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Collection de poèmes

Écrire par Monica Simard

Écrire sur le bonheur, le positif
S’inspirer de l’instant présent
Gribouiller des vers réconfortants
Une source d’inspiration inépuisable
Griffonner jusqu’à ce que tous
mes mots deviennent illisibles,
incompréhensibles
Que ma feuille devienne noircie, sale
Que ma tête n’ait qu’une seule envie ;
exploser
Que mon coeur ait déjà pris la fuite
Tracer un peu plus fort,
un peu plus vite
Dans l’espoir de tout écrire,
de tout sortir
Mais plus j’écris, plus j’en ai à écrire
Et plus je m’ouvre, plus tout veut
sortir et j’en perds le contrôle
Avoir peur de laisser libre cours
à ses pensées abondantes,
débordantes
De vider le trop plein qui se passe,
qui se pense
Une inquiétude de ce que
je pourrais échapper
Qui brouillerait mes propos,
qui me déshabillerait
Libérer mes pensées sans rature,
un profond désir d’écriture
Un besoin devenu nécessité,
indéniable passion
Et que cela ne reste pas qu’idée qui
se confond avec pensées et émotions
Un véritable tourbillon dans l’espace
restreint que ma tête représente
Évacuer des tas de questionnements,
de doutes et d’incertitudes
Pour continuer d’avancer
Les encrer pour que ça devienne
tangible, accessible
Pour pouvoir y voir plus clair
Fuir le réel, mais l’écrire à la fois
Désir de création, vital, viscéral
L’amour des mots, de l’écriture
À partir d’idées futiles et fuyantes
Écrire pour passer le temps
sans hésitation d’abord
Puis sans certitude, un doute majeur
Écrire sans filtre, pour peut-être
se relire un jour
Et y trouver inspiration,
y comprendre autre chose
Écrire et réécrire
pour que chaque mot
Y trouve sa véritable place,
sa réelle signification
Pour y faire ressortir
ce qu’il y a de plus fort, de plus beau
Et en faire mon moyen d’expression

 

 

Slam : Sans-Titre par David Piment

Et cette lune dont tu disais Elle me suit!
L’as-tu finalement shooté avec ton sling-shot
Où l’as-tu poursuivi en cour
Comme tu le planifiais?
De qui, à part ta mère, évites-tu les appels
Ces temps-ci
Je vais te confier un secret mais ne le dis à personne
sauf à toi-même dans les moments de grand désarroi :
non seulement j’aimais être avec toi
Mais j’aimais encore plus t’attendre
Toi qui dansais seulement quand tu étais seule
Et moi qui me doutais que c’était clairement sur de la grosse pop
sale
Et la fois où tu as répondu
Dans ton salon à la question
Où veux-tu voyager avant de rendre ton âme au Seigneur
Dis-moi que je suis le seul à qui tu as répondu ça
Ces temps-ci
Et tout ce temps gaspillé dans les dédales des mots courants
Et cette mort qui se rapproche et la salope
Si c’est comme la lune on la poursuivra
Mais pas à coup de poursuite
On lui lancera des avocats
Et cette ville placardée d’avis de recherche
Où on lisait il ne manque que toi
Et la rançon ce n’était pas la gloire
Et tous ces papiers qui ne finissent jamais
Et cette folie qui est allée se cacher
Dans un autre restaurant
Et tous ces verbes à L’imparfait

 

 

Silence par Joane Michaud

Si lent ce soir
Couleurs noyées
Mots sans voix
L’âme éteinte
Ombres tailladées
Lignes de chair
Silence mon soir
À mer dans la brume
Horizon flou
Astre coulant
Noeuds de l’insomnie
Murs étranglés
Si lent ce regard
Brûlé par le vide
Crève la nuit
Aux mille peurs
Corps désabusé
Esprit tordu
Silence mon regard
Capté par l’au-delà
Impression d’y être
L’essence puisée
Un émoi prend forme
Sur le tard
Relie les morceaux
Et repart

 

 

Sans-titre par Jean Barbe

La sécurité, qu’ils disent. La sécurité.
Rester chez soi et fermer la porte.
Regarder le monde à travers l’assurance des écrans.
La sécurité.
Se méfier des étrangers
Tacoup qu’il y aurait un méchant parmi eux
Tant pis s’ils ont faim, s’ils ont froid,
s’ils ont peur eux aussi.
C’est à qui aura le plus peur de l’autre
C’est moi, je gagne!
Ma peur te ferme la porte
Et derrière ça gratte, ça pleure,
ça dort dehors sur du dur
et ça mange ce que ça trouve.
La sécurité.
Personne pour ouvrir les bras
tendre la main
La sécurité. On en crèvera, de la sécurité
Bien au chaud
Dans le confort absolu de la peur bleue
et blanche
Avec mon drapeau en guise
de couverture

 

 

Zone vibrante par Joane Michaud

Pl ume chercheuse d’osmose
Sur papier de soi de vers
Trempée d’encre l ui
Grain à peau d’étoile
Filante cible
Perce-rêve
Des mots chairs et coloris
Ébauche d’un coeur alarme
Tracée frisson rouge
Vibration sanguine
Courbes d’un soir
Zone abstraite
Pl ume chatouilleuse en corps
Parfumée d’en vers de soi
Coule sur la nuque
D’ose chant fleuri
Regard l uisant
Soleil brut
Des mots flamme et satin fou
Projetés danse tactile
Au ventre de nuit
Caresses sous voile
Doigts emmêlés
Reflets doux

 

 

Charles Baudelaire par Émile Nelligan

Maître, il est beau ton Vers ; ciseleur sans pareil,
Tu nous charmes toujours par ta grâce nouvelle,
Parnassien enchanteur du pays du soleil,
Notre langue frémit sous ta lyre si belle.
Les Classiques sont morts ; le voici le réveil ;
Grand Régénérateur, sous ta pure et vaste aile
Toute une ère est groupée. En ton vers de vermeil
Nous buvons ce poison doux qui nous ensorcelle.
Verlaine, Mallarmé sur ta trace ont suivi.
O Maître tu n’es plus mais tu vas vivre encore,
Tu vivras dans un jour pleinement assouvi.
Du Passé, maintenant, ton siècle ouvre un chemin
Où renaîtront les fleurs, perles de ton déclin.
Voilà la Nuit finie à l ’éveil de l ’Aurore.

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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