Maintenant, on les voit. C’est un autre marché aussi. Il y a le marché du restaurant et le marché du prêt-à-manger. On reste dans la bouffe et les gens aiment quand c’est fait avec amour. C’est un autre volet et j’ai plusieurs autres projets : La Libellule traiteur, La Libellule organisation d’évènements, La Libellule service de garde. J’ai plein de projets par rapport à La Libellule qui sont comme des branches de La Libellule. Mes choses ne sont pas prévues tant d’avance que ça. Maintenant, l’ameublement intérieur a un lien avec l’ameublement extérieur, mais, quand j’ai fait l’extérieur, je ne savais pas que l’intérieur ressemblerait à cela. Je ne prévois pas trop d’avance. C’est un peu comme quand je fais mes menus du jour, je ne le sais pas deux semaines d’avance. Je le sais le matin quand je rentre dans la chambre froide. C’est ce qui m’inspire, les producteurs locaux qui m’amènent des produits par surprise et qui me donnent le gout de faire quelque chose. Je ne prévois pas beaucoup d’avance, je m’organise avec ce qui se passe.

 

B. : Merci beaucoup pour l’entrevue !

 

 

 

 

 

À propos Marie-Amélie Dubé

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Un commentaire

  1. Avec votre facon de compter le temps, il n’est pas facile de vous donner une reference bien precise par rapport a ces trois jours d’obscurite. Retenez qu’ils vous meneront a un autre niveau de conscience, a une autre realite, qu’elle soit physique, spirituelle ou energetique. Vous serez comme des nouveaux nes qui doivent tout apprendre, pas seulement a marcher mais a fonctionner dans leur totalite.

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