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Critique de Moby Dick

 

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par Alex Ann Villeneuve Simard, 25 ans

 

La présentation de cette pièce à Rivière-du-Loup avait une importance significative considérant le context actuel. Dans ses remerciements, la production du Théâtre du Nouveau Monde inclut les signataires de l’Élan global, les bélougas au large de Trois-Pistoles et Mikaël Rioux.

 

L’histoire de Moby Dick, c’est l’histoire d’un homme qui veut se venger de la baleine blanche qui lui a enlevé sa jambe. Mais c’est surtout une histoire de l’homme contre la nature. Il y a des parallèles intéressants à faire avec le combat que mènent les citoyens contre l’implantation d’un oléoduc dans le fleuve Saint-Laurent. La machine capitaliste qui priorise la rentrée d’argent au détriment de nos ressources naturelles. Depuis les dernières années, le Bas-Saint-Laurent lutte contre les mesures gouvernementales à ce sujet, le Manifeste pour un Élan global est particulièrement intéressant à lire et à signer. Considérant tout ce contexte, je m’attendais à ressentir un propos engagé lors de la représentation théâtrale. Cependant, il était parfois difficile de suivre le texte et de faire des liens avec la réalité bas-laurentienne. La conception scénographique étant impressionnante, le regard des spectateurs était souvent obnubilé par l’ampleur du décor et de la mise en scène. Le public a pu assister à une oeuvre où les comédiens font des « steppettes » époustouflantes, où la condition physique se doit d’être impeccable. La chorégraphie des comédiens était calculée et totalement spectaculaire.

 

« Le public a pu assister à une oeuvre où les comédiens font des « steppettes époustouflantes, où la condition physique se doit d’être impeccable. »

 

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Je vous laisse imaginer, 200 gallons d’eau coulent sur la scène durant la production et la pièce commence par la vue d’un homme qui sort d’un baril rempli d’eau et qui se noie : visuellement, c’est de toute beauté, j’avais l’impression de m’étouffer avec lui. Tout au long du spectacle, la pièce met en scène une mécanique qui exige entrainements physiques, précisions et répétitions. Je me suis sentie comme un enfant, surtout au moment où les comédiens ont imagé le ramage d’un bateau : une planche de bois se hisse sur un baril et les comédiens qui s’y installent pour faire balancer cette planche sur le baril… C’était facile d’imaginer le bateau suivre le mouvement des vagues, ça semblait réaliste. Les images créées étaient d’une finesse, d’un réalisme : wow ! J’étais dans le bateau moi aussi. Personnellement, je suis une spectatrice de petites productions théâtrales, celles qui nous amènent à réfléchir sur notre monde, notre façon de vivre, les enjeux de la société, etc. Je n’ai malheureusement pas quitté la salle en me disant que c’était vraiment important de lutter contre l’exploitation de nos ressources naturelles. Je veux dire, je sais que c’est essentiel, mais je ne lutte pas concrètement pour cette cause, à part signer des pétitions et m’informer… Ça m’a un peu manqué, cette flamme que le théâtre me procure, les réflexions que ça m’engendre. Et puis, ça m’a moi-même remise en question : pourquoi fait-on du théâtre ? À quoi ça sert ? Dois-je en tout temps m’exiger de m’engager à travers un propos au théâtre ? Pourquoi le public se bouscule-t-il pour assister à une prestation théâtrale de grande envergure alors que d’autres productions plus locales ou moins imposantes peuvent nous faire cheminer intérieurement ? Je me questionne sur ce que le public veut vraiment aussi, mais ce n’est pas à moi de le décider ni de dire aux gens ce qu’on doit voir ou pas. Pour conclure, je pense que nous sommes choyés en région de recevoir des productions de cette ampleur. Sur un de mes chandails, il y a une phrase qui dit : « Si faire du sport rend moins gros, aller au théâtre rend moins bête. » Ça me fait sourire. Et je vous encourage à consommer du théâtre, local ou de l’extérieur. Pour le peu que nous avons à Rivière-du-Loup comparativement aux villes, allons-y. Soyons moins bêtes tous ensemble !

 

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À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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