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Chronique féministe # 44 : La parité au sein du gouvernement fédéral

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par Améli Beaulieu, Centre-Femmes du Grand-Portage

 

Le 4 novembre dernier, notre nouveau gouvernement libéral tenait une de ses promesses électorales en créant un conseil des ministres 50 % hommes, 50 % femmes. Peu importe notre allégeance politique, en tant que féministe, c’est une bonne nouvelle qu’enfin un premier ministre respecte vraiment la parité au moment de la création de son cabinet.

 

Si certaines et certains d’entre nous s’en réjouissent, d’autres considèrent que nous ne devrions pas favoriser une femme simplement parce qu’elle est une femme… qu’à compétence égale, il n’est pas nécessaire de favoriser l’intégration des femmes en politique. Ce genre de commentaire m’amène à me questionner… Pourquoi lorsqu’il y a la volonté de prendre une mesure pour favoriser les femmes dans un secteur, y en a-t-il toujours qui se lèvent pour dire que nous ne devrions pas prendre de telles mesures, qu’il y a là un côté discriminatoire ? Qu’est-ce qui dérange ? Prenons l’inverse, car il existe.

 

« Pourquoi y a-t-il si peu de modèles féminins qui oeuvrent dans le monde des affaires ou de la politique ? »

 

Les hommes qui oeuvrent dans les domaines de l’éducation, du service social, des sciences infirmières ou du service de garde, par exemple. Lorsqu’ils sont à la recherche d’un emploi, à compétences égales, ils sont souvent favorisés parce que, dans ces secteurs, les hommes sont très peu présents. C’est un fait et personne ne se lève pour dire que c’est injuste ou discriminatoire. Au contraire, on considère même que c’est « normal » de favoriser les hommes dan ces domaines où ils sont peu présents et qu’il faut leur faire une place. Lorsqu’une femme tente d’intégrer un secteur plus traditionnellement masculin comme le monde desaffaires, la construction ou la politique, elle doit doublement faire ses preuves pour démontrer qu’elle est à sa place dans ce domaine, ce qui est beaucoup plus ardu. Prenons simplement l’exemple de Pauline Marois. Elle a dû cumuler beaucoup plus d’expérience au sein de la politique et comme ministre avant de pouvoir accéder à un poste de chef d’un parti, puis de première ministre. Lorsqu’elle a été élue première ministre, elle était la première personne qui accédait à ce poste avec autant d’années d’expérience en politique au sein d’une grande variété de ministères… Elle a dû doubler d’efforts pour « convaincre » qu’elle était à sa place et qu’elle était capable de réaliser la tâche qui lui était confiée. Si nous n’avons pas besoin de favoriser les femmes dans certains secteurs, pourquoi n’y en a-t-il pas plus ? Pourquoi ne sommes-nous pas plus représentées dans ces domaines ? Pourquoi y a-t-il si peu de modèles féminins qui oeuvrent dans le monde des affaires ou de la politique ? Lorsqu’on implante une mesure pour favoriser l’intégration de la gent féminine dans ces secteurs, ça n’a pas sa place, ce n’est pas nécessaire… Je repose ma question : qu’est-ce qui dérange ? Pourquoi sommes-nous tout à fait à l’aise avec le fait de favoriser les hommes dans certains secteurs et si mal à l’aise de le faire pour les femmes ? Je reposema question : qu’est-ce qui dérange ? Pourquoi ce qui est bon pour l’un ne l’est-il pas pour l’autre ?

À propos Louis-Philippe Gélineau Busque

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