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Comment l’environnement peut éviter une situation de handicap

juin22

par Sylvie St-Arneault, ergothérapeute | illustration CAPRA

 

Tranche de vie. Parcourir la Chine dans les trois dernières semaines m’a permis de constater que les personnes qui présentent des problèmes de mobilité sont de plus en plus visibles, et les installations dans l’environnement pour les accommoder, plus présentes, ici comme ailleurs, même s’il reste encore beaucoup de place à l’amélioration. L’évolution des façons de faire en termes d’accessibilité universelle se manifeste de plus en plus, au grand bonheur de tous les utilisateurs ! Le travail de sensibilisation et de collaboration avec les partenaires du milieu concernant l’accessibilité est essentiel. Pour l’intervenante que je suis, bien beau intervenir sur les capacités de chaque individu qui présente un handicap, mais il est ô combien plus stimulant d’agir sur les facteurs environnementaux pouvant aider plus d’une personne. Dans notre ville, on sent que « les bottines suivent les babines » ; il y a une volonté politique de bien desservir toute la population, incluant les personnes à mobilité réduite. On remarque, au fil des années, de plus en plus d’aménagements pour améliorer l’accès. Mais saviez-vous que l’accessibilité ne se limite pas à l’ajout d’une rampe d’accès ?

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L’environnement bâti doit être conçu dans une optique d’accessibilité universelle, d’indépendance et de normalisation. L’accessibilité universelle implique que différents handicaps soient considérés. Les problèmes moteurs sont les plus évidents, car ils impliquent souvent une aide à la mobilité, mais les handicaps visuels, auditifs, cognitifs et langagiers peuvent être aussi amplifiés par une architecture mal conçue. Pensons entre autres à la signalisation pour s’orienter dans un nouveau bâtiment. L’accessibilité universelle sous-entend une amélioration de l’accès pour les familles avec une poussette ou de jeunes enfants, les personnes qui ont une incapacité temporaire ou les livreurs ! Un accès sur surface plane ne peut que faciliter la vie de tous ! L’autonomie est aussi une valeur prioritaire. Les installations présentes dans l’environnement bâti ne doivent pas impliquer que la personne en situation de handicap recevra de l’aide humaine. Si c’est le cas, ce doit être en raison des incapacités de la personne et non parce que l’adaptation est mal conçue. Reprenons notre exemple illustré ci-haut. J’ai vu une personne en fauteuil roulant gravir cette rampe d’accès… avec deux aidants qui poussaient intensivement ! L’inclinaison corrigée à une pente de 1/20 aurait probablement permis à la personne en fauteuil d’y accéder par ellemême. L’estime de soi créée par l’autonomie est un facteur important à considérer. Imaginez-vous vivre avec l’impression de ne pouvoir rien faire par vous-même…

« Aller voir un spectacle ou acheter une pinte de lait au dépanneur sont des exemples d’activités courantes qui ne devraient être un enjeu pour personne… »

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La normalisation est aussi un élément important. Qu’entend-on par normalisation ? Amener les personnes en situation de handicap à vivre le plus normalement possible. Certains choix d’aménagements ou d’adaptations amènent les personnes en situation de handicap à utiliser d’autres entrées, d’autres installations. Plus les installations adaptées seront présentes dans notre environnement, moins nous les verrons et plus les personnes vivant une situation de handicap auront la possibilité d’intégrer la vie courante au même titre que vous et moi. Nous ne contestons plus la nécessité d’une toilette pour personne à mobilité réduite lorsque nous fréquentons des lieux publics. Maintenant, cela fait partie de notre culture et c’est tant mieux ainsi ! L’environnement bâti peut être un facilitateur important pour l’intégration et, contrairement à ce qu’on croit, à un coût similaire à une construction sans adaptation. Une bonne planification préalable à la construction doit être faite, car ce sont les ajouts et les modifications nécessaires une fois la construction complétée qui sont dispendieux. La planification des travaux de construction est donc un agent clé pour la réalisation d’aménagements accessibles. Au-delà des installations architecturales et de l’environnement physique, notre société a des réflexions importantes à faire sur l’accès à l’emploi, à un domicile accessible et au transport, qui sont encore à ce jour des obstacles majeurs à l’intégration. Souvent confinées à une situation économique précaire, les personnes vivant en situation de handicap ne sont pas considérées comme des consommateurs à leur plein potentiel. D’où l’accès restreint aux commerces, aux restaurants, etc. Les déplacements avec le moins de planification possible et au moment opportun sont nécessaires pour vaquer à ses occupations. Aller voir un spectacle ou acheter une pinte de lait au dépanneur sont des exemples d’activités courantes qui ne devraient être un enjeu pour personne… Chaque activité mérite que nous questionnions nos pratiques si notre souhait est de permettre un accès facilité et juste pour tous. Les règles d’accessibilité sont nombreuses. Il est important de consulter un professionnel connaissant ces règles. Elles nécessitent d’être analysées dans leur ensemble. Des actions restent à faire, mais plusieurs interventions concertées sont faites dans notre milieu, de sorte qu’on améliore la qualité de vie des personnes vivant une situation de handicap. Certains outils conçus en collaboration avec la Ville de Rivière-du-Loup peuvent vous aider. Vous pouvez les consulter ici : villerdl.ca/fr/services/services-aux-citoyens/accessibilite-universelle Ensemble pour une société inclusive !

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