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Chronique féministe # 47 : La santé au féminin : quelques défis et enjeux

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par Améli Beaulieu, Centre-Femmes du Grand-Portage, illustration de Busque

 

La santé représente un enjeu majeur pour tout le monde, mais il ne se présente pas de la même façon pour les femmes et pour les hommes. Afin de souligner la Journée internationale d’action pour la santé des femmes, je vous propose de jeter un regard plus approfondi sur les enjeux et particularités de la santé des femmes. Cette Journée est soulignée le 28 mai depuis 1987 et est une occasion de lutter contre la privatisation et la commercialisation des services de santé et de militer pour que l’accès à des services de qualité soit un droit pour les femmes.

 

 

À cet effet, l’Organisation mondiale de la Santé dit : « L’équité en santé passe par la lutte contre la discrimination fondée sur le sexe. Pour que les femmes et les hommes bénéficient sur un pied d’égalité des conditions leur garantissant le meilleur état de santé possible et l’équité en santé, le secteur de la santé doit tenir compte des différences biologiques et sociales entre les sexes. À cause de ces différences, hommes et femmes ne sont pas exposés aux mêmes risques sanitaires, ne se voient pas offrir les mêmes prestations par le système de santé, n’ont pas les mêmes comportements de recours aux soins et ne connaissent pas les mêmes issues sanitaires. » Même si les femmes jouissent d’une espérance de vie à la naissance plus élevée que les hommes (83,9 ans contre 76,3 ans pour le Bas-Saint-Laurent), la probabilité que les femmes vivent en moins bonne santé que les hommes est plus élevée et elles souffrent davantage de maladies chroniques. Le système de santé peut, involontairement, générer des inégalités. Prenons en exemple les maladies cardiovasculaires. Longtemps, nous avons cru qu’une maladie comme l’infarctus était une maladie d’hommes et que les femmes étaient à l’abri à cause de leurs hormones différentes. Or, on a constaté que les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès au Québec et au Canada autant chez les hommes que chez les femmes. Ces maladies sont moins bien diagnostiquées et traitées chez les femmes, car les symptômes sont différents. Afin d’adapter le dépistage, les diagnostics et les traitements aux réalités des femmes, il existe une méthode d’analyse qui s’appelle l’analyse différenciée selon les sexes (ADS). L’ADS est une analyse qui compare la situation des hommes et des femmes, identifie les sources d’inégalités et vise à les réduire.

 

« Les femmes nordaméricaines sont surmédicalisées comparativement aux hommes. »

 

Aussi, différents déterminants de la santé viennent eux aussi jouer en défaveur des femmes. Parmi eux, on trouve le statut socioéconomique. Bien que les femmes aient généralement un niveau de scolarité plus élevé que leurs comparses masculins, on les trouve encore dans des emplois moins bien rémunérés et au statut plus précaire. Or, un revenu plus élevé et un meilleur statut social permettent aux individus d’exercer un plus grand contrôle sur leur vie. Leur statut d’emploi précaire fait également en sorte que les femmes vivent généralement des situations plus anxiogènes par rapport au travail. Enfin, les femmes nord-américaines sont surmédicalisées comparativement aux hommes. La ménopause, les menstruations, la grossesse sont des exemples d’aspects de la santé des femmes qui sont plus médicalisés qu’auparavant. Afin de faire valoir les spécificités relatives à la santé des femmes, plusieurs groupes de femmes dans différentes régions travaillent à faire ressortir les inégalités et les spécificités de la santé des femmes. Ces organismes font des recommandations auprès des gouvernements afin de faire avancer les choses et défendre les droits des femmes. Malheureusement, beaucoup de ces organismes (dont le Réseau québécois d’action pour la santé des femmes) ont subi de fortes coupes avec les mesures d’austérité, et leurs actions sont donc réduites.

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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