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Comme un phare dans la nuit : Rencontre avec Marie Pelletier, directrice générale de l’ÉMAC, et Guillaume Pigeon, coordonnateur de projet

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par Marie-Amélie Dubé

 

Lors de son passage remarqué à Tout le monde en parle, le dimanche 23 octobre, Pierre Thibault, architecte de renommée mondiale, recevait la carte suivante de Dany Turcotte : « Merci d’être le fier créateur de ces gouttes d’eau de beauté dans notre océan de laideurs ». J’étais assise confortablement dans le bureau de Mme Marie Pelletier, directrice générale de l’ÉMAC, depuis juillet, en compagnie de Guillaume Pigeon, coordonnateur de projet, quand cette phrase m’est revenue en tête : « L’École de musique Alain-Caron (L’ÉMAC), est une de ces gouttes de beauté. »

 

 

D’une part, son architecture contemporaine, véritable oeuvre d’art, de par sa devanture polysémique, fusionnant en une image la vocation musicale du lieu et la faune baslaurentienne : une guitare cétacée symbolisant poétiquement à merveille l’empreinte musicale des lieux; mais également de par ses bureaux, escaliers et hall, goulument fenêtrés, laissant fuir le regard et passer la lumière. D’autre part, la vision et mission de l’école, un phare musical régional, cette vocation éducative portée par des enseignants passionnés, pédagogues formés, mais aussi praticiens chevronnés et expérimentés. Cette beauté, cette sensibilité, cette humanité, m’ont happée à la seconde où Mme Pelletier a répondu à cette question: qu’est-ce qui attire une femme retraitée à relever le défi et la tâche colossale de redonner ses lettres de noblesse à une institution en reconstruction ? Sa réponse : la cause. En 2011, lors de la création de l’école, le poste lui avait déjà été offert par Martin Proulx, directeur de la commission scolaire à ce moment, alors qu’elle y étudiait le violoncelle. Mais le timing n’y était pas, puisqu’elle préparait une retraite anticipée et quittait la région, quelque temps plus tard, pour Québec. Toutefois, en mai dernier, lorsqu’elle a vu l’annonce du poste dans le journal, elle s’est dit que le temps est venu. « Je ne me cherchais pas une job, je me cherchais une cause. Je l’ai trouvée. Mon objectif, c’est de redonner confiance à l’externe, mais aussi à l’interne. L’année passée a été difficile. Mais ça va bien, la poussière retombe. On a des projets et on fait dans la constance. » Effectivement, des projets, il y en a. Une antenne de l’ÉMAC est d’ailleurs installée dans Les Basques depuis la rentrée scolaire. Cette implantation est « […] issue de la collaboration entre l’école de musique, l’école secondaire de Trois-Pistoles, la Ville de Trois-Pistoles, la MRC des Basques. Tout ce beau monde s’est mis ensemble pour que ce projet-là se développe. Nous avions des professeurs originaires des Basques qui enseignaient déjà ici. L’expertise étant déjà en place, il devenait ainsi facilitant d’implanter l’ÉMAC à Trois-Pistoles. Nous offrons donc, dans les locaux de l’école secondaire, en approche individualisée, des cours de piano, violon, chant, guitare et clarinette. » Cette démarche répond donc à un des objectifs du plan triennal de l’ÉMAC étant, d’améliorer l’accessibilité de l’offre de service sur l’ensemble du territoire mais aussi l’accessibilité en matière de clientèle. « Pour le moment, on nous dit que la plupart des élèves ont moins de 18 ans, mais l’ÉMAC, c’est aussi pour les adultes, les parents et les grands-parents. Il faut aussi une accessibilité selon le type d’activité. Présentement, on offre des cours individuels, on donne de l’éveil musical, mais on est en train de développer de nouvelles formules pour faire en sorte que cette école vive et se développe. Nous avons aussi une entente avec le Cégep de Rivière-du-Loup pour réaliser différents projets en commun dont, on l’espère, un programme spécialisé en musique pour remplir l’école le jour. Cette école est, semble-t-il, la plus belle école au Québec. Nous avons d’excellents professeurs. Si l’on pouvait avoir l’autorisation de développer un programme… ». « Ou un programme de conception sonore pour film, en collaboration avec le l’École des métiers du cinéma et de la vidéo », pensais-je, à voix haute. Ouverture qui a semblé plaire à Guillaume et Marie.

 

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C’est d’ailleurs la mission principale de l’ÉMAC, enseigner. Oui, cela comprend parfois la diffusion de spectacles, tel est le cas avec les matinées-concerts du dimanche matin, mais elle a toujours le souci d’ajouter un ingrédient pédagogique, une portion explicative à leurs évènements. Elle cherche à être complémentaire à l’offre culturelle foisonnante du milieu. La prochaine aura lieu le 27 novembre en compagnie de Sophie Poulain-De Courval, saxophoniste, et Rino Bélanger, clarinettiste. « Un duo qui nous fera une présentation de l’union de la musique classique et du thé. Comment la musique et le gout sont interreliés. Rino Bélanger est oenologue, sa passion déborde sur tout ce qui se goute. La dégustation va s’apprêter avec la musique, comment le gout fait ressortir ce qu’on entend et l’inverse. Une matinée assez intéressante », nous raconte M. Pigeon. D’ailleurs, de nouveaux ateliers viendront bonifier l’offre pédagogique de l’ÉMAC. Le 12 novembre, par exemple, Alexandre Lévesque Soucy offre l’atelier Chanter de tout son corps. « Toute personne qui travaille avec sa voix pourra en bénéficier. Par exemple, ma blonde qui est professeure perd la voix quand elle doit parler trop fort. Il faut apprendre à contrôler sa respiration, projeter la voix », nous explique Guillaume. Une belle avenue pour diversifier et développer sa clientèle. Un atelier d’écriture de chansons sera également dans la liste des nouveautés, aux côtés d’un volet conférence à venir. Des ateliers d’éveil musical dans les écoles primaires sont aussi en élaboration, ainsi qu’un projet d’harmonie. Actuellement, 250 élèves fréquentent l’ÉMAC, mais d’ici 3 ans, Mme Pelletier projette de monter ce chiffre à 400 bénéficiaires et souhaite ardemment que les lieux soient occupés de jour, comme de soir. La salle Prelco étant louée par des entreprises et organismes locaux tel Sparages pour les soirées de la LIE, les KINO et les Cabaret Kerouac, par le Loup de Cambronne pour ses répétitions et certaines représentations, par l’ensemble vocal Rythmick et par des cours de Zumba, pour madame Pelletier, c’est important d’encourager les talents qui s’expriment ici. « J’aime soutenir toutes les formes d’art, pas seulement la musique. J’aimerais même qu’on ajoute la danse » , précise Marie Pelletier. Comme quoi, la porte à la collaboration est ouverte à l’ÉMAC et la lumière du phare prolonge, de jour en jour, son faisceau. Embarquez dans la musique!

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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